Le président-candidat laisse la France en rade

Il va falloir s’y habituer, car autrement, la dépression menace : Nicolas Sarkozy est désormais capable de vanter les mérites de toutes les idées qu’il a combattues. Il peut affirmer tout et le contraire de tout dans le même temps…L’essentiel c’est qu’il adapte ses discours aux reflets sociétaux majoritaires donnés par les sondages. Il tord le cou à tout ce qu’il a dit ou fait, afin de s’approprier les bienfaits des mesures des autres. Il a voté en faveur des traités européens ? Rien à cirer : il les condamne ! Or, c’est lui qui a trahi le Peuple en passant outre son avis pour imposer des textes dont beaucoup, dont j’étais alors, signalaient la dangerosité ! Il est contre la mondialisation car c’est tendance, avec les arguments des plus à gauche de l’échiquier politique, mais en loue les mérites dans le paragraphe suivant. Il a étalé des arguments comme on le fait avec du beurre mou sur une tartine… dans tous les sens et sans aucune retenue.
En fait, il a simplement effectué un déplacement de candidat et a utilisé son poste pour taper sur le PS. Tout en défendant son bilan, il a multiplié les attaques contre les socialistes, leur candidat, François Hollande, et leurs alliés écologistes potentiels, sans toutefois les nommer. Une précaution qui va éviter que les médias dominants évoquent un comportement de campagne électorale.
Il les a accusés de « mentir gravement » en contestant sa réforme des retraites, et de renoncer à l’indépendance énergétique de la France en « boudant l’énergie nucléaire ». Ces phrases préfabriquées serviront à la presse pour entretenir le réacteur nucléaire qui estompe tout le reste, et permet de faire disparaître le bilan terrible de 10 ans de gouvernement UMP sous sa direction ou avec son soutien. La « VIe République » proposée par certains ne serait qu’un retour aux marchandages de partis, et n’aiderait pas la France à mieux maîtriser son destin, a-t-il poursuivi en se parant dans l’habit du Général, disproportionné avec sa stature. Et il y est allé sans retenue dans un discours tentant de cumuler tous les sujets. Un sondage opportun, bien préparé, dira dans les prochains jours qu’il a convaincu les 5 000 présents invités (aux frais de qui ?) et qu’il faut faire remonter sa cote de popularité. Comment ne pas avoir confiance dans un homme politique, après un tel discours ! Il a été de gauche, du centre, de droite, alter mondialiste, gaullien, mais jamais sous son vrai visage : ultra libéral et parfois même idéologiquement sous la tutelle des idées du Club de l’Horloge !
Il a dénoncé la proposition du PS et des Verts de supprimer le droit de véto des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, – comme la France – « une faute invraisemblable ».
La semaine de travail de 35 heures, mise en place par la gauche a été « une faute grave », a ajouté le chef de l’État, qui a reproché à celle-ci d’avoir choisi une politique de partage du travail « qui a échoué partout dans le monde ». Il est remonté en 1983, et on peut espérer qu’un soir, dans une envolée historique, il attribue la crise aux assignats révolutionnaires ou à Mirabeau qui, étant venu par la force du peuple, a refusé de quitter la salle du jeu de Paume !
Il fera aussi tout ce qu’il n’a pas fait, et continuera à faire ce que tout le monde commence pourtant à considérer comme inutile et dangereux . Par exemple, il a annoncé un sommet social en janvier sur l’emploi… alors que le chômage n’a jamais été aussi élevé et qu’il est incapable de proposer une seule solution ! Le candidat-président a promis de poursuivre la réduction des dépenses publiques, notamment en maintenant le non remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, et en réformant le financement de la protection sociale. Bien évidemment, il garde tout ce qui « détruit » le système français issu du conseil national de la Résistance, et on explique que la solution idéale c’est de continuer à priver d’emploi les jeunes et de mettre les plus âgés au Pôle emploi !
Il a déchaîné des applaudissements particulièrement vifs en dénonçant « une minorité qui voudrait profiter du système sans assumer sa part de devoir » et en affirmant qu’il n’accepterait pas « une immigration incontrôlée qui ruinerait (la) protection sociale » et « déstabiliserait » la société française. Tout le monde sait que les dangereux terroristes sont celles et ceux qui récupèrent quelques dizaines d’euros quand d’autres sont exonérés, en toute impunité, de leur contribution à la solidarité républicaine équitable !
En définitive, la France qui peine est restée en rade à Toulon. Elle est passée du « travailler plus pour gagner plus » au « travailler plus pour que d’autres qui ne travaillent pas gagnent plus » ! Cette soirée n’aura débouché que sur une certitude : il fait désormais ouvertement campagne aux frais de la République, en profitant de sa position de chef de l’État au gré de ses déplacements, sans avoir encore confirmé sa candidature… Le reste, ce n’est qu’un gaz indolore, inodore, incolore, ressemblant à l’oxyde de carbone : mortel pour les consciences !

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8 réponses à Le président-candidat laisse la France en rade

  1. batistin dit :

    L’honneur c’est comme un allumette, ça ne sert qu’une fois.
    Mais il est vrai qu’un (a)libéral a pour habitude d’utiliser la totalité du contenu de toutes les boites. Jusqu’à que tout ne soit plus cendres.
    Et ça nous parle d’économie !
    Il y a l’Economie pour certains et les économies pour les autres.
    Tous ces pauvres ères inhumains que sont nos gouvernants me rappellent le père alcoolique qui ayant bu tout l’argent du ménage oblige sa femme, la belle Marianne, à économiser sur la bouffe et les vacances des gosses.
    Mais, toutes celles et ceux qui croient encore au sauveur, le coucou de l’Horloge qui vient toujours à point pour réveiller le souvenir des splendeurs colonialistes, me rappellent la pauvre Marianne.
    Habituée à être violentée, elle a toujours laissée son mari battre le chien, c’est toujours autant de répit pour elle.
    Combien de petites gens, des braves gens ordinaires, vous et moi quoi, à moins que vous qui ne lisez ici soyez au-dessus de la mêlée, combien encore, morts de peur à l’idée de perdre leurs biens, préféreront écouter le coucou.
    Tant que celui-ci s’installe chez les autres et pas chez moi…
    Si possible chez un sur qui je puisse taper aussi, ça rassure vachement.
    Tiens, un pauvre par exemple !
    Mais se mettre à plusieurs pour taper sur une cloche, ça n’a jamais empêché le brouillard de venir.
    Toute cette armée, pas des ombres, mais au grand jour, qui ose les pires des indélicatesses, entre le racisme et la haine ordinaire, tous ces revanchards poltrons, attendent et espèrent chaque minute maintenant la venue du coucou.
    « Coucou, c’est la faute à qui ? »
    « Coucou, c’est pas ma faute »
    « Coucou, c’est la faute à lui, là, celui là, là juste à coté de vous! »
    « Coucou, attrapez-le, attrapez-le »

    Et l’armée du grand jour de courir de plus belle, espérant par la haine ordinaire empêcher la perte du triple A,
    espérant le maintien des forces armées et commerciales françaises sur les territoires étrangers miniers et pétrolifères,
    souhaitant conserver sa retraite et l’arrosage privé de sa pelouse par temps de sécheresse,
    espérant une trêve à Noël, pas en Syrie, on s’en fout, mais sous nos sapins étoilés,
    souhaitant du plus profond de son être un Téléthon réussi et nos âmes sauvées,
    enfin quoi, une France forte et la tête haute !
    Conquérante quoi !

    Moi j’ai honte de la haine ordinaire, et tous les coucous du monde qui prennent nos démocraties pour en faire leur nid douillet en cassant nos oeufs, j’en ai ras le bol.

    Je vais aller en Suisse me faire faire un coucou sur mesure qui gueule:
    « Que je t’aime, que je t’aime » à chaque sortie.

  2. mlg dit :

    A quand le retour des commentaires d’A PIETRI,?

  3. Bonjour,
    Le Président – Candidat à sa succession a déblatéré à TOULON contre François HOLLANDE et la politique du PS;
    Faisons en sorte qu’il reste en rade au printemps prochain!
    Quant au A, A, A, il a réussi à les conserver à cause de sArkozy, carlA et giuliA.
    Je sais, c’est pas génial, mais ça détend.

    Amicalement,
    Gilbert de Pertuis en Luberon

  4. Catherine dit :

    Ces menus frais de déplacement réintégrés dans ses comptes de campagne ?

  5. J.J. dit :

    Ce n’est pas à Toulon que le petit chose aurait du faire son discours électoral, mais à Strasbourg.
    Il n’aurait pas eu besoin de conseillers spéciaux pour écrire son discours, il lui eut suffi d’entonner la chanson du « Hans im Schnokeloch »:

    « « Le Hans de Schnokeloch, il a tout ce qu’il veut,
    Mais ce qu’il veut il ne l’a pas,
    Et ce qu’il a il n’en veut pas,
    Le Hans de Schnokeloc, il a tout ce qu’il veut…. » »

  6. Discours de Toulon bis, mais pourquoi choisir Toulon ? La réponse est dans l’histoire politique de cette ville ; Dès 1973, lors d’une séance extraordinaire, le conseil municipal de Toulon adopte une motion estimant que « les travailleurs étrangers ont tendance à se regrouper dans certains secteurs et posent des problèmes graves de sécurité pour les Français qui y habitent ». Il conclut que « Toulon veut rester Toulon », un slogan que reprendra fréquemment le maire d’alors, Maurice Arreckx (UDF). A cette époque, il affirme que le nombre d’immigrés dans les cités ne doit pas dépasser le « seuil tolérable des 10 % ». « Si c’est être raciste que de veiller à la sécurité des administrés, alors je le suis », ajoute-t-il. Au journal suédois Dagens Nyheter, qui l’interroge sur sa politique, il répond : « Le racisme n’a rien à voir avec la politique, on l’a dans les tripes ! D’ailleurs, les Arabes sont différents de nous. Ils aiment habiter comme ils habitent. Ils veulent vivre à 7 ou 8 par chambre. Et ils ont d’autres habitudes. » Lors des législatives de 1984, c’est le nouveau maire (UDF) François Trucy qui appelle les électeurs de la 3e circonscription du Var à faire barrage aux socialistes en votant pour le FN. Le 26 mars 1986, au cours d’une conférence de presse, M. Trucy estime que « le chômage, la surpopulation maghrébine et les clochards » sont les causes essentielles de l’insécurité.Le 2 juin 1988, lors des élections législatives, Maurice Arreckx, alors sénateur et président du conseil général du Var, prend clairement position sur le second tour, dans la 3e circonscription : si la députée sortante, Yann Piat (FN), arrive en tête du premier tour, les candidats de droite doivent se retirer. Et de marteler : « Plutôt le FN que le PS. » Mme Piat l’emportera et sera « accueillie » quelques mois plus tard à l’UDF. Aujourd’hui, Toulon s’honore de posséder le seul monument de France « à la mémoire des martyrs de l’Algérie française » , inauguré en 1980. La ville a également un carrefour Raoul-Salan – l’un des conjurés du « putsch des généraux » d’avril 1961 et chef de OAS -, inauguré par la municipalité frontiste en décembre 2000.Débaptisé et rebaptisé carrefour du Colonel Salan sous la pression de la LDH locale…
    Donc, pour moi, le nouveau « gauleiter Toopty 1er » se drape dans l’indépendance nationale pour faire allégeance à Frau Merkel et draguer l’extrême droite sur ses terres.

  7. J.J. dit :

    Ne pas oublier également que pendant la Révolution, Toulon était déjà une ville « blanche », c’est à dire contre -révolutionnaire.

    Et pourtant il y a certainement d’honnêtes gens à Toulon, comme à Vichy, ça ne doit pas être drôle pour eux

  8. Nadine Bompart dit :

    Merci Mr Facon de nous éclairer sur cette belle ville de Toulon!!!
    Ça pourrait faire froid dans le dos si je ne vivais au quotidien le même genre d’ambiance… Il y a encore une dizaine d’années je n’ai pas souvenir d’une telle facilité à exprimer tout haut ces relents de racisme et de haine. Et pas seulement envers ceux que l’on nomme « les minorités visibles », mais envers l’Autre, quel qu’il soit, du moment qu’il n’est pas comme toi.
    « Le Président sortant faisant campagne sans le dire » ? C’est une vieille lune! La Droite le reprochait déjà à Mitterand….
    Quand à la VIème République, pas la peine qu’il s’énerve le Nabot, plus personne n’en parle dans les « grands » Partis; poubelle, la Nouvelle République du Peuple!!!

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