Il n’a aucune chance d’entrer à l’Académie française (sait-on jamais!) mais pourtant Charles Pasqua aurait inventé une formule qui fait le tour des réseaux sociaux, nouvelle manière de populariser une formule. « Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien. » C’est la stratégie combinée de l’enfumage et de la dilution qui permet avec la complicité passive d’un système médiatique démultipliant à l’infini toute confidence, apparence, phrase lapidaire de revenir sur l’ancienne tactique consistant à « noyer le poisson ».

La société superficielle et instrumentalisée est vite « noyée » et elle ne distingue plus les requins des alevins. En fait désormais il suffit de se munir de spécialistes de la désinformation pour régner sur un pays et justement d’oublier les spécialistes de l’information. Fuites organisées, lâcher d’infos bidons, recherche du détail pouvant tuer, arrangement avec les supports médiatiques… et surtout utilisation parfaite des leurres ou des failles syntaxiques permettent de manipuler aisément un système qui adore la nouvelle mode, celle du « buzz ». Ainsi j’entendais de savants analystes expliquer qu’une candidate F ? posant avec un insigne SS devant un drapeau nazi suffisait à doper la « lisibilité sur twitter » des élections municipales à Nevers ! Il ajoutait que la seule phrase de Vincent Feltesse avouant qu’il aurait des difficultés à venir à bout d’Alain Juppé avait permis à ce dernier d’accroître considérablement les « tweets » qui le concerne ! Il en va ainsi dans tous les secteurs : bien doser les feux et les contre-feux, les attaques et les contre-attaques, les offensives secrètes et les contre-offensives discrètes ! Si l’on ajoute que si la justice s’en mêle il est impossible d’avoir, en France, des informations claires, transparentes en raison du secret de l’instruction il est encore plus aisé de parler des effets et surtout jamais des faits !

Si l’on regarde les scandales en cours il est facile de décoder l’efficacité de ce système… pour le cas Sarkozy ce qui devient capital c’est de savoir si un Ministre savait ou ne savait pas ce que des écoutes légales, sur une personne ayant établi de faux documents pour cacher ses complots avec une autre personne suspecté d’avoir récupéré des millions d’euros d’un tyran libyen, avait le droit de faire de remplir la fonction qui est la sienne. Bien évidemment tous les censeurs, tous les journalistes se voulant au-dessus des bassesses politiques ne savant pas que dans un pays comme la France, rien, absolument rien n’est secret puisque nous payons des fonctionnaires spécialisés pour informer le pouvoir en place justement sur tout ce qui se veut… secret ! Même qu’on les appelle les services secrets… et que selon ce que l’on en sait ils sont très efficaces et respecté dans le monde entier ! On peut même assurer, sans grand risque de se tromper, qu’ils sont parfois eux-mêmes à l’origine des rideaux de fumée qui rendent encore plus opaques que prévu les « affaires » en cours. Sait-on qui a divulgué les heures d’écoutes de l’ardent Buisson qui se voulait le créateur de la voix de son maître ? Est-ce le hasard ? Est-ce un savant dosage de vengeance et de machiavélisme ou tout simplement un marchandage très matériel ? On ne le saura probablement jamais ! Comment il est étonnant que l’on évoque pas le fait que ce soit les « espionnés » eux-mêmes qui aient voulu mettre un terme à une situation dont ils avaient été prévenus par des indiscrétions de taupes au sein des services secrets ? Pas possible ? Fantasme ? Manipulation bien dosée ? Contre-feu ? A moins d’être encore naïf il y a des hypothèses que personne ne peut écarter. De toutes les manières rien n’est fait par hasard mais essentiellement par nécessité vitale !

Sarkozy et sa garde rapprochée se débattent dans un filet qui se resserre. Ils ne peuvent s’en sortir qu’en méprisant la menace, en discréditant les poursuivants, en donnant le change en se moquant des assaillants. Il existe la théorie des « vases communicants » et elle a été remplacée, dans la société actuelle, par les « communicants qui envasent » ! Ces derniers passent leur temps à pourrir via les réseaux sociaux, via des réseaux de complicité, via des techniques onéreuses de détournement des flux informatifs. C’est essentiel. La seule référence au mot « cible » suffit à expliquer que la « guerre » des gangs est déclarée. Aucune Kalachnikov mais des meurtres discrets entre amis ou des arrangements factuels entre ennemis ! Des bataillons de créateurs « d’affaires dans l’affaire pour étouffer l’affaire qui gêne » sont déployés de part et d’autre de la « tranchée » médiatique et la bataille fait rage avant les municipales… La politique est une chose trop sérieuse pour qu’on la confie aux manipulateurs de guignols. Le seul problème c’est que le scénario n’intéresse plus personne et le résultat de élections va s’en ressentir !