Dans la série des mystères ayant occupé le devant de la scène de la vie sociale, beaucoup ont donné naissance à des légendes ou à des contes pour enfants. Les « lutins », les « trolls », les « dragons », les « monstres cachés » avaient un avantage c’est qu’ils avaient peu ou prou une pseudo-existence charnelle. Même la science fiction a inventé des êtres surnaturels ou des objets volants non identifiés pour laisser libre cours à l’imagination des hommes. Et là brutalement dans le paysage médiatique apparaît un nouveau type de menace n’ayant rien de virtuel puisqu’il s’agit du « drone » avec un titre de feuilleton pour le moins à suspense intitulé « ces fous volants sur leur drone de machines ». Tout le monde est d’autant plus plongé dans la perplexité que le scénario semble parfaitement maîtrisé et orchestré afin de maintenir une psychose officielle au niveau le plus fort. L’impact des survols des centrales nucléaires prend de l’ampleur chaque jour puisque dans quelques jours, au rythme où vont les apparitions l’ensemble des équipements pourtant préservés par des règles strictes aura été approché.
Le dernier survol de cinq centrales nucléaires plonge les autorités dans l’embarras. Vendredi soir, entre 19 h et minuit, les centrales de Penly (Seine-Maritime), Flamanville (Manche), Saint-Laurent-des-eaux (Loir-et-Cher), Dampierre-en-Burly (Loiret) et Fessenheim (Haut-Rhin) ont chacune été « visitéesé du ciel, selon un mode opératoire qui se répète depuis plusieurs jours. Le ministère de l’Intérieur et la gendarmerie nationale n’ont pas souhaité commenter. Et EDF, également interrogée, n’a pas souhaité confirmer cette information. L’identité et la motivation des responsables de ces survols restent un mystère complet.
Jeudi soir déjà, Penly ainsi que Golfech avaient été survolées, vers 21 h, par des drones, tout comme sept autres centrales nucléaires en octobre. Des incidents « sans conséquences » selon EDF, mais qui soulèvent à nouveau la question de la sécurité des sites liés à l’atome. Greenpeace a appelé samedi l’Intérieur à « sortir du silence » et « arrêter de minimiser le risque ». Selon l’ONG écologiste, « un drone de taille moyenne peut porter une charge suffisante pour endommager le bâtiment de la piscine de stockage des combustibles irradiés », par exemple.
On est donc visiblement non pas dans une opération maîtrisée, organisée et sciemment programmée constituant éventuellement une première étape menaçante pouvant déboucher sur des événements d’un risque supérieur. Il est vain en effet de croire que le « risque zéro » dans tous les secteurs et dans tous les domaines n’existe pas. L’homme a inventé et créé les drones afin justement de pouvoir agir sans mettre en jeu des vies humaines autres que celles que vise le pilote de ces engins qui, rappelons le peuvent être dirigés, pour les plus sophistiqués, à des milliers de kilomètres de leur lieu d’intervention. Faute d’information suffisamment précise sur ces objets volants non-identifiés il est déjà très difficile d’extrapoler sur les auteurs de cette action non revendiquée. Il faut alors laisser vagabonder son intuition à partir de quelques repères simples.
D’abord la multiplicité des survols simultanés dénote des moyens financiers, technologiques et humains conséquents. Il y a donc derrière une « organisation » parfaitement entraînée et dotée d’un plan précis d’interventions. Ce ne peut pas être un individu ou deux qui pilotent cette opération ayant certainement deux buts : intimidation à caractère « mafieux (pourquoi pas une revendication secrète de rançon à EDF) ou « idéologique » (contre partie à venir sur des terrains intérieurs ou extérieurs). En fait le système est pris à son propre piège puisque les drones permettent d’agir sans se mettre à visage découvert. C’est encore plus compliqué que de dénicher un hacker s’en prenant à de grands sites informatiques. Or la démarche est là même. Si aucun système ne permet sur le terrain militaire d’empêcher un drone réputé « ami » de voler, il faut admettre que le déclinaison criminelle civile est donc possible.
Ensuite, une formation et un entraînement spécifiques sont absolument nécessaires pour faire évoluer ces engins dans un contexte aussi surveillé que les centrales nucléaires. Il existe des organismes proposant sur internet permettant de devenir « télé-pilote professionnel » en peu de temps avec la mention mission « artistique ou technique » ce qui permet d’affirmer que l’on retrouve les principes ds attentats du 11 septembre où les « terroristes pilotes » avaient pu recevoir les éléments clés leur permettant de prendre en mains un avion. D’autant que désormais des simulateurs très perfectionnés dans ce domaine comme dans celui des drones existent sur le marché également via internet.
Enfin bien qu’encore peu connue, l’utilisation des drones dans tous les secteurs de l’industrie ouvre des perspectives inédites qui sont simplement exploitées à des fins articulières dans cette action. Des constructeurs aux opérateurs, la filière est en plein essor. L’Usine Nouvelle a consacré un dossier à l’incroyable potentiel des drones civils. Leurs applications dans de nombreux secteurs de l’industrie se développent à grande vitesse : surveillance des lignes aériennes, des voies ferrées, des cultures, des forêts (les pompiers des Landes en ont) des lieux naturels inaccessibles… Il existe même un logiciel Mach 7 qui pourra donner en temps réel les plans de vols des objets volants de plus plus en plus performants. Alors quel que soit le résultat des enquêtes en cours, on sait désormais avec certitude, c’est la seule, que la sanctuarisation des centrales nucléaires relève du mythe !