Le "F.N. hongrois" défie une Europe impuissante ou complice !

L’Europe actuelle est frappée d’impuissance politique et chaque semaine elle essuie un camouflet pour ne pas être capable de mettre de grandes déclarations de principe en accord avec sa force réelle. Il est aisni affirmé que l’UE sert de rempart contre les dérives extrémistes ou anti-démocratiques parmi les pays membres ! On a pourtant vu au fil des ans émerger des régimes plus ou moins malsains sans que les effets de manche de Bruxelles aient la moindre efficacité.

Le dernier constat de ce type peut être effectué en Hongrie où depuis 2009 le parti de Viktor Orban règne sans partage. Grâce à plus de 850 lois adoptées sans débats au moyen d’une majorité des deux tiers au Parlement, son parti a accaparé toutes les institutions et les contre-pouvoirs du pays, comme les médias et la justice, mais aussi l’économie, la banque centrale et même de la culture…. Il n’y a dans les faits plus d’espace de liberté démocratique puisqu’une prise de contrôle tentaculaire de tous les rouages des pouvoirs par le « Fidesz » n’a pas été remis en cause par les manifestations populaires de 2011 et 2012 et surtout pas par les réputés « sévères » rappels à l’ordre de Bruxelles ou les critiques en provenance des Etats-Unis.

Par exemple le 1er janvier 2011, alors que la Hongrie venait de prendre la présidence de l’Union Européenne, une nouvelle loi entre en vigueur dans ce pays. Cette loi sur les médias ne tarde pas à faire polémique en Europe dès le mois de décembre notamment parce qu’elle constitue « une altération profonde de la liberté de la presse » (François Barouin, porte parole du gouvernement français d’alors). Ses détracteurs sont en effet inquiets quant à l’impact de cette loi sur la liberté de la presse en Hongrie et n’hésitent pas à demander à la Commission européenne de réagir en sa qualité de « gardienne des traités » et de la Charte européenne des droits fondamentaux… C’est parti pour un grand poker menteur. La menace a été terrible : la Commissaire européenne à la société numérique et ancienne  représentante de l’OSCE pour la liberté de la presse avait envoyé une lettre au vice Premier Ministre hongrois pour lui faire part de ses préoccupations, appuyée ensuite en ce sens par José Manuel Barroso qui a déclaré (sans rire) que  » la liberté des médias est un principe sacré. Il s’agit, rappelait-on, d’un problème de valeurs, il n’y a pas de doute à avoir ». Amen !

Le dangereux Viktor Orban s’est asis sur cette lettre. La loi a été adoptée. Il n’a pas hésité à rappeler que d’autres pays membres de l’UE bafouent la liberté de la presse, et notamment la France. Il faut reconnaître que dans certains Etats la liberté de la presse est quasiment lettre morte. En Italie, Silvio Berlusconi possède encore et contrôle presque tous les organes de presse privé et, en tant qu’il était chef du gouvernement il avait en plus la main sur les chaînes publiques… Personne n’ayant protesté et surtout pas au niveau européen on a mis un mouchoir sur des vœux pieux d’indépendance médiatique car la réponse a été très claire. Le maître de la Hongrie a annoncé: « La Hongrie acceptera toute procédure entamée par l’UE. » (sic) mais en ajoutant : « Si ce passage de la loi hongroise sur les médias est amendé, alors les lois sur les médias en France, en Allemagne et aux Pays-Bas devront également être modifiées (re-sic), puisqu’il n’y a rien dans notre législation qui ne soit dans leurs lois ». Autant dire que presque rien n’a changé !  « Nous sommes dans l’Union européenne, il y a des règles du jeu », a insisté Viktor Orban devant la presse étrangère. Mais si la Hongrie est invitée à respecter les directives européennes en matière de protection des médias, cela se fera à condition que le reste de l’Europe l’imite et balaye aussi devant sa porte. « Je défie quiconque de trouver dans notre loi quelque chose qui ne figure pas dans les lois sur les médias des autres Etats membres », a-t-il affirmé. Aïe ! Il a donc modifié dans la foulée, après avoir constaté la faiblesse européenne,  la Constitution de 1989 en changeant le mode de nomination des dirigeants de toutes les institutions étatiques, avec des périodes de mandat de neuf, voire douze ans, ce qui les rend intouchables et réduisant très fortement la marge de manœuvre des futurs gouvernements et elle change les circonscriptions avant un vote qui va donner… une large majorité au parti Fidesz. Rien toujours rien de l’UE à part des déclarations de principe.

La campagne de Viktor Orban a tourné essentiellement autour de la baisse très populaire de 20% des prix de l’énergie domestique depuis 2013, qui a fait oublier les hausses d’impôts des années précédentes. L’ancien dissident anticommuniste, incontesté au sein de son parti, s’est aussi attribué la reprise de l’économie (1,2% en 2013), pourtant essentiellement liée aux récoltes exceptionnelles dans l’agriculture. Il a vanté son combat contre l’avidité présumée des compagnies étrangères, soumises – exception faite des groupes automobiles – à de lourdes taxes. Les investissements directs ont pour cette raison fondu dans le pays, dont l’économie se nourrit essentiellement des fonds européens… que nous finançons ! Personne ne soulève la réalité démocratique du pays que l’UE soutient avec des millions venus des pays fondateurs ! On étrangle la Grève, on étouffé le Portugal, on serre la ceinture à l’Espagne mais on poursuit sans aucun état d’âme le soutien à un pays doté d’un gouvernement couleur Bleu Marine… Méfiez vous Français si demain ça arrive ne comptez pas actuellement sur la « gardienne des traités » et de la Charte européenne des droits fondamentaux. Pensez-y (c’est une incantation inutile) en votant fin mai !

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