C’est fait je ne suis plus depuis quelques heures secrétaire général adjoint de l’association des Maires de France. Je ne parlerai plus en leur nom du sport et surtout de la vie associative ! Je pars avec un certain regret car le travail qui reste à mener aurait été passionnant ! Dans le secteur du sport les relations avec les fédérations vont devenir problématiques en cette période de crise économique ! Leur folie des grandeurs permanente qui les conduit à multiplier les normes, les règlements, les contraintes sur les équipements et les clubs de base va à terme conduire les communes â refuser de jouer le rôle de vaches à lait !
J’aurais demandé un vrai moratoire sur les ukases mis par des organismes délégataires de l’état et qui constituent désormais une vraie menace pour le sport organisé ! Faire une piste cyclable, un City stade, un parcours de santé, aménager des sentiers de randonnées pédestres, faire des bassins ludiques de natation ou créer une salle de sports de loisirs devient infiniment moins compliqué et surtout bien moins cher qu’aménager un terrain de foot synthétique de compétition, une salle de sports collectifs ou une piscine officielle de 25 m ! À force d’imposer et surtout de changer les références fédérales on va dans le mur et un transfert des crédits vers des activités libres de loisirs ! Qu’est-il plus facile : mettre une route à disposition pour un marathon ou créer une piste d’athlétisme pour licenciés ? Et en plus désormais un stade à vocation scolaire conforme aux instructions officielles de l’éducation nationale ne convient pas pour les activités des clubs !
Il reste aussi à clarifier le rôle du CNDS organisme ruiné sous le mandat Sarkozy pour financer les grands stades et les Arenas ! Des dizaines de millions d’euros ont été engloutis à crédit comme à su le faire le gouvernement précédent pour des équipements ne servant qu’au sport professionnel ! Il manque plus de 30 000 lieux de proximité pour la pratique sportive et en Aquitaine seulement une demi-douzaine trouvent grâce chaque année auprès des financeurs du CNDS et pour des montants faibles ! Le retrait des conseils généraux de ce secteur d’investissement va provoquer une crise grave qui ne résorbera qu’avec une séparation ferme entre les collectivités et le financement du sport  » pro »tant pour ses stades ou salles que pour ses manifestations ! Il est actuellement impossible pour les maires dont j’ai été au sein du conseil national des sports (CNS) de se faire entendre face au lobby des ligues nationales et des fédérations ! Une place plus forte et plus en relation avec le rôle des collectivités territoriales dans le financement doit être obtenue très rapidement ! Le divorce sera autrement vite inexorable !
Le secteur de la vie associative l’année 2015 sera décisive ! La diminution des soutiens publics indispensables à la survie de la spécificité citoyenne française va faire des ravages ! Rien n’y fait ! Tout le monde est sourd ! J’ai activement participé à la convention type « État-collectivités territoriales-associations » adoptée le 14 février dernier est comme tous les textes nationaux resté lettre morte dans les départements ! Les Préfets n’en savent rien et aucune vraie initiative n’a été prise ! On attend le crash pour réagir ! Il faudra beaucoup de motivation à l’AMF pour relancer cette politique conventionnelle pourtant essentielle . La mise en œuvre de la distinction entre « service d’intérêt général économique » ou « non économique  » va lourdement peser sur le système des subventions ! Le principe européen de la « concurrence libre et non faussée  » à tué les services publics en France ! Il va détruire une grande part de l’économie sociale et solidaire faute de protocoles rapides entre collectivités et système associatif ! Ce sera en 2015 ou ce sera trop tard ! C’est un chantier essentiel que j’aurai bien voulu terminer mais nul doute que les jeunes sauront le boucler mieux que moi ! C’est ainsi car la valeur rappelons le ne correspond pas au nombre des années puisque on est toujours trop vieux pour agir !