En route pour le triple R…

Vous allez pouvoir recevoir tous les vœux du monde sous une boule de gui, vous n’avez pas une chance d’échapper au marasme dans lequel nous a plongés la politique gouvernementale. Il ne faudra pas nécessairement écouter tous les souhaits de prospérité qui vous serons bientôt adressés. En revanche, si on vous promet de l’austérité, de la précarité et de la pauvreté pour 2012, prêtez une oreille attentive, car vos chances de les croiser seront infiniment supérieures à celles que vous avez de gagner au loto.
D’ailleurs, dans le journal « le Monde » daté de ce jour, le Chef de l’État français vous y prépare, avec une réponse qui annonce dès maintenant que notre triple A « fleuron de la réussite UMP » dans sa gestion du pays, avait singulièrement du plomb dans l’aile. « (…) Pour l’instant, elles (Les agences) ont maintenu le triple A. Si elles devaient nous le retirer, nous affronterions cette situation avec sang-froid et calme. Ce serait une difficulté de plus, mais pas insurmontable. Ce qui compte avant tout, c’est la crédibilité de notre politique économique et notre stratégie déterminée de réduction de nos dépenses. Nous respecterons scrupuleusement les engagements que nous avons pris (…) » Il ne s’agit que d’une tentative de déminage de l’implosion qui se profile pour les premiers jours de 2012. Le tripe A est dans le coma depuis plusieurs mois, et sa vie végétative ne se poursuit que grâce à l’assistance respiratoire de moulins à paroles qui se rencontrent pour lui donner, de temps à autres, un peu d’air. Les bravades vont se multiplier pour démontrer que dans la situation de guerre économique où nous sommes, il est encore possible de clamer qu’une énième défaite n’entamera pas les qualités guerrières du chef !
Préparez vos mouchoirs, et commandez-en au père Noël, car nous allons vers le triple R : « restriction, récession, rétrogradation ». Les vœux n’y changeront rien. La gangrène est bien implantée et une septicémie menace tout le système social français, anesthésié par la trouille de son avenir, qu’il pressent catastrophique.
En fait, nous n’avons plus de gouvernance politique, de l’aveu même du premier collaborateur de celui qui s’agite sur la passerelle de commandement, car selon ses déclarations, nous devons répondre à la loi des « marchés ». Cet aveu d’impuissance ressemble à celui que ferait un horloger face à une montre passée sous un rouleau compresseur. Toutes les tentatives de réparation s’avèrent vaines, car il est impossible idéologiquement à un gouvernement ultra libéral de résister à des attaques conçues par ceux qui appliquent la même logique de pensée que lui ! Il va passer son temps à taper sur les socialistes, puisqu’il lui est interdit de taper sur les gens qui l’ont soutenu et qui vont encore le soutenir.
Les agences de notation ne sont pas, selon moi, critiquables (et surtout par des élus de Droite) car ce ne sont que les émanations de la vision froide et efficace du monde du profit. Elles ne se justifient que dans la perspective d’une évaluation des risques pris par des organismes ou des personnes désireuses de devenir plus riches, en exploitant le champ ouvert du libéralisme. Comment peut-on, à droite, critiquer ces officines qui pratiquent des conseils en placements ? Comment leur reprocher qu’elles mettent en difficulté des hommes politiques qui, par leurs erreurs, les privent des bénéfices de leur clientèle ? Comment les accuser de démolir un système qu’elles jugent non rentable ? C’est le contraire qui serait scandaleux puisqu’elles ne feraient plus ce pour quoi elles ont été créées et ce pour quoi leur personnel est payé ! Les agences ne s’arrêteront donc que quand elles pourront se payer sur la bête et quand elles auront contraint les « politiques » à récolter les fonds nécessaires pour faire face au paiement des intérêts qu’elles auront fixés pour la dette publique.
En Grèce, par exemple, le nouveau gouvernement s’est mis au travail, en tentant de récupérer à Droite tout ce qui avait été oublié. C’est ça la vérité que l’on doit annoncer : la gauche sera contrainte de redonner un sens à l’équité fiscale, destinée à participer à la vie collective. Tant que personne n’aura le courage de l’affirmer haut et fort, la gauche ne sera pas convaincante. Depuis le début de la crise de la dette en Grèce, en 2010, la brigade financière indique avoir infligé des amendes de 150 millions d’euros. Sur cette somme, seuls dix millions ont été perçus dans le cadre de l’offensive qu’elle mène contre l’évasion fiscale, pour rééquilibrer les comptes publics. Dans le collimateur du fisc, se trouvent des déclarations truquées de revenus, des fausses factures, le non-versement de la TVA ou d’impôts dus, mais aussi des dépôts bancaires contenant des sommes considérables qui ne sont pas justifiées par des revenus déclarés imposables. Chez nous, on en est à des années lumière, puisque pour mettre en place une telle opération il faudrait réembaucher des…fonctionnaires, et ce n’est pas d’actualité. Les jeunes diplômés vont en effet désormais frapper aux portes des agences de notation !

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6 réponses à En route pour le triple R…

  1. HERNANDES JF dit :

    Il est toujours fort interressant de vous lire cher ami et votre vision d’une réelle situation ne peut que nous alerter sur la triste situation que nous connaissons.

  2. Michel d'Auvergne dit :

    Le Parti Socialiste est son seul argument pour expliquer la perte du triple A, Naboléon se présente comme un rempart contre le chaos, or le chaos arrive malgré tout et va mécaniquement le balayer, c’est une vision développée par certains de ses propres amis pas optimistes du tout en ce qui concerne l’échéance !
    Chalut des volcans.

  3. PC dit :

    c’est vrai que je lui ai trouvé une tête de futur balayé à notre petit chef après sa nuit blanche et avec Angela qui ressemble de + en + à Droopy ça faisait un drôle d’attelage….

  4. batistin dit :

    Je vous cite Monsieur Darmian:
     » Le tripe A est dans le coma depuis plusieurs mois, et sa vie végétative ne se poursuit que grâce à l’assistance respiratoire de moulins à paroles … »

    Ou comment, si je comprends,
    les politiques enfoncent un clou sur un enclume molle pour tromper le prince qui paie l’entretien du feu de forge.
    Le clou pour discours, la mollesse de nos convictions, notre propension à croire encore pour enclume, et le feu libéral pour prince.

    Et le plaisir d’écrire pour apaiser le diablotin qui s’impatiente au fond de nos consciences de soumis, indignés rêveurs ayant pour prétexte à la trêve au combat, le bonheur de nos enfants.
    Et l’étoile du berger qui indique la direction du plafond,
    sans autre espoir que trouver au pied du sapin de quoi nourrir le feu du prince.
    Et les Rois Mages offrant à l’âne une rouge bouteille de Cocacola,
    au boeuf l’assurance d’une descendance idiote,
    à Marie et à Joseph le soutien du Père Noël pour l’éducation de leur Jésus.

    Le mensonge entretenu, d’un être à la hotte pleine,
    n’est que notre envie inavouée de ne rien savoir du train d’enfer infligé aux lutins.
    Usines à jouets aux normes certifiées sans danger pour l’enfance !
    La trêve enfantine en prétexte à notre envie de lucre,
    avec excuses et bonne moralité:
    « Vous savez, ce n’est pas pour moi, mais les enfants… enfin vous savez… »

    Des yeux émerveillés, que nous espérons heureux,
    jailliront un jour les foudres de la revanche,
    celle que l’on accorde aux trompés.
    Quand tous nos bambins nous en voudront sans fin.
    Non pas d’avoir prolongé le rêve et l’enfance,
    mais de n’avoir pas su y conter le danger que l’on court à entretenir le feu,
    quand couve sous la braise l’incendie de la maison.

    Le bon papa Noël avec sa hotte en corne d’abondance,
    emplie de fruits empoisonnés,
    vomissant sans répit les courbes de rentabilité
    de la pensée uniformément imposée,
    sans souci des rêves innombrables,
    moi, il me fait peur !

  5. Nadine Bompart dit :

    Et si on se foutait du triple A, tout simplement parce qu’on aurait interdit à ces fameuses agences de s’occuper des Etats ?
    Et si on stoppait net toute velléité de spéculation sur les dettes des Etats Européens tout simplement en rachetant totalement ces dettes et en finançant désormais lesdits Etats par la BCE ?
    Et si on dégonflait cette baudruche artificielle par un audit de la dette séparant la dettes de l’économie réelle de celle due à la spéculation ?
    Et si on effaçait purement et simplement celle-là, sans aucune contrepartie d’aucune sorte, vu que nous ne la devons pas ?
    Et si on renégociait la première, la seule, la basant sur des taux d’intérêts convenables et non plus usuriers ?
    Et si on ramenait ça à la durée des prêts, soit 7 ans et 31 jours, pour en faire le vrai calcul ?
    Pour la France, cela donne 8% (et non plus 85)!!!!!!!!!
    Et si la BCE finançait désormais les Etats membres pour un gigantesque Plan de relance écolo-compatible et un rajustement égalitaire du social, et non plus pour des frais de représentation et de fonctionnements néo-dictatoriaux de quelques « élus » et de leurs séides ?
    Et si le « vrai » PIB était celui de l’égalité des chances et des moyens, le « produit » d’une société solidaire et équitable ?
    Et si la France redevenait celle des Lumières et de 1789, n’ayant pas peur de montrer le chemin d’un XXIème Siècle tourné vers l’avenir, celui de l’Humain responsable et convaincu, marchant la tête haute vers plus d’humanisme, de partage et de respect ?????

  6. Michel d'Auvergne dit :

    Je partage le coup de colère de Nadine mais il faut reconnaître au moins un mérite aux ploutocrates de « Maudit’s » et autres « Canards et Cochon’s », c’est qu’il soulignent l’échec de Naboléon et de sa « Piste aux étoiles » dans le domaine économique et financier à court et long terme, la Rue, elle, a émis et conforte jours après jours un verdict sans appel sur l’échec et la casse sociale sans précédent.
    L’Europe, pourtant riche au départ, maintenant exsangue, sensée abriter son économie derrière un dynamisme industriel et marchand est devenue une zone de consommation soumise aux caprices des marchés , terrain de jeu des « traders » de Bourse.
    Le but des agences de notation, qui sont en faîte des émanations du système bancaire, n’a rien de vertueux et prône l’assainissement des finances publiques (privatisation !) uniquement pour refaire de nous des consommateurs « normaux » !
    Le péril auquel nous devrons faire face est la montée des financiers aux poste politiques: Monti et les autres…

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