De source « généralement bien informée » (je sais que Coluche aimait bien cette expression) la situation sur les divers fronts où sont engagées les forces militaires françaises n’est guère confortable. Partout on assiste à une flambée de violence et de faits militaires pour le moins inquiétants. La Libye a sombré dans ses rivalités tribales, religieuses et d’intérêts financiers laissant le champ libre à toutes les reconstructions des bandes armées postés dans l’immense désert du Sud. Alors qu’au Mali on semblait avoir obtenu un calme relatif, les provocations meurtrières repartent de plus belle. En Syrie le jeu complexe de la Turquie pourrit le contexte; Au Nigeria personne ne bouge vraiment !
Attaques à l’engin explosif improvisé, tirs de roquettes, attentats meurtriers: les jihadistes signent leur retour en force dans le nord du Mali, d’où ils avaient été chassés en grande partie par une opération militaire internationale lancée par la France en janvier 2013. tout est à refaire ! Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a donc demandé au Conseil de sécurité d’envisager le déploiement d’une « force d’intervention rapide », ainsi que « la révision du mandat de la Minusma (Mission de l’ONU au Mali) et le renforcement de ses capacités et de ses moyens pour lui permettre de faire face au regain de violence sur le terrain ».
Selon le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, avec quelque 9.300 militaires et policiers, « la Minusma est en fait la principale présence internationale sur le terrain et une cible pour tous les fauteurs de troubles et jihadistes ». On monte encore d’un cran alors que par ailleurs il faut intervenir en Syrie, en Irak, au Nigéria contre des ennemis de l’internationale terroriste. Aurons nous les moyens humains et matériels de repartir dans ce combat usant et dangereux contre des ennemis insaisissables? La réduction des effectifs français de la force Serval initiée en janvier 2013 – qui a pris en juillet le nom de Barkhane, se transformant en une opération plus large de lutte contre le jihadisme au Sahel – et l’absence de l’armée malienne dans beaucoup d’endroits » du Nord, deviennent extrêmement préoccupantes. Les forces internationales comptent plus de 30 morts, dont 20 depuis début septembre, et des dizaines de blessés, victimes d’explosions d’engins artisanaux ou de mines, de tirs de roquettes ou d’attentats suicide. Tous les signaux sont à l’orange ou même au rouge vif ! Les autorités françaises en charge du renseignement extérieur s’inquiètent de la réouverture de vaste front face à des troupes réarmées et renouvelées depuis la Libye&nbsp. Ailleurs ce n’est pas mieux.
Même s’il ne s’agit que de frappes aériennes les nouvelles venant d’Irak et de Syrie n’incitent guère à l’optimisme. Les Kurdes, malgré leur courage reconnu de tous sauf des Turcs n’arrivent plus à endiguer les armées internationales de Daesh ! Ses combattants ont avancé dans Kobané et reçu des renforts en hommes et en équipements, malgré les frappes de la coalition internationale. Ces raids ont été jugés insuffisants par le Pentagone pour sauver cette ville kurde syrienne qui risque bien d’être abandonnée aux mains des terroristes.
Des centaines de combattants kurdes ont été tuées dans des combats de rues et surtout faute de matériel suffisant ! Malgré les raids des avions de la coalition dirigée par les Etats-Unis, les jihadistes ont avancé à partir de l’est en direction du centre de la ville en évitant les frappes. Ils deviennent, de l’aveu même de l’état-major américain, plus adroits dans l’utilisation des appareils électroniques et ils ne plantent plus de drapeaux, ne se déplacent plus dans de longs convois et n’établissent pas de quartiers généraux visibles et identifiables. Donc on va vite atteindre les limites des frappes aériennes. La Turquie a vite réclamé une intervention terrestre en sachant que personne ne veut y participer ! Au fil des jours la situation se complique et la lutte devient vraiment difficile et préoccupante !
Le Nigeria et ses voisins, qui ont par ailleurs débuté à Niamey, un sommet d’une journée consacré à la lutte contre le groupe Boko Haram. Quelque 700 soldats des armées du Niger, du Nigeria, du Tchad et du Cameroun composeront une force régionale dont la création avait été décidée en juillet…et qui attend toujours. Cette réunion se déroule, alors que rien ne semble pouvoir endiguer la montée en puissance de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, où le groupe menace désormais de s’emparer de la capitale de l’Etat de Borno, Maiduguri… Les fanatiques ont également pris le contrôle de plusieurs localités frontalières de l’extrême-nord du Cameroun, où ils multiplient les incursions… « Jamais, depuis l’accession à leur indépendance, la survie de nos pays n’a été aussi menacée par le terrorisme, par les forces de la division et par le crime organisé », a affirmé Mahamadou Issoufou dans son discours d’ouverture au Nigéria. Est-ce seulement valable chez lui ?