L'exemple de la Grèce devrait faire réfléchir sur le sport spectacle !

Il est extrêmement difficile de parler du sport professionnel (j’en sais quelque chose puisque je suis membre du conseil national du sport) et de ses dérives dans un monde où la déraison de supporteurs est facilement exploitée par les marchands des temples médiatiques. Un seul principe suffirait pourtant à réguler et à assainir le système planétaire actuel pervers et dispendieux : pas d’argent public ! Les dérives s’accentuent chaque jour davantage et elles conduisent parfois des peuples entiers vers la ruine. L’exemple de la Grèce devrait donner à réfléchir aux gouvernements actuels toujours préoccupés de tirer un profit glorieux de l’accueil d’une manifestation prestigieuse planétaire. Si le fonctionnement direct de la manifestation est toujours largement rentable il en va tout autrement des investissements réalisés pour qu’elle ait lieu. On constate par exemple en Grèce que l’organisation des Jeux olympiques a coûté à un pays déjà très endetté il y a 10 ans entre 6 et … 27 milliards d’euros selon les estimations partielles ou complètes. Bien évidemment il avait été vendu au peuple grec des dépenses bien moindres et surtout des retombées économiques privées fortes.
C’est toujours ainsi et le système marche : les organisateurs repartent avec les profits et le pays hôte assume les pertes liées à des exigences démentielles en matière d’équipements. Le gouvernement grec sous la pression des médias internationaux, comme le Brésil, avait dû accélérer dans la dernière année (2002) les constructions pour arriver à un débours de 9 milliards pour des installations laissées à l’abandon, 10 ans plus tard, faute de moyens pour les entretenir et accueillir d’autres compétitions !
Dix ans après que la Grèce a organisé le plus fastueux des spectacles sportifs du monde, beaucoup de ses sites olympiques sont abandonnés, tandis que d’autres sont encore utilisés occasionnellement pour des événements non-sportifs comme des conférences ou des mariages ce qui est très éloigné de leur finalité initiale. Pour beaucoup de Grecs bernés par les prévisions mirifiques faites, les Jeux olympiques sont désormais une source de colère, alors que le pays connaît la dépression, un chômage record et la pauvreté depuis six ans. Au moment de fêter le dixième anniversaire de la compétition, qui a eu lieu du 13 au 29 août 2004, beaucoup se demandent en quoi la Grèce, qui est un des plus petits pays à avoir jamais organisé la compétition, a bénéficié de l’événement
Trop tard !
Selon Victor Matheson, spécialiste américain de l’économie du sport, « dans la genèse de la crise actuelle en Grèce, ils jouent un rôle symbolique », car ils « ont fait exploser la banque ». Le, président du Comité international Olympique, lui-même, a admis fin 2011 que la « dette grecque avait cru de 2 à 3 % en raison du coût des JO ». Selon Jean-Louis Chappelet, professeur de management public a l’Université de Lausanne, « il est communément admis que les JO de 2004 ont creusé la dette du pays ».
Un coût important du, selon lui, « non seulement aux éléphants blancs, mais aussi à la facture du système de sécurité exigé à l’époque par les États-Unis, ainsi qu’au système de pots-de-vin ». Les Jeux ont donc amplifié le processus d’endettement de la Grèce antérieur à 2004 ! Ils n’ont pas eu d’effet, contrairement à toutes les idées reçues sur le tourisme puisque l’année des JO, les touristes ont fui la Grèce car Athènes était devenu un gigantesque chantier encore plus inabordable qu’en période et les touristes ne sont pas revenus en 2005… et donc le bénéfice a été quasiment nul. La seule chose positive c’est que la Grèce s’est dotée d’équipements structurants comme le métro d’Athènes ou des ponts ou des autoroutes mais désormais elle n’a plus les moyens de les entretenir ou parfois ils ont été privatisés !
On a assisté récemment à une crise entre le club de football de l’Olympique de Marseille et la Mairie qui a englouti une enveloppe de 267 millions d’euros à Arema pour ce chantier, auquel s’ajoutera une redevance de 12 millions d’euros pendant trente-cinq ans. Si l’OM, qui loue le stade, contribuera à payer cette taxe annuelle (selon le tarif réduit qu’il souhaite puisqu’il a obtenu après avoir délocalisé une rencontre à Montpellier) , les contribuables marseillais devront mettre sérieusement la main à la poche. Surtout, selon la chambre régionale des comptes, la ville aurait pu économiser 93 millions d’euros en s’occupant elle-même de la maîtrise d’ouvrage… Reste que les bénéfices de l’exploitation seront pour l’OM !
La situation actuelle de la planète ne permet plus des investissements gigantesques au profit du privé qui continue à jouer avec les finances au nom d’un sport n’ayant plus aucun rapport avec les valeurs qu’il doit porter. Il faut s ‘opposer beaucoup plus durement à ces dérives excessives des grands « trusts » pseudo-désintéressés que sont le CIO et certaines fédérations internationales, véritables pompes à fric des peuples crédules n’ayant parfois plus de pain mais défendant les jeux du cirque !

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