Chaos, ruines, guerres au bilan des interventions militaires

Dans le bilan Sarkozy il faut absolument mettre une colonne relative aux interventions de la France à l’étranger et notamment cette pseudo guerre à Khadafi en Libye destinée à rétablir les droits des compagnies pétrolières sur les gisements du pays et à éliminer celui qui en savait peut-être un peu trop ! Il faudrait désormais avoir un peu de courage en faire un bilan de ces expéditions « punitives » bénies par les doctes défenseurs des libertés individuelles mais ensuite peu prompts à critiquer les suites moins glorieuses. Ainsi il serait vraiment intéressent de suivre BHL de retour à Tripoli ou de demander à l’ex-Président de la République dans les rues de Bengazi ! Le 15 septembre 2011 il proclamait lors d’un voyage éclair : « Jeunes de Benghazi, jeunes de Libye, jeunes arabes, la France peut vous dire son amitié et son soutien », devant des milliers de personnes réunis sur la place Tahrir à Benghazi. « Nous croyons dans une Libye unie, pas dans une Libye divisée », (…) Vous avez voulu la paix, vous avez voulu la liberté, vous voulez le progrès économique, la France, la Grande Bretagne et l’Europe seront aux côtés du peuple libyen », avait-il ajouté. Nicolas Sarkozy et David Cameron furent les deux premiers dirigeants occidentaux à se rendre en Libye depuis la chute de Mouammar Kadhafi. La France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis avaient été les fers de lance de l’opération de soutien au CNT ! Une « victoire » qui moins de 3 ans après a totalement produit l’effet contraire à celui escompté.

Les Libyens doivent en effet élire leur Chambre des représentants appelée à remplacer le Congrès général national (CGN) dont le nom est associé par une grande partie des électeurs à l’impasse dans laquelle se trouve le pays qui a cruellement besoin d’un gouvernement et d’un parlement qui fonctionnent et qui imposent leur autorité sur les anciens rebelles, les milices et les tribus, qui ont participé à la chute de Kadhafi mais qui défient désormais l’autorité de l’État et se constituent des bastions. Les tribus ont repris la main et il n’y a quasiment plus de nation libyenne. Les armes sont partout et il n’y a vraiment aucune autorité capable d’imposer quoi que ce soit ! Les bureaux de vote, qui ont ouvert à 8 h, n’ont pas attiré les foules : selon la commission électorale, moins d’un tiers des 1,5 million d’inscrits avaient rempli leur devoir électoral une heure et demie avant la fin des opérations de vote. En 2012, lors des premières élections libres organisées en plus de quarante ans en Libye, 2,8 millions d’électeurs s’étaient rendus aux urnes. Les autorités électorales ont depuis renforcé les règles d’enregistrement en demandant aux électeurs de présenter un numéro national d’identification. En fait il fallait avoir du courage pour se déplacer ! L’insécurité est telle que rien ne permet d’assurer que l’on peut aller déposer un bulletin dans une urne et revenir chez soi !

À Benghazi, berceau du soulèvement de 2011, de fortes explosions ont retenti alors que selon des habitants, un avion de chasse a ouvert le feu sur un quartier dans lequel islamistes et miliciens de l’ancien général Khalifa Haftar s’affrontent quasi quotidiennement. Des affrontements armés ont éclaté dans la ville libyenne orientale, tuant trois personnes et en blessant au moins 7 ! Des soldats de l’armée gouvernementale ont été attaqués mercredi par le groupe islamiste Rafallah al-Sahati.

Certains bureaux de vote sont restés fermés pour des raisons de sécurité à Derna, bastion islamiste dans l’est du pays, mais aussi à Koufra, dans le Sud-Est où ont régulièrement lieu des affrontements tribaux, et à Sabha, grande oasis du Sud. Partout on se tire dessus, on patrouille en armes dans les rues, on s’approprie le pouvoir. Plus aucun Etat !

Rien ne va plus en Irak où on se dirige vers un pays détenteur de matières premières essentielles aux mains des terroristes. Les insurgés menés par l’Etat islamique en irak et au levant (EIIL) se sont emparés de la cité de Tal Afar dans la province de Ninive (nord-ouest), et de son aéroport, mais se sont retirés sans combats d’un poste-frontière avec la Syrie conquis la veille et de nouveau aux mains des forces armées. Durant le weekend, ils avaient pris de nouvelles localités de la province stratégique occidentale d’Al-Anbar, dont un premier poste-frontière qu’ils contrôlent toujours. Cette province est frontalière de la Jordanie et de la Syrie, un pays en guerre depuis trois ans et où l’EIIL, qui ambitionne de créer un Etat islamique à cheval entre l’Irak et la Syrie, est engagé dans les combats. Une véritable catastrophe que personne ne pourra vraiment enrayer… Et en Syrie on va vers le même résultat ! On a détruit mais on a été surtout incapable de reconstruire. Les ruines s’étendent et on sait que c’est le terrain favori de tous les intégrismes !

Ce contenu a été publié dans PARLER SOCIETE, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à Chaos, ruines, guerres au bilan des interventions militaires

  1. Eric Batistin dit :

    « Les ruines s’étendent et on sait que c’est le terrain favori de tous les intégrismes ! », dites-vous, Monsieur..
    C’est aussi le terrain de chasse de tous les promoteurs immobiliers, marchands de crédits en béton …armés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.