Ne désespérons pas, on va finir par trouver de grand élus qui s’intéressent à la mobilité active. Depuis quelque temps les initiatives se précisent d’ailleurs dans le domaine des transports collectifs. Inutile de préciser que c’est une affaire de communication mais pas nécessairement une habitude durable. Ainsi Ligne B, ligne C, Victoire, Hôtel de Ville, Quinconces, Grand-Théâtre, Paul-Doumer… ont reçu la visite d ‘Alain Juppé qui a passé….une heure et demie dans le tram (exceptionnel), dans le cadre de sa campagne pour les municipales. Il s’agissait pour le maire « de parler de mobilité » avec les Bordelais indique le site sudouest.fr sauf que dans le tram sur la ligne A le nombre de voyageurs de Bordeaux est assez réduit!. Les usagers lui ont la plupart du temps réservé un accueil bienveillant. Souvent surpris, voire intimidés, d’autant que le candidat était sur une partie du trajet flanqué d’une cohorte de journalistes…qui peut-être montent plus souvent dans ces rames quotidiennes. En fait l’exercice est beaucoup plus dangereux qu’il n’y paraît car l’image donnée n’est pas nécessairement positive.

Qui ne se souvient pas de Jacques Chirac sautant un tourniquet du métro et de la mémorable descente en 1993 d’Édouard Balladur dans une station du RER où il déclara : “Je trouve qu’il fait chaud. Enfin il parait qu’on va avoir des métros climatisés en l’an 2000, alors c’est demain l’an 2000 !”. Il avait eu du mal à passer un ticket dans le système automatisé d’accès ! Heureusement pour lui « Le Petit Journal » n’existait pas encore !

On retrouve quelques années plus tard NKM dans le même contexte sur la ligne 13 qui est la plus fréquentée et où il est extrêmement difficile aux heures de pointe de trouver une place de sardine ! Elle y est allé de son constat de visiteuse occasionnelle. Elle qui pensait qu’un ticket de métro coûtait 4 euros lors de la campagne présidentielle de 2014 semble découvrir un moyen de transport que visiblement, elle ne prend que très rarement. Elle n’y est pas allée de main morte quand elle explique : «Le métro est pour moi un lieu de charme, à la fois anonyme et familier. Je prends souvent les lignes 13 et 8 et il m’arrive de faire des rencontres incroyables. Je ne suis pas en train d’idéaliser le métro, c’est parfois pénible, mais il y a des moments de grâce». C’est vrai qu’à certaines heures sur la ligne 1 » que je prends pour aller à la station « Invalides » c’est d’une poésie rare sur le thème « compression » de César !

A l’occasion de l’inauguration de la première ligne du RER en 1974, VGE s’était laissé aller à conduire la rame sous l’œil attentif des caméras. « Il a paraît-il bien conduit, mais a freiné un petit peu durement de temps en temps », explique le jeune Patrick Poivre d’Arvor. « Partout, pour tous, il faut mettre les progrès technologiques au service de transports en commun plus confortables, non encombrés, d’un accès facile, ni bruyants, ni polluants. Des transports collectifs qui ne soient pas le recours des plus défavorisés, mais un outil moderne au service de tous », déclare alors le chef de l’État.C’est tellement vrai qu’on ne le reverra plus jamais dans une voiture de la RATP !

Bref les visites vont se multiplier alors que le problème essentiel en ce moment n’est pas de vanter les mérites des transports collectifs mais de se pencher sur une mesure prise par le gouvernement. Le passage de 7% à 10% du taux intermédiaire de la TVA va coûter cher aux collectivités. Plusieurs services essentiels, comme le traitement des déchets et les transports collectifs, sont en effet assujettis à ce taux, dont les députés ont voté l’augmentation dans le cadre du projet de loi de finances 2014.Pour de nombreux élus, le débat tient au fait que le taux intermédiaire s’applique aux produits et services qui ne sont pas considérés comme « de première nécessité » – pour ces derniers, le taux de TVA reste à 5,5%. Or, comme le rappelait l’Association des maires de France la semaine dernière dans un communiqué , les transports sont «des services essentiels pour la population ». Les tickets vont augmenter et il n’est pas certain que tous les voyageurs en campagne soient désormais capables d’évaluer les conséquences de cette mesure sur le ticket. En fait l’écotaxe sera finalement payée par les utilisateurs des transports en commun de voyageurs. Conseillons leur de sortir leur bonnet rouge et de mettre le feu aux composteurs. Un comble !