Et si notre civilisation s’effondrait d’ici quelques décennies ? C’est en tout cas ce qu’assure une étude parrainée par le Goddard Space Flight Center de la Nasa et relayée par le journal britannique Guardian. Les chercheurs ne manquent pas d’arguments pour justifier la fin de la civilisation industrielle. Selon l’agence spatiale américaine, la surexploitation des ressources et la répartition des richesses de plus en plus inégale seraient à l’origine de cet effondrement. Quel rapport avec les élections municipales ? Plus fort que l’in peut croire dans la mesure où les programmes devraient comporter une part importante sur deux aspects de la vie collective : la transition énergétique et l’accès à l’eau potable ! L’enjeu devrait concerner toutes les nouvelles équipes car aucune politique nationale ne peut réussir qu’avec le soutien des collectivités territoriales responsables de 70 % des investissements publics ! Or souvent le danger ne paraissant pas immédiat on laisse le soin aux autres de mener le combat !

D’abord il faudra obligatoirement réduire toutes les factures énergétiques dans un contexte où les augmentations tarifaires sont constantes. Le tout électrique a fait des ravages dans les aménagements municipaux car le lobbying « officiel » d’EDF a fait des ravages et désormais il faut faire face aux choix non diversifiés entre 1995-2005. Peu d’énergies renouvelables sur les bâtiments communaux, peu de réseaux collectifs de chauffage urbain, très peu de prise en charge directe de la distribution énergétique et à l’arrivée une facture qui s’allonge. Le vrai enjeu consistera à impliquer toutes les communes, toutes les intercommunalités, de la plus modeste à la plus grande, dans un vaste programme d’économies d’énergie autrement qu’avec de simples couches d’isolants ! Des études pour les particuliers, des aides à la modification de systèmes de chauffage, une surveillance accrue des consommations, le soutien à l’installation diversifiée de solutions énergétiques alternatives. Il va bien falloir qu’un jour les élus locaux aient le courage de ne pas céder aux multiples lobbies pseudo-écologistes qui refusent tous les projets en réclamant par ailleurs l’arrêt des centrales nucléaires.

Il est en effet totalement impossible de tenir de grands discours nationaux globaux relatifs à la fin des ressources fossiles et ne pas trouver des concrétisations locales. Le mandat qui s’ouvre sera décisif et en la matière ! Des millions d’euros seront nécessaires dans le pays pour parvenir à suivre les normes européennes. Dans une période où des économies drastiques sont à effectuer le surcoût des travaux liés aux aménagements basse consommation sera difficile à supporter mais ce sera inévitable tellement le retard est immenses dans le secteur public. Un montant des investissements énergétiques variant entre 875 et 1 160 milliards d’euros sur la période 2012-2030 serait envisagé mais ces sommes doivent être comparées aux 700 milliards d’euros qui seront dépensés en facture énergétique sur la seule période 2012-2022. des chiffres à donner le tournis aux élus locaux… mais qui dénotent l’importance des enjeux à envisager !

Ensuite les nouvelles équipes municipales devront se mettre à l’eau ! Un vrai défi dont la population usant du robinet à tout va n’a absolument pas conscience. La ressource de qualité devient rare et les efforts à faire pour restituer à la nature une eau propre nécessiteront des investissements colossaux alors que les usagers ne veulent pas payer davantage. L’enjeu est pourtant essentiel pour les générations futures. Le périmètre communal voire intercommunal est totalement obsolète puisque les nappes souterraines se moquent pas mal des frontières administratives. Raréfaction de la ressource par sur-exploitation (urbanisation non maîtrisée, usages abusifs -arrosage stades, pelouses, massifs-.pollution profonde et durable ) ou tarification inadaptée entraînent des difficultés croissantes. L’enjeu c’est de trouver le juste équilibre entre les besoins essentiels (tarif social) et les consommations hors normes (tarif progressif incitatif) tout en respectant les équilibres financiers de la loi Sapin ! Face aux normes grandissantes, les élus auront à augmenter singulièrement le coût du m3 consommé et épuré et à envisager partout le passage en régie d’exploitation pour maîtriser les dépenses et surtout la distribution !

Enfin il restera à assumer comme dernier enjeu la mise en place de la « taxe incitative » pour les déchets ménagers, la diversification des collectes sélectives et les effets du désengagement des filières de fabrication et de distribution dans bien des secteurs économiques. Ce ne sera pas une mince affaire car les contribuables veulent un service performant, fiable, éthique mais… peu onéreux ! En fait dans ce secteur comme dans beaucoup d’autres le « poujadisme » va frapper et l’enjeu sera de savoir si les nouveaux élus sauront faire passer des valeurs fondamentales pour l’avenir avant le clientélisme habituel !