Ibrahimovic souffre du talon et tous les médias s’inquiètent de l’influence de cette blessure sur le destin européen du clubs qatari installé à paris. Une sorte de revanche de l’immigration puisque la grande vedette suédoise a des parents qui ont trouvé refuge dans ce pays accueillant pour celles et ceux traversant des difficulté dans leur propre pays. Zlatan est né d’un père bosniaque… musulman, qui émigra en Suède en 1977, et d’une mère croate catholique et peut-être qu’il a trouvé sa hargne, sa force dans cette situation pour le moins difficile. Des milliers de personnes à travers le monde peuvent envier cette réussite en cette période où on imagine mal un tel couple capable de dépasser ces différences ethnico-religieuses mais on oublie pour ne froisser personne de le rappeler. L’Europe se replie sur ce qu’elle croit être des certitudes et laisse mourir dans l’indifférence la plus totale des gens croyant en un Eldorado qui n’existe pas ! En Suède durant des décennies l’accueil des gens menacés, accablés ou pourchassés. Ailleurs on a toujours utilisé l’homéopathie pour soigner une crise terriblement grave.
Plus de 4000 migrants, dont 3000 en Méditerranée, sont morts cette année en cherchant un avenir meilleur dans un autre pays, a affirmé à Genève l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce nombre est en augmentation de… 70% par rapport à l’an dernier. L’intérêt des pays de l’UE n’a vraiment pas augmenté dans les mêmes proportions ! Bien au contraire.
Dans un rapport de 210 pages, « Voyages fatals », l’OIM affirme que depuis l’année 2000, au moins 40’000 migrants ont péri pendant leur exode. Le nombre réel serait beaucoup plus élevé, certains estimant que pour un corps identifié, il faut compter deux disparus. Sur ces 40’000 victimes, 22’000 sont décédées en essayant d’atteindre l’Europe. Entre l’an 2000 et aujourd’hui, 1500 ont péri en cherchant à gagner l’Australie, 6000 à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.
Depuis 1996, quelque 17% des migrants sont morts en traversant le Sahara. Et plus de 3000 dans le golfe d’Aden depuis 2006. Mais pour nous le chiffre qui ne cesse de croître est celui des migrants en provenance de l’Afrique subsaharienne représentent au niveau mondial le 30% des 4077 victimes cette année, devant ceux du Moyen-Orient (23%).
La route migratoire qui partait de l’Afrique vers l’île portugaise des Açores et celle qui traversait le Maroc ou l’Algérie à destination de l’Espagne sont aujourd’hui beaucoup moins fréquentées, les contrôles ayant été renforcés. C’est donc vers la Libye que converge maintenant l’essentiel de l’émigration clandestine africaine. Se retrouvent dans ce pays les Subsahariens venus de l’ouest de l’Afrique et ceux qui fuient la Corne de l’Afrique. S’ajoutent les Syriens qui tentent de fuir les combats meurtriers et des irakiens en proie aux exactions de Daesh. La Méditerranée devient une mer de la mort avec des bateaux de migrants tous plus pourris les uns que les autres, des navires de croisière pour retraités désireux d’oublier les climats hostiles de leur pays de résidence et elle est survolée par des avions de guerre.
Au cours des huit premiers mois de cette année, 112 000 migrants, dont en majorité des Syriens et des Érythréens, sont arrivés en Italie en traversant la Méditerranée, soit trois fois plus que l’an dernier, et 3072 ont péri en mer, contre 700 pour toute l’année 2013. C’est le chiffre le plus élevé depuis 25 ans ! Au cours des derniers jours, trois bateaux chargés de centaines de migrants ont sombré dans les eaux de la Méditerranée, le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) parle d’une « crise humanitaire sans précédent ». Depuis mercredi dernier, plus de 800 personnes seraient en effet mortes ou portées disparues. La terrible réalité n’émeut guère ces peuples obnubilés par leur train de vie et la préservation de leurs acquis sociaux et surtout hanté par la peur de ces malheureux que personne ne veut voir, entendre ou auxquels il ne faut surtout pas parler.
En proie à tous les trafics, déstructurée et livrée aux tribus qui furent autrefois esclavagistes, dénuée de toute véritable organisation militaire la Libye ne constitue plus un rempart pour l’Europe. Au contraire l’immigration devient une « richesse potentielle » pour des clans ou des exploitants de la misère humaine. Le trafic d’êtres humains rapporte chaque année 5 milliards d’euros aux mafias selon Interpol, soit leur troisième revenu après ceux liés à la drogue et aux armes. Ces nouveaux négriers sans foi ni loi ne reculent devant rien pour s’enrichir sur le sang des plus pauvres. On parle même de capture et de la torture de dizaines d’immigrants pour exiger des familles des rançons.
Jamais on a connu une telle situation aux portes de cette Europe qui dépense 2 milliards d’euros pour renforcer la surveillance de ses frontières… et on a oublié en France le fameux discours sur la coopération Nord Sud de Cancun. Mitterrand y fit l’un de ses premiers déplacements officiels le 20 octobre 1981 à l’étranger et y prononça un vibrant plaidoyer sur la nécessité de modifier les termes de l’échange entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement ; il y affirma la volonté de la France de contribuer activement au développement du Tiers Monde par la coopération : (…) « Il existe dans notre code pénal un délit grave, celui de non-assistance à personne en danger. Lorsqu’on est témoin d’une agression dans la rue, on ne peut pas impunément laisser le plus faible seul face au plus fort, tourner le dos et suivre son chemin. En droit international, la non-assistance aux peuples en danger n’est pas encore un délit. Mais c’est une faute morale et politique qui a déjà coûté trop de morts et trop de douleurs à trop de peuples abandonnés, où qu’ils se trouvent sur la carte pour que nous acceptions, à notre tour, de la commettre. » (…) La Méditerranée est leur cimetière et c’est aussi celui de nos valeurs républicaines ! Oui mais il y a le talon d’Ibrahimovic !