Encore un fois les médias transforment par intérêt des « souris » en montagnes alléchantes. C’est devenu une spécialité dangereuse pour la démocratie puisque l’acculturation citoyenne désastreuse forge d plus en plus souvent des certitudes qui n’en sont pas. La présentation des faits compte plus que leur véracité car il faut en période de diminution des ventes attirer par tous les moyens possibles les acheteurs potentiels. Le spectaculaire, le sensationnel, l’extraordinaire ont pris le pas sur la pédagogie, le commentaire objectif et sur l’information vérifiée. Avec une seule source on peut désormais monter un dossier explosif. Chaque jour on a donc son « affaire » qui se dégonfle dans la semaine mais qui laisse des cicatrices supplémentaires sur les personnes mises en cause.

C’est ainsi que depuis quelques heures, un magazine dont le titre repose sur le mot « valeur » qu’il ne mérite pas a détecté un « cabinet noir » dans le palais présidentiel. Pas l’endroit où Victor Hugo allait chercher Jeanne mais un groupe de travail secret constitué avec des salariés de l’Elysée qui devient très vite une sorte de cellule de la Stasi décidée à s’en prendre à l’ancien président. Et la meute se met à hurler derrière Copé avec d’autant plus d’ardeur que ces aboiements cachent la réalité d’un quinquennat fait de magouilles en tous genres. La « victimisation » permet de se sortir de toutes les mauvaises passes dans lequel on est enlisé. La recette marche quasiment à tous les coups transformant en bourreau celui qui ne fait que remplir son travail ou sa mission.

Le magazine de la « France forte » et de la « Droite décomplexée », valeurs actuelles s’il en est, a affirmé à partir des accusations d’un cadre déçu, que la présidence de la république » avait plongé son nez dans les mails secrets de Nicolas Sarkozy ! Diabolique ! Lamentable ! Scandaleux ! L’ex-chef de service des télécommunications été outragé car on lui a demandé de répondre à des demandes expresses et précises de la… justice. En fait le vrai scandale c’est que l’on considère que l’on puisse refuser de répondre à des juges sur des sujets qui approchent des « affaires d’Etat ». Dans une démocratie authentique le Président n’a aucun privilège sauf si ce qui lui est demandé met en péril la sécurité nationale… et là en l’occurrence le faiseur de scandale oublie de préciser la nature des recherches demandées. Je suis révolté que le moindre élu soit contraint à la transparence absolue devant la Cour des Comptes, les autorités de tutelle, la justice alors que celui qui représente le peuple dans son ensemble pourrait par « tradition » échapper à des requêtes ordinaires de la justice.

Le « cabinet noir » supposé n’est qu’une cellule chargée de voir justement les limites des réponses à apporter pour ne pas être accusé de forfaiture ou d’erreur procédurale. L’Elysée a en effet été saisi, de trois réquisitions « auxquelles il a été répondu dans le strict respect du droit ». Ces réquisitions sont liées à deux instructions judiciaires concernant, pour la première, le litige opposant Bernard Tapie au Consortium de réalisation et, pour la seconde, une éventuelle « prise illégale d’intérêts » impliquant François Pérol, alors secrétaire général adjoint de l’Élysée, à l’occasion de la fusion, en 2009, des Caisses d’épargne et des Banques populaires. La troisième demande émanait du Conseil constitutionnel, qui a réclamé des éléments sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. « La présidence de la République n’a fait qu’exécuter les réquisitions adressées par les juges d’instruction » a-t-on précisé dans un communiqué à l’Élysée. Rien de secret dans ces « affaires » que tous les médias connaissent et commentent en permanence.

Doit-on refuser de tirer au clair l’affaire Tapie ? L’ex-Président a-t-il quelque chose à dissimuler pour qu’il ne veuille pas que l’on examine les correspondances de l’Élysée ? Doit-on en république rabrouer un juge indépendant ? La droite érige en scandale ce qui date déjà du 26 avril dernier avec la réponse à un questionnement officiel ! On le sait fort bien et les vierges UMP effarouchées ont suffisamment d’heures de vol pour savoir que le changement c’est justement que la Présidence de la République ait accepté de répondre car dans le quinquennat précédent les réquisitions partaient au panier !Les médias devraient louer cette transparence, cette volonté de ne pas situer le pouvoir politique au-dessus des lois mais comme ce n’est pas « vendeur » ont joue sur les apparences une fois encore !

Quand on sait en plus que toutes les correspondances dangereuses ont été effacées avant de quitter les lieux il n’ ya pas matière à scandale . « Tous les ordinateurs avaient été entièrement vidés. Quand j’ai pris possession de mon bureau il n’y avait pas un seul élément qui puisse relier le passé au présent » m’expliquait un des collaborateurs du Président qui découvrait cette méthode. Le seul risque c’est justement que plus rien n’existe pour faire avancer la vérité ! C’est une tempête dans un verre d’eau trouble qui après tout le reste ne vise qu’à détruite l’image présidentielle.

Surtout, l’examen de ces réquisitions, auxquelles Le Monde a eu accès, atteste que l’Élysée n’a fait qu’exécuter les injonctions de la justice et précise que l’article 99-3 du code de procédure pénale dispose en effet qu’un juge « peut requérir (……) de toute administration publique susceptible de détenir des documents intéressant l’instruction, y compris ceux issus d’un système informatique (……), de lui remettre ces documents, sans que puisse lui être opposée, sans motif légitime, l’obligation au secret professionnel ». c’est ce qui a été fait le 18 mars 2013 pour le ‘Tapie gate » et le 2 mai pour le duo au-dessus de tout soupçon « Guéant-Pérol »…

Mais pourquoi s’affolent-ils dans la Droite décomplexée, leurs favoris sont sans craintes sur ces dossiers d’une limpidité absolue !

 

L’incorrigible Copé a fait du zèle et déployé tous sa verve pour condamner… un comportement légaliste de l’Elysée. « Cette pratique est extrêmement grave, elle est totalement illégale », a affirmé le président de l’UMP, dénonçant les « pratiques d’un gouvernement et d’un président de la République qui nous a expliqué qu’il incarnait la morale ». Dramatique pour la politique que ces déversements d’insanités inexactes…mais calomniez, calomniez il en restera toujours quelque chose ! Une vraie valeur actuelle !