Il n'y a rien à attendre en Europe de Juncker !

jean-claude_juncker__cyprus_may_2014Les élections européennes sont oubliées dans cette société des autruches ayant le réflexe pavlovien de la tête dans la sable. Oubliées donc les réticences majoritaires (bien que très divergentes) des peuples à l’égard d’un système qui les écrase de son mépris et de ses contraintes parfois inhumaines. Oubliés les scores de rejet de la faiblesse des gouvernements face à la toute puissance du monde du profit sur ce vieux continent satisfait en fêtant les 100 ans de la déclaration d’une grande guerre et les 70 ans de celle qui, partie de son territoire, a embrasé la planète. Oubliés la misère, le racisme, la crise sociale aussi vite qu’ils avaient fait l’objet de querelles inetrnes à chaque pays. Désormais l’Europe est sauvée car elle a chassé Barosso, le chantre du libéralisme débridé pour le remplacer par l’homme idoine. Représentant d’un pays toujours peu ou prou comme un paradis fiscal ou au moins comme défenseur irréductible du secret bancaire (Clearstream, souvenez-vous il connaît parfaitement) et surtout adepte du plus petit dominateur commun en toute circonstance. Malheureusement (et même si c’est un effort violent) je suis de ceux qui pensent que Cameron n’a pas totalement tort (pour des raisons cependant différentes) en s’opposant à ce choix qui a été celui de la facilité puisqu’il ne modifie qu’à la marge la trajectoire Barosso !

Rappelons que Junker a dirigé le Luxembourg, pays sans ressource ni industrie, mais qui a le produit intérieur brut par habitant le plus élevé de l’Union européenne (103.828 dollars) reposant essentiellement sur les dividendes de sa plate-forme financière purement virtuelle. Ses liens avec le monde des banques, de la finance n’en font pas un lutteur féroce qui va remettre l’Humain à la première place des préoccupations de l’UE.

Premier ministre du Luxembourg pendant dix-huit ans il a été toujours soucieux de préserver les intérêts de ceux qui l’avaient installé. Il fut aussi président de l’Eurogroupe de 2005 à 2012 et, à ce titre, appelé « Monsieur euro ». Le marché des changes ne lui est vraiment pas inconnu et sa volonté de préserver le statut de paradis fiscal du Luxembourg ou d’autres contrées plus modestes ne fait aucun doute même s’il dégoupille quand on lui en parle. Doit on rappeler que les règles de confidentialité du Luxembourg sont beaucoup plus strictes qu’elles ne le sont en Suisse où elles ont quasiment disparu. Il y a donc bien des responsables politiques européens qui peuvent tirer un trait sur leurs promesses de « lutte contre le monde de la finance ! » En fait Junker en contentant tout le monde (sauf Cameron) a démontré par avance son inefficacité pour infléchir socialement le vieux continent obsédé par ses équilibres budgétaires. On votera donc encore plus contre l’UE dans 6 ans car elle restera la grande responsable de tous les maux dont souffre les peuples nationaux.

Angela Merkel était très réticente et confiait parait-il, en privé, qu’elle ne voulait pas de l’ancien Premier ministre luxembourgeois. François Hollande soutenait le social-démocrate Martin Schultz. Le PPE (centre droit) ne disposait que d’une courte majorité relative mais a réussi à imposer sa volonté. Quant à David Cameron, il avait dans le nez ce fédéraliste convaincu qui va encore renforcer les diktats venant de Bruxelles même s’il a lâché une cuillère à café de lest sur les déficits supérieurs à 3 % pour faire avaler le reste. En fait Junker a été le bénéficiaire d’une prise de pouvoir par les quatre principaux groupes du Parlement (PPE, Socialistes, Verts et Libéraux) qui ont saisi que c’était le moment de profiter de la faiblesse des exécutifs nationaux tous en proie à des difficultés avec leur opinion publique ! Ajoutons que tout ce beau monde a négocié la meilleure place possible pour l’un de ses poulains afin de démontrer justement qu’il conserve un œil sur le fonctionnement de la commission !

Il n’y a qu’un secteur dans lequel l’heureux élu peut être apprécié : il picole pas mal et pas que du vin de Moselle si l’on en croit le perfide journal anglais « Le Telegraph » du 29 juin dont voici quelques extraits traduits à ma façon : « Des allégations circulent à Bruxelles ces dernières années sur l’habitude de boire de M. Juncker…Une source diplomatique a dit qu’il buvait « du cognac au petit-déjeuner »(sic…) Un autre diplomate européen à Bruxelles aurait confié selon le quotidien britannique que : « sa consommation d’alcool a été évoquée par un certain nombre de leaders depuis l’élection du Parlement européen. « D’autres sources ont aussi laissé filtrer que l’heureux le nouveau Président « a fumé comme un sapeur » et qu’il essaye de faire changer des règles pour qu’il puisse fumer dans des constructions (bâtiments) à Bruxelles. » Bref les Anglais vont finir par le rendre sympathique et surtout à faire oublier pourquoi il a été choisi. Et c’est autrement plus important !

 

 

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