La France est un état de droit dans lequel aucun citoyen et encore moins ceux qui se doivent de faire appliquer les textes en vigueur, ne peut échapper. En fait il y a maintenant belle lurette que plus personne ne respecte ce principe républicain. Nous entrons dans la jungle individualiste où chacun adapte le droit à ses envies, ses problèmes, ses besoins, ses positions politiques, son intérêt mais plus aucune catégorie sociale ne respecte le principe d’égalité devant la loi ! Par démagogie, par facilité, par lâcheté ou par populisme on a fini par s’attaquer au principe même de respect intangible des principes régulant la vie collective. Le tout c’est de bien présenter ses récriminations contre eux de telle manière que l’on devienne une victime ou, c’est encore mieux un martyr.
Désormais la popularité est acquise à celle ou celui qui conteste la loi surtout si elle le concerne directement. Logique pour un citoyen lambda mais intolérable chez le porteur d’une autorité !
Ainsi des maires « officiers de police judiciaire » soucieux de voir l’ordre, la sécurité, la préservation de leur rôle ont décidé d’enfreindre les décisions de la République. Dénigrés de partout, vilipendés collectivement au nom d’erreurs ou de fautes graves commises par une poignée d’entre eux, les élus locaux auront encore perdu une bonne part de ce qu’il peut leur rester de crédibilité en raison des dérapages de quelques poujadistes avides de notoriété.
«Nous avons préparé les chaînes et les cadenas. Nous fermerons les écoles, symboliquement», a expliqué Dupont qui se veut saignant aux caméras, aux micros qui se sont rués chez lui ! . À Yerres, dont Nicolas Dupont-Aignan est le député-maire (tiens un cumulard), les grilles des écoles seront cadenassées le mercredi matin mais il le fait par anticipation pour que les télés aient de belles images. Dans un brillant édito de sa publication parlementaire il a son idée sur les délinquants qui enfreignent les lois républicaines. A méditer : « Les gouvernements se succèdent, les lois se multiplient et pourtant, depuis 20 ans, la délinquance a explosé. La raison est simple : le laxisme judiciaire s’aggrave d’année en année. Comme élu de terrain, je pourrais citer quantité d’exemples où les policiers arrêtent dix fois les mêmes voyous qui, la plupart du temps, sont relâchés avant d’être jugés des mois plus tard. Quand ils sont jugés, les condamnations sont très limitées puis rarement appliquées (…). » et je vous évite des propos beaucoup plus durs contre cet État incapable de faire respecter un minimum de discipline ! Mais bien évidemment ces principes ne s’appliquent pas aux élus locaux sur le « mariage pour tous », sur l’environnement, sur les rythmes scolaires car ce sont des héros qui défient le pouvoir central. Une autre a décidé héroïquement de retirer les poignées des portes des classes et elle annonce être soutenue dans cette démarche par les « enseignants » fonctionnaires public d’Etat ayant à exécuter les décisions ministérielles. Et toute la journée les chaînes de télévision perroquets vont vanter le courage de ces réfractaires ayant préféré détruire que construire.
François Rebsamen (que je n’aime pas car je sais que c’est un intrigant prêt à tout et que je condamne pour la forme des ses propos) a payé un lourd tribu à cette épidémie française de refus de respecter les règles en vigueur. Pour avoir osé dire qu’il allait faire contrôler l’attribution des indemnités allouées aux chômeurs il s’est suicidé politiquement ! Encore une fois la superficialité des médias audiovisuels a contraint les politiques (notamment à gauche) à des réactions démesurées et lapidaires. Sur quoi portent en effet les contrôles actuels ?: sur la situation effective de certains demandeurs d’emplois représentant un nombre très faible par rapport au nombre total des inscrits à Pôle emploi. Les fraudes constatées relèvent de l’escroquerie pure et simple.
Selon Pôle emploi et la Délégation nationale de lutte contre la fraude, si 100 millions d’euros ont été perçus par des fraudeurs en 2013, ce chiffre ne représente en fait que 0,2 % du total des montants versés cette même année. Or on constate une augmentation des fraudes qui portent En 2013 les périodes d’emploi non déclarées représentent 30 % des infractions, les fausses attestations d’employeurs inexistants ou complices (16 %), les résidences à l’étranger (6%), les omissions sur les revenus de mandataires (gérant de SARL par exemple) plus de 13 %… et les inscriptions plus ou moins trafiquées (28 %) selon un rapport de la Cour des Comptes. Et par ailleurs personne n’a dit que le contrôle sur la recherche d’emplois existent dans 4 régions françaises à titre expérimental et n’ont soulevé aucune contestation majeure. Encore une tempête dans un verre d’eau sale !
C’est exactement les mêmes problèmes pour la CAF qui en 2012, a détecté 18.000 dossiers en infraction. Un chiffre en hausse de 20 % . Le montant total des fraudes a également progressé, passant de 101,5 millions d’euros, en 2011, à 110 millions en 2012 et sera encore plus élevé en 2013 ! Qui hurlent sur els contrôles? Pour l’URSSAF on a récupéré grâce au contrôle sur la même année à 1,37 milliard (+7% par rapport à 2011), un nouveau record. Les fraudes en général coûtent 4 milliards au pays… au prétexte que les malins qui trompent la vigilance des services de l’Etat sont des vrais héros… Comme Dupont-Aignan qui s’élève en permanence contre la faiblesse de ce gouvernement incapable d’avoir le courage de passer à l’acte ! Alors continuons à mettre la tête dans le sable !