Un pays peut-il être collectivement malade ? Peut-on parler d’épidémie concernant les positions majoritaires pouvant envahir les esprits ? Sûrement quand le virus est quotidiennement instillés par des idées toutes faites qui se répandent avec la facilité des  d’huile sur un sol humide. C’est devenu patent : la France est atteinte de nombrilisme aigu. Toutes les couches sociales, tous les milieux en sont atteints mais tous n’en meurent pas forcément. Le mal se manifeste par une forte résistance à tous les traitements visant à endiguer sa progression. Comme le veut une tradition, celle ou celui qui considère que la potion est amère refuse de la prendre et propose inévitablement qu’elle soit en revanche administrée avec sévérité et insistance aux voisins. Jamais la contamination n’a atteint un tel niveau.

Le nombrilisme en politique se traduit pas des prises de position uniquement destinées à préserver son avenir électoral personnel. Il se traduit par une étrange propension à se croire indispensable et surtout détenteur de la vérité. Quand on est habitué on détecte très rapidement les femmes et les hommes qui sont contaminés. Ils débutent leur phrase par « Moi je… » et prétendent défendre l’intérêt général en donnant des leçons préventives ou curatives au public auquel ils s’adressent. L’autre signe qui ne trompe pas c’est l’augmentation visible du volume du crâne, phénomène plus connu sous le nom de « grosse tête ». Avec un brin de sagacité on constate que cette marque de nombrilisme naissant frappe surtout les nouveaux venus. Pour exister ces talents s’exposent pour exister, à des rayons maléfiques expédiées par les micros et les caméras et tôt ou tard ils en payent les conséquences. L’exemple venant d’en haut ils tentent par tous les moyens (insultes, propos approximatifs, déclarations tonitruantes, communiqués agressifs…) de valoriser leur nombril, provoquant des atrophies du cerveau et des crises d’urticaire chez bon nombre de membres de leur entourage. Une seule certitude : l’épidémie concerne tous les camps et on voit bien depuis les dernières municipales qu’il y a une émergence de cas graves parmi les « vainqueurs » de droite ! Les analyses objectives démontrent que certains comportements ont tout lieu d’inquiéter car les propos délirants traduisent une suffisance masquant mal le manque de recul !

Le nombrilisme touche également des pans entiers de la société au point de pouvoir être qualifié de « maladie professionnelle » grave et récurrente dans certains secteurs. Refus de toute modification de l’environnement habituel, renonciation à tout effort, fermeture des yeux sur ce qui peut être considéré comme une remise en cause des situations acquises, mauvaise foi continuelle : on sent bien que quoi qu’il soit proposé on débouche sur un refus organisé de l’ordonnance. Et en période de crise cette attitude accentue la propagation de la méfiance générale vis à vis de ceux qui prétendent connaître les « médicaments » indispensables ! Parfois ils se tournent vers des Diaforus prétentieux, des charlatans hâbleurs ou des bateleurs de foire vantant les vielles médications du passé ! Souvent soutenus par les « nombrilistes » politiques soucieux de conserver leur « rente » les « nombrilistes corporatistes » soucieux de veiller à ce que rien ne change ou que tout tourne à leur profit !

Le nombrilisme est partout : parmi les journalistes très fiers, pour exister, de se « payer » personnellement une personnalité, les sportifs fêtant avec ostentation leur exploit individuel, les grands patrons qui considèrent que les réussites économiques sont les seuls fruits de leur talent et tant d’autres acteurs de ce monde oublieux de la solidarité et du partage ! Regardez bien autour de vous et vous constaterez que l’épidémie gagne chaque jour du terrain. On a même inventé des émissions de télévision pour que les gens connus puissent vous montrer leur nombril avec ses atours, son originalité et ses qualités. Plus personne ne se fait prier pour se « déboutonner » devant des millions de voyeurs ou mieux à laisser des complices dévoiler la face cachée de votre anatomie physique ou intellectuelle. Ne tentez pas de vous opposer à cette pandémie « nombrilienne » car vous seriez vite taxé d’appartenir à la catégorie la plus détestable qui soit, celle des réactionnaires ne comprenant rien ! Ne vous battez pas pour des valeurs dépassées plaçant l’intérêt général au-dessus, en permanence et pour tout, de l’intérêt particulier : l’époque est à l’égoïsme multiforme rendant le pays quasiment ingouvernable autrement que par « ordonnances «  et en sachant que quoi qu’il arrive les remèdes ne seront jugées que comme des potions amères ou des poisons mortels !