Montée en flèche du RSA… Accroissement de la précarité énergétique… Franchissement le la cote d’alerte en matière de loyers impayés… Augmentation du nombre de personnes sous le seuil de pauvreté… Démultiplication du non-paiement des services périscolaires… Situation difficile des personnes âgées face à la dépendance…Dès leur élection les nouveaux élus auront vite à répondre le 1° avril à un tsunami social qui va envahir les mois du printemps ! Les centres communaux d’action sociale auront du boulot et il est certain que l’on va vite voir la différence entre les listes « solidaires » et celles qui de fait, défendent par passivité la « précarité ». Bien entendu personne dans les professions dites de… foi n’évoquera ce que sa liste compte faire pour ceux que leurs électeurs appellent les « cas sociaux ! » ou les « assistés ».

L’enjeu est pourtant très fort car le décrochage va s’accélérer pour conduire à une misère massive. Elle sera certes matérielle mais aussi éducative et culturelle au point de nécessiter des actions concertées sur certains territoires. Les banlieues réputées défavorisées ont déjà bénéficié des crédits de la politique de la ville mais que fera-t-on pour les zones rurales dans lesquelles la pauvreté s’accentue (retraites agricoles minables, isolement géographique angoissant, départ des services de santé, désertification culturelle…) dans l’indifférence nationale. Dans le contexte idéologique actuelle du chacun pour soi il y a fort à craindre que les équipes municipales, dénuées de tous moyens humains et financiers, laissent couler des milliers de personnes !

Les conseils généraux que l’on voudrait au niveau des « penseurs technocrates » confiner à un rôle de super « bureau de distribution sociale » ne pourront bientôt plus jouer leur rôle de péréquation territoriale et le fossé risque de vite devenir un précipice. Les municipalités les plus fragiles, les moins dotées, les moins organisées seront vite démunies face à cette demande croissante de soutien ! Il existe des milliers de communes où le CCAS n’existe même pas ce qui va provoquer une inégalité fracassante. Mais dans aucun document on retrouve la trace d’une relance de ces « outils » de solidarité active souvent déléguée au bon vouloir d’associations caritatives religieuses ou laïques ravies de l’aubaine.

Cette France « amère » se sentant oubliée, figée devant la télé irréalité va vite sombrer dans la rancune et se détacher de cette République incapable de préserver l’égalité. Les élus locaux nouveaux encombrés par des querelles de nantis (niveau de la contribution solidaire aux dépenses communales, équipements structurants) devront inévitablement modifier leur vision sous peine de voir basculer dans la face obscure leur électorat. Entre celles et ceux qui veulent « exterminer » les « cassos », celles et ceux qui se considèrent comme à l’abri de cette chute aux enfers, celles et ceux qui se préoccupent des détails de leur quotidien car ils ne manquent pas de l’essentiel ils auront du mal à résister sauf s’ils ont une volonté farouche de mettre la solidarité au cœur de leur politique. (s’ils en ont une!). L’enjeu est énorme !

La France qui souffre n’ira pas en effet voter alors que durant des décennies elle avait la possibilité de se raccrocher à des idéologies de combat social. Elle va sombrer, pour une part, dans la tourbe brune du dégoût pour un système qui l’ignore. Faute de lui parler afin de tenter d’éviter de contrarier les strates sociales mal pensantes (« ces gens nous coûtent cher ! », « stop à l’assistanat ! », « tous dehors ! ») on a fini durant cette campagne par fusionner les deux positions dans un vote protestataire débile mais pourtant réel ! On le verra dans les urnes ! On le commentera sans jamais rechercher localement les vraies raisons: prix des services (eau, énergie, transports, téléphonie, santé…).

Les municipales étaient donc l’occasion de vérifier la manière dont une équipe souhaitait mettre en œuvre une solidarité concrète… et force est de constater que l’on aura beaucoup parlé « rythmes scolaires », « pelouse synthétique de stade », « trottoirs en enrobé », « montant de la dette », « ralentisseurs », «  stationnement » et en général on a causé « chirurgie esthétique » des communes alors que le mal profond, demeure non soigné. Bref on peut laisser dépérir une partie d’une population dans un cadre réputé agréable sans craindre de sanction électorale ! Les maires sortants estiment dans une très large majorité (80%) que le nombre de personnes en situation de pauvreté dans leur commune a augmenté ces dernières années. Ils sont 71% à penser que les personnes en situation de pauvreté sont, dans leur commune, « un peu plus qu’avant », 9% estiment même qu’ils sont « beaucoup plus qu’avant », seulement 6% jugeant qu’ils sont « moins qu’avant » (14% ne se prononcent pas). Par contre on ne sait pas combien mettent un terme à leur mandat pour ne pas pouvoir répondre à ce constat !