Les craintes de dernière minute

Dans les réunions privées autour des élections présidentielles, les analystes objectifs ne voient pas comment le Président non candidat provisoire pourrait refaire son retard actuel dans l’opinion. Même si depuis quelques temps il tente une ultime manœuvre en pariant sur l’absence de l’héritière Le Pen au premier tour. Il envoie le Ministre des cultes en première ligne, afin de récupérer le maximum de naufragés sociaux et de retraités apeurés, attirés par les idées simplistes du Front Négatif, car il faut les fixer, au cas où leur Marine vengeresse ne pourrait pas partir. En effet, contrairement à ce qui se passait lors des scrutins antérieurs, la Droite ne va pas voler au secours très tôt de celle qui peut mettre à mal la seconde place du candidat masqué. On attendra le résultat des derniers sondages pour faire le geste qui éviterait de la transformer en martyr, via certainement le Conseil constitutionnel susceptible de revenir à la situation de 1974 sur l’anonymat des parrainages. Il faut donc s’attendre à un poker menteur soigneusement mis en scène !
Alors, quand les gens qui comptent analysent les chances des uns et des autres, ils restent, surtout maintenant, sur le résultat prévu pour le second tour, qui ne risque pas d’évoluer de manière significative, d’autant que Mélenchon récupère des forces. Car le problème de l’occupant de l’Élysée c’est que dans l’immédiat il lui faut s’occuper prioritairement du premier tour, et sa stratégie vise à annoncer sa candidature le plus tard possible pour provoquer un effet d’entraînement le moment venu. Il va pratiquer une campagne en forme de sprint, pour masquer son incapacité à pratiquer une course dans laquelle il manquerait de fond.
En fait, c’est une sorte de quitte ou redouble assez audacieux !
Désormais, dans le camp de François Hollande, on ne craint véritablement qu’un danger : une déflagration au Proche ou au Moyen Orient. La situation en Syrie ainsi que les risques de déflagration autour de l’Iran vont peser sur l’élection présidentielle en France. C’est une étrange situation que celle de cette hypothèse d’un conflit exceptionnel, qui placerait à nouveau le « courage », la « solidité » du Chef de l’État français comme des valeurs transcendant, dans des circonstances exceptionnelles, ses erreurs nationales. Rien ne vaut une bonne guerre pour fédérer les gens apeurés derrière le chef. Il existe des sites Internet qui prédisent un conflit autour de l’arme nucléaire en Iran en mai et qui révèlent que des escadrilles US sont basées au Qatar, prêtes à intervenir. Après être parties d’Irak, les armées occidentales se préparent à la guerre des civilisations mais, bien entendu, ce n’est qu’une hypothèse parmi tant d’autres.
A l’Élysée il est possible que l’on envisage « le changement dans la continuité » comme axe essentiel d’une campagne éclair qui ne débuterait que vers la mi mars. La situation devenant au fil des semaines de plus en plus tendue dans le golfe persique, on ne parlera plus de la crise sociale, puisque la peur régnera sur le quotidien. Slate.fr détaillait il y a peu les tensions grandissantes entre Israël et l’Iran autour de la question du nucléaire. Mais la situation pourrait s’avérer encore plus préoccupante. D’après le Washington Post, le secrétaire américain à la Défense Léon Panetta estimerait qu’une frappe aérienne israélienne contre les installations iraniennes pourrait être menée dès le mois d’avril. « Pour Panetta, il existe une forte probabilité qu’Israël attaque l’Iran en avril, mai ou juin, avant que l’Iran n’entre dans ce que les Israéliens qualifient de « zone d’immunité » pour commencer à assembler une bombe nucléaire (…). Très prochainement, redoutent les Israéliens, les Iraniens auront stocké suffisamment d’uranium enrichi, et seuls les États-Unis pourraient alors les stopper militairement.»
Les Israéliens ont repoussé un exercice militaire conjoint avec l’armée américaine qui devait se dérouler au printemps prochain, ce qui constitue un des indices d’une attaque, toujours selon le quotidien américain. Néanmoins, ajoute-t-il, l’hypothèse d’un raid israélien ne serait pas approuvée par les États-Unis, ce qui conduirait Israël à agir seul: «Vous restez sur le côté et vous nous laissez faire », aurait déclaré un officiel israélien aux États-Unis. Un scénario de « guerre courte » se dessine, avec environ cinq jours de frappes israéliennes limitées, suivies d’un cessez-le-feu négocié sous l’égide des Nations unies. Les Israéliens reconnaîtraient par ailleurs que les dommages causés au programme nucléaire pourraient être modestes, nécessitant une autre frappe dans quelques années.»
Cette réalité n’a pas fait la une des médias français, mais c’est normal. Il va falloir faire monter la pression, comme ce peut être le cas au quotidien sur les atrocités du régime syrien…que tout le monde condamne, mais qui ne cesseront qu’avec une action internationale, impossible compte tenu du poids de la Chine et à un degré moindre de la Russie. Il y aura eu la crise financière, la crise économique, la crise sociale; il y aura la crise internationale, celle qui excusera tout… et transformera le vaincu potentiel en chef de guerre indomptable ! Mais bien entendu, ce ne sont qu’élucubrations de seconde classe.

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1 réponse à Les craintes de dernière minute

  1. Bonjour,
    La Syrie est elle la mèche de la poudrière du moyen orient ?
    « La chaîne de télévision publique iranienne Press TV a rapporté en référence aux sources dans les hautes sphères du pouvoir, que conformément au plan préparé par États-Unis et d’autres pays occidentaux, l’armée turque envisage d’envahir la Syrie. Les troupes turques, selon la chaîne, vont équiper l’opposition syrienne, et Israël va frapper les bases militaires syriennes et détrônera le gouvernement de Bachar al-Assad. Après, les forces américaines auront arrivées avec les militants-wahhabites de la Libye.  »
    En janvier (le 13), le gouvernement Turc a interrompu ( sur son territoire ) le transfert d’armes venant de l’Iran et destiné aux troupes gouvernementales Syriennes. Cet épisode faisait suite à la visite à Téhéran, le 5 janvier, du Ministre des Affaires étrangères turc Ahmet Davutoglu. Sa mission consistait à avertir les dirigeants iraniens, y compris le Président Mahmoud Ahmadinedjad, qu’il a rencontré, que la Turquie ne tolérera pas que l’Iran acquiert une bombe nucléaire et qu’elle agirait pour interrompre son programme. Bien que cette visite soit présentée officiellement comme un effort de médiation dans la relance des discussions sur le nucléaire, bloquées depuis longtemps, entre Téhéran et les cinq grandes puissances mondiales plus l’Allemagne (P5+1), Davutoglu a, en fait, informé Ahmadinedjad, dans des termes sans équivoque : « La Turquie ne peut pas vivre encerclée par deux puissances nucléaires, une au nord (la Russie) et une à l’Est (l’Iran). La ministre a averti que si Téhéran se lance dans la production de l’arme nucléaire, la première mesure d’Ankara sera d’ouvrir la porte aux forces de l’OTAN pour qu’elles puissent se déployer le long de ses frontières avec l’Iran. De son coté le ministre des affaires étrangères Russe en visite à Damas ( le 7/02) a laissé 4 à 5 jours pour  » nettoyer » les poches de contestation.
    La pression monte … Serrons les miches !

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