"Hobamallande" la nouvelle maladie qui tue !

A maintes reprises, François Hollande a annoncé qu’il allait inverser la courbe du chômage, relancer la croissance quand au niveau européen tout le monde espère un taux d’inflation avoisinant les 2 %. tout irait mieux pour les pouvoirs politiques si ces 3 paramètres étaient réunis. Il est un pays dans lequel le Président a réussi pareilles prouesses avec le concours de la banque centrale : les Etats-Unis. Le nombre des demandeurs d’emploi est passé en dessous de 6 % ce dont peut rêver l’Elysée même si les causes sont très factuelles.
Le taux de chômage a atteint en effet un plus bas depuis 2008 en septembre, s’établissant à 5,9%, il faut toutefois noter que la part de la population ayant un emploi ou en cherchant un est tombée à 62,7%. Un repli qui s’explique par des départs en retraite, mais aussi par le découragement de nombreux chômeurs qui cessent leurs recherches.
Par ailleurs la croissance américaine est repartie sans effets sur la totalité de la population ? Non, de l’aveu même de la présidente de la Banque centrale américaine. « L’ampleur des inégalités aux Etats-Unis et le fait qu’elles continuent à se creuser m’inquiètent beaucoup », a déclaré le 14 octobre dernier lors d’une conférence sur les inégalités à la Réserve fédérale de Boston. Selon une étude « aux États-Unis, les 1% les plus riches ont confisqué 95% de la croissance post-crise financière depuis 2009, tandis que les 90% les moins riches se sont appauvris ».
La hausse des prix sur un an s’est élevée à 1,4% ce qui est convenable même s’il y a un tassement en cours. En fait quand on cumule l’ensemble de ces paramètres, tous supérieurs à ceux de la France, on se dit qu’Obama a rempli son contrat quand ailleurs on patine, on sombre ou on navigue à la corne de brume.
François Hollande bâtit sa stratégie électorale sur la réussite de sa politique économique et il se voit annoncer au pays une amélioration du même type car il est persuadé que c’est ce qui peut lui permettre de repartir en 2017. Or l’impopularité d’Obama, son sévère échec électoral avec la perte du Sénat, le dédain des électrices et des électeurs pour les mesures sociales prises en faveur des plus fragiles devraient au minimum interpeller les éminents spécialistes des analyses électorales à l’Elysée. En fait la défaite des démocrates a bel et bien été politique et en aucune façon économique.
Les deux sujets qui avaient fait élire Barack Obama – la paix et la prospérité – sont ceux qui ont causé sa défaite. En 2008, les Américains le jugeaient beaucoup plus apte que son adversaire John McCain à traiter les grands dossiers économiques (écart de 18 points). Les républicains affichent un avantage de 10 points aujourd’hui ! Un comble, quand on se souvient qu’ils ont paralysé le pays pendant deux semaines l’an dernier, en refusant de voter le budget ! Mais les Américains en veulent surtout au président, pour toutes les promesses qu’il n’a pas tenues (tiens donc) : il avait juré d’enrichir les classes moyennes (tiens donc), de lutter contre le changement climatique (tiens donc) et de mater les « voyous » de la finance (tiens donc). Il n’a finalement pu imposer aucune des mesures promises lors de sa réélection.
Malgré une croissance solide, les salaires restent inférieurs à ceux d’avant-crise (– 8 % pour la médiane). La Maison- Blanche avait fait miroiter une augmentation de 25 % du salaire minimum et elle n’a rien fait bouger. En fait les démocrates incapables de prendre une décision collective autour des engagements présidentiels ont coulé définitivement leur parti…
Impossible de ne pas faire un parallèle avec le discours du Bourget de Hollande et l’action concrète de la majorité présidentielle. Les Etats-Unis avaient envie d’une leader et ils ont découvert qu’ils avaient un « joueur de golf sympathique » refusant de prendre des décisions attendues : bombardements en Syrie, fermeture de la prison de Guantanamo, intervention beaucoup plus rapide face aux terroristes. Il n’a donc même pas mobilisé son propre électorat qui attendait une autre dimension dans la gouvernance présidentielle. La défaite sera donc imputée au Président !
Perdre le Sénat, Hollande l’a fait. Perdre les élections locales il est bien parti pour y parvenir. Les candidats démocrates n’ont jamais pu faire barrage localement aux attaques en rafales contre Barack Obama. Pour la presse américaine, cette défaite est donc bien avant tout celle du président. The New York Times, quotidien de centre gauche, estime en sous-titre que les résultats signent le « rejet de Barack Obama » et brosse le portrait d’un président qui va devoir « se battre pour garder un peu d’importance ». Il se retrouve en situation de cohabitation après une « dissolution » institutionnelle de sa majorité au Sénat. Il lui reste 2 ans avec un seul avantage : lui n’a pas à se préoccuper de sa réélection !

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