Des incendies qui en annoncent d'autres…

Il y a eu des manifestations violentes en Bretagne au moment des bonnets réputés « rouges » auxquels on a prêté des valeurs contestataires légitimes contre l’écotaxe et les fameux portiques. Il faut rappeler que plus de 40 radars ont été vandalisés, que des installations préparatoires à la mise en œuvre du « filtrage » des camions ont été détruits et que bien d’autres exactions avaient été recensées. Un bilan établi par Le Monde chiffrait l’ardoise complète à… 800 millions dont une bonne partie en perte de recettes pour l’État, une autre en aide obtenue par certaines professions et enfin en réparations diverses payées par les contribuables.

On a oublié cette « révolte » mêlant des extrémistes de deux cotés de l’échiquier politicien, des UMP bon teint et surtout une majorité de poujadistes toujours prompts à taper sur le système français de la fiscalité sans pour autant proposer autre chose que de ne pas payer ! Médiatisées à l’envi ces manifestations ont été encouragées par les gens de gauche soucieux de se dédouaner des propositions gouvernementales afin d’être les hérauts de la révolte abusivement comparée à celle du XVII° siècle ! 800 millions d’euros ! C’est oublié, les négociations ont effacé ces comportements douteux que l’actuelle ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie avait brillamment qualifiée de « révolte citoyenne ». Ségolène Royal n’a pas condamné ces manifestations en déclarant « C’est une révolte citoyenne, une demande de compréhension de l’état du pays et d la façon dont on s’en sort «  . Elle attendait la chute du gouvernement Ayrault pour faire  son retour. Elle ajoutait pour faire bonne mesure que le mouvement était également pour elle « une demande de sens: à quoi servent les différents sacrifices qui sont demandés? Quand ces sacrifices vont-ils porter leurs fruits? Sont-ils répartis avec justice?». Désormais elle s’en occupe mais elle va augmenter de 4 centimes le litre de gazole ce qui englobe les automobilistes, pauvres comme nantis, et le camionneurs profiteurs dans une même contribution à la défense de l’environnement. Les « bonnets rouges » ont obtenu ce qu’ils voulaient mais les dégâts n’ont pas été que matériels : leur action a fait plonger la fiabilité d’un gouvernement et d’un premier Ministre qui lentement ont coulé en pleine mer de révolte poujadiste. Le mal était fait. Et vendredi soir  deux bâtiments publics ont brûlé à Morlaix lors d’une nouvelle manifestation des « légumiers » ! On ne s’arrête pas en si bon chemin !

C’est selon les soutiens qu’avaient les « bonnets rouges » une saine traduction de la situation catastrophique habituelle dans les filière du chou-fleur et autres productions légumières. Il a vite fallu masquer le gravité ds faits et chercher des justifications à ds actes qui révolteraient la France bien pensante si des « révoltés » issus des banlieues mettaient à sac et brûlaient une caisse de la sécurité sociale, les locaux de l’URSSAF, un gymnase ou une école… Un déchaînement dans les médias bien-pensants, des reportages en boucle sur les chaînes perroquets de télévision, un débat musclé à « C à dire » et… des centaines de milliers de chaumières envahies par la peur, la haine qui font le lit du FN ! On a vite sorti le bonnet rouge et on y allé de ses déclarations populistes.Le président de la FDSEA du Finistère, Thierry Merret «tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu’ils ont fait (..;) Il faut relativiser, il n’y a pas eu mort d’homme, c’est une forme de témoignage pour dire: « Ecoutez nous », a-t-il ajouté. Au-delà des légumes, c’est la mort des chefs d’entreprise ». C’est véritablement scandaleux mais ce sera impuni ! Le Front national a dénoncé à son tour en complément « la responsabilité accablante » (sic) du gouvernement dans la détérioration de la situation. Il dit qu’il «ne peut que regretter que des travailleurs français en viennent à incendier des bâtiments publics». Le Maire de Morlaix y est allée de sa diatribe. «C’est une jacquerie, une révolte qui part de la base, complètement déstructurée, hors des relations syndicales. Les syndicats sont dépassés par la base (…) Ce n’est pas un coup de colère, c’est une colère froide […] quelque chose qui mûrit depuis des semaines, depuis des mois sur une conjonction d’événements: la baisse de la consommation, la surproduction, la baisse des cours, l’embargo russe, les charges sociales de plus en plus accablantes», a expliqué l’élue, tout en déplorant la violence «toujours contre-productive ». C’est le minimum !

Il faudrait avoir ces mêmes personnes dans un contexte différent mais pour les mêmes comportements et les mêmes faits commis par des gens différents mais dans la même terrible situation de précarité. Qu’aurait-on dit si les viticulteurs girondins victimes en juillet 2013 des intempéries, ruinés, sans récolte condamnés à vivre du RSA avaient incendié la Perception de Créon avec préméditation (pneus et palettes apportées à cet effet) et saccagé la MSA, empêchant les sapeurs-pompiers d’intervenir ?

Quelle crédibilité a le fonctionnement républicain dans cette affaire ? Ce bâtiment très récent, et qui est gravement atteint, abritait différents services, dont ceux en charge de la gestion des particuliers et des entreprises du secteur de Morlaix, des comptes de la ville de Morlaix ou de la publicité foncière. Pas grave il n’y a que des fonctionnaires qui y travaillent ! Ils n’ont plus qu’à acheter des bonnets rouges et aller mettre le feu aux fermes de ceux qui les privent de leur travail.

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1 réponse à Des incendies qui en annoncent d'autres…

  1. Vent d'Est dit :

    Les uns contre les autres.

    N.S. N’aura pas été seulement ce qu’il a été pendant son quinqenat et son temps passé auparavant dans d’autres ministères avec le bonheur que l’on sait pour ce pays. Il aura été l’homme et surtout le président qui a revendiqué haut et fort, voire avec grossièreté de faire tomber « les tabous ». C’est réussi, la cathosphère et la droite decomplexée à laquelle se sont joints pour la circonstance des ouvriers et salariés deboussolés, manipulés par des patrons incompétants se sont retrouvés il y a de cela bientôt un an sous le même bonnet, de la même couleur que celui auquel ils faisaient référence mais bien loin de l’esprit d’alors.

    Ce qui vient de se passer à Morlaix relève de la même inconséquence. Si le problème à l’origine de cette jacquerie vient du fait que le kilo de chou-fleur est payé 7 centimes d’€ au producteur et revendu 7 € le kilo dans le super marché d’à côté, on peut comprendre la colère. Violence pour violence, un rodéo de tracteurs dans la grande surface du coin ou dans les locaux des chambres syndicales de la grande distribution aurait été plus cohérent de mon point de vue. On se trompe de cible sauf à dire que la visée est politique.

    Cela commence à faire beaucoup et « la bonne sagesse paysane » tant vantée à une époque sombre de notre histoire commence à peser lourd dans le portefeuille des contibuables au travers des subventions versées à l’aide de nos impôts ou taxes, soit pour financer directement l’activité soit pour payer les pénalités consécutives aux dégats liés à l’activité (non confomité de la qualité de l’eau dont on voit les effets le long des côtes, par exemple)… Autant d’erreurs accumulées par quelques uns dans les choix de développement, surproduction, partout, qualité, nulle, part, forte pression sur l’environnement, détresse sociale des travailleurs dont les exploitations ferment les unes après les autres : triste bilan qui a tout à voir avec des erreurs grossières et bien souvent avec des choix de développement d’un cynisme rare : baser l’essentiel de l’activité d’une usine de transformation sur l’apport des aides à l’exportation, par exemple ! À l’autre bout de la planète des petits producteurs qui cessent leur activité, tués par cette concurrence déloyale et qui conduisent certains à tenter « la traversée » sur des embarcations dérisoires, au péril de leur vie…

    Il en est de même pour la pêche intensive qui a entrainé la disparition des ressources et en élargissant les zones d’exploitation, là encore a profondément affecté les activités locales.

    Scandale de la destruction des « portails Eco-taxe » surtout dans une région où les transporteurs locaux, plus particulièrement, bénéficient d’infrastructures de qualité, gratuites sur plusieurs centaines de km avec comme conséquence là encore de faire appel au contribuable pour éponger les dédits, sans parler des projets d’aménagement financés par cette taxe qui tombent à l’eau. Amélioration de la qualité de vie et emplois en berne !

    Le plus triste effectivement est que des politiques « affranchis » par leur seigneur approuvent ou en tout cas ne condamnent pas ces agissements, ils préfèrent souffler sur les braises espérant sans doute récupérer les fruits, en l’occurence, pourris, du mécontentement.

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