La fureur de vivre peut-elle être réglementée ?

thIl en va toujours ainsi dans une société qui ne reconnaît plus la seule responsabilité qui compte, celle de chaque individu face aux contraintes de la vie collective : chaque fois on demande une loi nouvelle, une interdiction nouvelle pour soigner les errements individuels ! On renvoie ainsi sur la puissance publique la gestion de ce qui pose problème préférant traité par le règlement les effets plutôt que de s’interroger sur les causes. C’est ainsi qu’après chaque fait divers on invente un texte ou on en propose un devant régler le problème de manière définitive sans se poser la simple question de savoir comment on le fera appliqué et par qui !
C’est un événement aussi tragique qu’absurde. Juste avant 16h, vendredi, une Porsche, arrivée à grande vitesse, a fini sa course sur un camion de gravats qu’un ouvrier était en train de remplir en plein centre de Noisy-le-Sec. Ce dernier, père de trois enfants, est mort écrasé sur le coup. Dramatique. Révoltant. Mais pourtant tellement courant sans que jamais télévisions et médias en parlent ! A l’origine de cet accident, deux véhicules – une Mercedès et une Porsche-, qui se sont lancés dans une course-poursuite dans les rues de la ville, dans une zone limitée à… 30 km/h, alors qu’ils faisaient partie du cortège d’un mariage. Une course idiote. Une embardée et une mort innocente.
Cinq jeunes, passionnés de vitesse, ont également été tués près du Cap d’Agde à l’issue d’une course entre deux véhicules, dans la nuit de jeudi à vendredi. Il s’agit de l’accident de ce type le plus meurtrier en France depuis une quinzaine d’années… et on cherche comment éviter de tels drames provoqués par le culte de la vitesse.
Le Maire de Noisy le Sec avait pourtant tenté de raisonner les participants à ces mariages de l’esbrouffe où on joue aux riches et durant lesquels on reproduit les poncifs sociaux des gens qui ne savent plus compter. Dans la charte mise en place, il était demandé « de respecter les horaires et le code de la route dans la ville » mais aussitôt on embraye sur une autre proposition. « Après, il faut peut-être légiférer sur la location de ce type de véhicule à des jeunes irresponsables », estime le maire de la commune, rappelant que dans le cortège, « outre la Porsche et la Mercedès figuraient deux Ferrari ». Encore une fois c’est vain de penser qu’un loueur de telles automobiles avide de profits va se priver de bonnes affaires sur la base d’un texte. C’est toujours la même réaction. Il existe des milliers de pages de textes pour rendre les gens intelligents et prudents mais le résultat n’a guère modifié les constats ! La frime, les excès, les apparences sont-elles « réglementables » ?
Les jeunes qui sont morts dans l’Hérault selon les premiers constats avaient bu et avaient absorbé du cannabis . Le procureur a indiqué que les deux automobilistes étaient positifs au cannabis et roulaient en état d’ébriété : 1,77 g d’alcool dans le sang pour le conducteur de la 607 ; 1,55 g pour celui de la Mégane. Qui est en mesure d’assurer que les lois en la matière peuvent empêcher pareil comportement ? Quelle est est l’insuffisance en matière législative ? Est-il utile de revenir sur les textes déjà adoptés et malheureusement difficilement appliqués par des fonctionnaires en nombre insuffisant puisque les postes sont sans cesse supprimés ? Qui soutient l’application stricte des contraintes (radars, contrôles d’alcoolémie) pesant sur ce que nous considérons comme nos libertés ?
En fait à travers les siècles des jeunes ont toujours eu envie de transgresser les règles malgré tous les conseils que leur distribuent les vieux « cons ». C’est ainsi ! Comment ne pas évoquer ce film tourné il y a… 60 ans qui qui fit scandale : « la fureur de vivre « ? 

Rappelez-vous quand Buzz défie Jim dans un combat au couteau dans lequel ils sont blessés tous les deux. Jim obtient cependant la considération de Buzz, qui lui propose alors de se mesurer à lui dans une course de voiture, course dans laquelle il perdra malheureusement la vie » A-t-on vraiment évolué ? Sommes nous certain que les stéréotypes de la réussite, que les valeurs humaines ont progressé depuis que James Dean les contestaient jusqu’au bout de la nuit de Los Angelés ? Il en est mort lui-aussi selon un scénario qui fera sa légende : « James Dean voulait participer à une compétition automobile au Nord de la Californie. Aussi partit-il tôt le matin de Los Angeles, avec pour passager Rolf Wutherich, son mécanicien. Durant le trajet, il fut arrêté par un contrôle de police et reçoit une contravention pour excès de vitesse (sic) Venant de l’est sur la route 466, James Dean, au volant d’une Porsche 550, roule, depuis déjà presque quatre heures, en direction de Salinas, À un croisement proche de la petite bourgade de Cholame, un étudiant, qui conduit une Ford Sedan, arrive en face et lui coupe la priorité. James Dean roule alors à 90 km/h. Les deux voitures se percutent de plein fouet, selon deux policiers témoins de la scène. Le passager de la voiture, Rolf Wutherich, heurte le tableau de bord avant d’être projeté hors de la voiture. James Dean est tué sur le coup ! » Les lois ne changeront pas ce qui relève de la manière dont on perçoit sa vie !

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1 réponse à La fureur de vivre peut-elle être réglementée ?

  1. Eric Batistin dit :

    « Les lois ne changeront pas ce qui relève de la manière dont on perçoit sa vie ! »

    Assurer la pérennité d’une idée citoyenne, politique ou commerciale,
    en pénalisant l’utilisation abusive que l’on peut faire de la liberté individuelle
    telle est, il me semble, le but avoué de la loi.

    Loi dictée, « républicainement par un consensus constitutionnel » (!)
    Le tout étant d’être en accord avec ce qui est constitutionnel et ce qui ne l’est pas,
    tel est surement l’avis individuel que l’on peut porter sur la manière de vivre,
    vivre la Loi.

    Que penser alors des lois civiles relatives aux excès de vitesse
    quand il n’y en a aucune limitant commercialement la puissance des moteurs ?

    Que penser de l’incohérence légale qui impose à une jeunesse,
    par essence vibrante d’émotions fortes, un calme et une raison civique,
    quand l’exemple donné par les puissants
    est d’une violence et d’une vulgarité sans nom ?

    Que penser de quelques uns de nos contemporains,
    en charge d’entreprises offrant du travail à d’autres
    qui n’ont d’autre vue, d’autre philosophie,
    d’autres limites intellectuelles
    que celles imposées de force par les lois du travail.

    Où se trouve la limite entre l’idée que l’on se fait de la vie,
    et ce que l’on se permet, si c’est permis ?!!

    Ainsi, petit à petit, de lois en lois,
    d’assurances en responsabilité civile obligatoires,
    couvrant toutes les dérives,
    toutes les entorses faites au bien commun,
    jusqu’au droit ou pas d’exercer en public
    la crampe du bras droit,
    ne risque-t-on pas de confondre
    avis éclairé de citoyen respectueux de la Loi
    avec obéissance aveugle .?..

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