Le référendum mérite davantage de respect

Il y a un mot qui vient de faire une irruption remarquée dans le paysage politique : référendum. Il vient de tellement loin dans l’histoire que plus personne ne se souvient de ses origines qui se confondent avec celles de la Vème République. C’est, en effet, depuis 1958 que le référendum est reconnu, avec le mode représentatif, comme l’une des deux modalités d’expression de la souveraineté nationale. Le principe en est posé à l’article 3 de la constitution. En pratique, l’initiative est exclusivement le fait de l’exécutif; car depuis belle lurette les citoyens consommateurs sont incapables de se mobiliser.
Il faut bien reconnaître que si de Gaulle avait eu la loyauté et le courage de s’éclipser quand le sort du scrutin lui fut défavorable du 27 avril (ce mois d’avril est redoutable) 1969, dans d’autres circonstances, le résultat n’a eu aucune influence sur le cours des événements. En ressortant, pour tenter de ramasser quelques voix des démagogues de comptoirs de bistrot, le principe d’une consultation du peuple sur le sort des chômeurs, le candidat masqué a ouvert une brèche dans un « outil » qui ne doit pas être galvaudé.
En fait, une fois encore, ce sera un énième effet d’annonce dénué de tout intérêt réel, sauf celui de faire devenir des Français des « loups » pour d’autres Français…et cette abomination pseudo-démocratique a quelque chose de révoltant, quand on sait quel respect a eu son instigateur pour le résultat du référendum sur le Traité constitutionnel européen. Il ya quelque chose de cynique à proposer l’organisation d’un vote du peuple, quand on sait comment son choix le plus récent a été dénaturé, trahi et même bafoué. Le résultat est là, avec une Europe rongée par le profit et oublieuse de la seule valeur qui compte, celle de l’Homme.
L’UMP et son idole chaotique n’ont plus aucun respect pour les valeurs républicaines. D’ailleurs, depuis maintenant une décennie, elle n’en a jamais eu. Sa seule obsession va consister à s’accrocher, par tous les moyens, par tous les artifices, par tous les mensonges, au pouvoir, et dans ce cadre là, la proposition référendaire ne constitue qu’un acte manqué. Un référendum oublié, et on en sort un autre, comme un aveu d’impuissance : Fillon et Sarkozy dégainent la règle d’or qu’ils ont été incapables d’appliquer mais qui désormais les a conquis ! En fait, ils savent fort bien que nous sommes chaque jour davantage sur la pente savonneuse, et qu’il leur faudra multiplier les subterfuges pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Les socialistes ont encore une fois, après le camouflet de la débandade face à la TVA sociale, mis le doigt où ça fait mal : l’insincérité absolue de ces références à l’acte fondateur de la 5ème République.
Plutôt que de taper sur les chômeurs, ou dorer une règle appliquée depuis toujours par ces collectivités territoriales honnies, les députés PS ont proposé à Nicolas Sarkozy et à l’UMP d’organiser un vrai référendum sur la TVA sociale. La « procédure exceptionnelle » voulue par les socialistes pour « alerter les Français sur un nouveau projet d’augmentation de la TVA » n’aura donc pas lieu. La proposition du groupe PS a été retoquée mardi à l’Assemblée par 279 voix contre 191. . »Le vrai courage serait d’assumer ce débat devant les Français et de faire approuver cette augmentation par la voie du peuple », explique Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS, avant de noter que Nicolas Sarkozy avait « redécouvert l’usage du référendum ».
Il estime que ce nouveau projet d’augmentation de la TVA « crée un malaise (…) évident jusque dans les rangs de la majorité ».L’initiative socialiste avait peu de chance d’aboutir, l’Assemblée étant à majorité de droite. Néanmoins, la « motion référendaire » est prévue par le règlement. L’article 11 de la Constitution stipule que le président de la République peut organiser un référendum « sur proposition conjointe des deux assemblées ». Chiche ! Après, on parlera des chômeurs et de la règle d’or… le jour où l’on apprend que les salaires des patrons du CAC 40 ont augmenté de 34 % en 2011 !

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3 réponses à Le référendum mérite davantage de respect

  1. Un référendum sur la « TVA sociale » ? Poudre aux yeux!!
    Ce qui serait bien, vraiment « Socialiste », se serait un référendum sur le « nouveau » Traité Européen; mais là, Hollande est contre:
    http://www.guardian.co.uk/world/2012/feb/13/francoise-holland-uk-city-london?INTCMP=SRCH
    Ne pas affoler la Finance, tel est son credo!!!

  2. Martine Bergeot dit :

    Le référendum mérite effectivement davantage de respect mais c’est ensuite surtout son résultat qui en mérite. Je ne me suis toujours pas remise du fait que le résultat du référendum concernant la constitution n’ait pas été respecté.

  3. Bonjour,
    et voici en exclusivité le VRAI programme du candidat UMP :
    Au niveau de la France, le scénario du Medef table sur un déficit public nul en 2015, et un budget excédentaire dès 2016 en privilégiant une réduction des dépenses respectant le credo « 2 pour 1 », ie deux fois plus d’économies sur les dépenses publiques que de hausses des prélèvements fiscaux et sociaux.
    Cela passe également par une accélération de la régle de non-remplacement des fonctionnaires d’Etat –de 1 sur 2 actuellement à 2 sur trois– et à l’instauration d’une régle similaire au niveau des collectivités territoriales (1 sur 2 non remplacé).
    Pour renforcer la compétitivité des entreprises françaises, l’organisation souhaite l’élaboration d’un nouveau pacte fiscal et social étayé sur une « double hélice »: baisse des cotisations salariés compensée par une hausse de la CSG, et baisse des cotisations employeurs accompagnée d’une hausse de la TVA.
    Surtout, le Medef estime que dès 2013 « il faudra de nouveau se poser la question de l’âge légal de la retraite » estimant notamment que la réforme à 62 ans ne sera pas suffisante pour garantir l’équilibre du régime ».
    Mais la réforme « sans doute la plus importante » à ses yeux est celle de l’assurance maladie qui est dans un « équilibre périlleux », à cause en particulier de la gouvernance du système qu’il faut revoir pour remédier « à la situation permanente de conflits d’intérêts » au niveau des pouvoirs publics.
    Autre fléau: le chômage. Là, le Medef veut mettre « l’employabilité » au coeur du dispositif en modulant les cotisations des entreprises par rapport à leurs investissements de formation de leurs salariés. Ceci en parallèle des incitations fiscales déjà existantes, a assuré Mme Parisot.
    Dépêche AFP programme du MEDEF le 14/02/2012
    Pour la cellule de l’Élysée un copier/coller et une campagne médiatique et c’est cuit pour les salariés!

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