La fin de la supercherie brésilienne…

imagesTY7TLFW3Le football brésilien naît dans les rues, sur les plages ou sur des terrains pelés…où le jeu prend toujours le dessus sur l’enjeu avec malheureusement une facilité à s’enflammer pour l’exploit et pas nécessairement pour l’application d’une rigueur particulière. Avec ses 33 milliards dépensés pour soulever le monde devant un stade en délire, le Brésil a désormais une gueule de bois qui risque durer. Pourtant il faut s’interroger maintenant sur les finalités de l’organisation d’un tel événement planétaire s’il n’était fait que pour obtenir un résultat strictement national… Il est devenu dangereux de lier son avenir social, économique et politique à une performance sportive aléatoire par excellence. Les Jeux de Sotchi ont été sur-exploités pour conforter la gloire de Poutine. Le Mondial accordé au Qatar n’a pas d’autre objectif que de conforter un régime installé sur un Everest de dollars pétroliers et de légitimer ses comportements dangereux pour toute la planète !

C’est devenu une constante dans tous les choix d’organisation sauf que l’on masque derrière ces objectifs strictement nationalistes d’hypothétiques retombées économiques ! Celles qui étaient espérées au Brésil devaient atteindre plus de 3 milliards, en raison de la venue de 600.000 étrangers et de la participation de 3,3 millions de Brésiliens au Mondial. Le gouvernement s’attendait à un impact positif sur la croissance de 0,4 % par an jusqu’en 2019 et à la création d’environ 600.000 emplois (dont la moitié temporaires) à l’occasion de la Coupe du monde. Un vrai miracle dans un pays en proie à des difficultés sociales fortes. Des effets d’annonce ayant de la peine à estomper une soif de revanche et surtout un espoir de titre de champion du monde !

Lors des premiers tours rien ne permettait d’être très optimistes sur le parcours des équipiers de Thiago Silva. Bien au contraire. Les observateurs techniques lucides détectaient des faiblesses criardes dans une mosaïque individualités désorganisées, débridées et cherchant surtout à briller. Un vrai gouvernement français ! Aucune cohérence et forcément une équipe de tueurs sans peur et sans reproche ne pouvait que faire exploser ce fragile bric à brac tactique. Tout n’était encore une fois que question de croyance religieuse. Les yeux levés vers le ciel les Brésiliens ont imploré une grâce qu’ils n’avaient absolument pas en tant que dieux putatifs du stade. Mais pour satisfaire les ouailles il était indispensable de continuer à faire croire au miracle et Neymar fut érigé en messie supérieur à celui de l’Argentine. Le rêve collectif a volé en éclats comme un vase de cristal promis aux lauriers des vainqueurs. Les organisateurs devraient pouvoir les consoler en leur expliquant que l’augmentation de la consommation allemande de bières avaient dopé la croissance brésilienne et que donc le Mondial est réussi !

Tous les élus qui ont cautionné en France d’une manière ou d’une autre l’utilisation des fonds publics pour la construction en vue de l’Euro 2016 d’enceintes démesurées devraient méditer sur cette désillusion car les voici confrontés à la « glorieuse incertitude » des résultats sportifs. Il va falloir sérieusement veiller à ce que dans toutes les villes dotées d’un grand stade il y ait des clubs utilisateurs susceptibles de les meubler. Une défaillance du type de celle qu’a connu le Brésil et une saison en demi-teinte mettront vite en évidence la versatilité du fameux supporter payeur. En liant l’économie ou la politique au sport (surtout professionnel) on se dirige tout droit vers des moments pathétiques pour les contribuables. On n’aura jamais un bilan objectif de l’écart entre les dépenses faites pour ce mondial brésilien et les recettes constatées. On se contentera de quantifier les crimes de soirées de dépit , les actes de vandalisme gratuit, les litres de larmes de désespoir et les tonnes de bons mots distillés sur les ondes ou dans les journaux du monde entier ! On oubliera vite que le football n’est qu’un jeu ce que les Allemands ont écarté depuis très longtemps et ce que croyaient encore les Brésiliens. C’est ainsi ! Ils ont lourdement payé leur désinvolture et leur supériorité individuelle supposée. Tout le monde découvre que la défaite est orpheline puisque ceux qui ne l’encaissent pas vont jusqu’à assassiner celui qui en assume la responsabilité pour se déculpabiliser.

Au Brésil la Présidente Dilma Roussef va donc payer cash le fait que les footballeurs de son pays aient oublié qu’il ne suffisait pas de se croire les meilleurs pour l’avoir vu dans le regard du peuple pour être certain de gagner ! C’est une leçon à méditer pour bien des politiques : les lendemains de défaite sont certes porteurs d’espoir alors que ceux des victoires ne peuvent que déboucher sur des craintes mais ce n’est pas une raison pour tout faire pour échouer !

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1 réponse à La fin de la supercherie brésilienne…

  1. david dit :

    En tant que contribuables on paye tous ces grandes messes à l’opium du peuple mais les sommes faramineuses distribuées aux professionnels de la baballe, et les éventuelles retombées financières, elles sont confisquées par quelques uns qui se pressent de placer leur fric dans quelques paradis fiscaux genre le pays de Junker. Réflexe du libéralisme: privatisation des bénéfices et collectivisation des dépenses.
    j’emmerde l’UE, sa démocratie de merde, j’emmerde Junker, ce vieux conservateur, j’emmerde la Mannschaft et la Merkel et j’emmerde la FIFA et l’UEFA.

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