Il existe des secteurs économiques dont le politique préserve sciemment les profits alors que tous les rapports plus ou moins secrets attestent qu’ils vendent ou diffusent des produits mettant en danger la vie humaine. Et s’il en est un qui devient dangereux c’est bel et bien celui des pesticides. Au nom du rendement et de la nécessité de nourrir une planète de plus en plus peuplée avec de moins en moins de terres arables on autorise l’empoisonnement avéré des gens dont on prétend améliorer le sort. Le secteur des semences et pesticides chimiques est devenu un oligopole dur qui tire des profits colossaux de sa capacité à augmenter les rendements agricoles et à développer les quantités de produits agricoles que la Terre peut produire. Ses produits phares sont les pesticides chimiques et les semences provenant d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Il exploite au maximum la puissance de ses lobbies via un système rodé, celui des agréments de mise sur le marché. Ayant les moyens de financer des études d’impact ils en orientent les résultats face à des contrôles publics disposant de moyens humains et techniques insuffisants.
L’introduction massive dans la production agricole des Organismes Génétiquement Modifiés a constitué pour les plus grands trusts mondiaux une supercherie rentable puisqu’ils ont réussi à vendre des solutions artificielles à des problèmes pouvant être réglés par la nature elle-même. Des pans entiers de la recherche ont été orientées vers la fabrication alors que la régulation devait être encouragée par la puissance publique. En termes quantitatifs, les OGM sont en effet un succès indiscutable, dans la mesure où ils sont utilisés par plus de 25% des fermes mondiales soit 17,6 millions d’agriculteurs. Aux USA notamment, 60 à 70% de produits fournis par l’industrie agroalimentaire contiennent des OGM. C’est inquiétant dans le cadre des accords en cours de discussion sur les échanges commerciaux puisque le culte mondial du libéralisme va peser sur les interdictions éventuelles !
D’ailleurs sans aucun soutien médiatique comme c’est l’habitude des mouvements se créent en Europe et dans le monde pour tenter de s’opposer à ces catastrophes humaines annoncées. Ils appellent encore pacifiquement les institutions de l’Union européenne et de ses pays membres à arrêter les négociations avec les Etats-Unis sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP ou TAFTA) et à ne pas ratifier l’Accord Economique et Commercial Global (CETA) avec le Canada. Peu de monde en parle et quelques collectivités ont pris des positions de principe dans l’indifférence des populations.
Le mouvement anti-TAFTA veut empêcher que soient conclus ces accords dangereux car ils contiennent plusieurs points critiques tels que le règlement de conflits investisseurs-Etats et de règles sur la coopération réglementaire qui constituent une menace pour la démocratie et l’État de droit. Il veut combattre en faveur des droits au travail, des normes sociales, environnementales, de protection de la vie privée. Ses membres refusent que les services publics (tels que ceux liés à l’eau) et le patrimoine culturel soient dérégulés dans le cadre de négociations non transparentes. Et derrière les textes on trouve de vrais problèmes de santé publique car par exemple les OGM sont soupçonnés de favoriser certains types de cancers et d’être néfastes pour la biodiversité, puisqu’ils semblent être responsables, entre autres, de la disparition de certaines espèces d’insectes. Le libéralisme économique reposant sur la facilitation de la consommation va tenter d’accentuer indirectement l’introduction de clauses de libre -échange catastrophiques.
Alors que l’on tente d’imposer les OGM comme solution unique à la nécessité de produire mieux l’état actuel des connaissances en génétique permet d’identifier rapidement parmi les bactéries existantes, celles qui pourraient être utilisées efficacement comme pesticides naturels. Le marché de ces pesticides naturels est estimé aujourd’hui à deux milliards de dollars contre 54 milliards pour les pesticides chimiques. Il appartient donc au secteur public de légiférer de toute urgence pour que l’on assiste pas à une main mise totale des grands trusts avides de profit sur ces nouvelles technologies souvent portées depuis des années par de petites entreprises auxquelles on refuse les agréments au nom… de la protection de l’environnement et de la santé publique. Il appartient au politique de réglementer et non pas de signer des chèques en blanc destructeurs de l’avenir. Lui et lui seul est à même de déterminer les bonnes normes de qualité et les faire respecter. Il doit mettre au point la stratégie publique qui permettra de nourrir le plus de personnes de façon respectueuse de l’environnement et sans risque sanitaire de long terme. On peut encore rêver !