Où faudra-t-il en arriver pour que la cour pénale internationale entame une procédure d’urgence de poursuites à l’encontre des chefs identifiés de Daesh pour « crimes contre l’Humanité ? Qui aura le curage de lancer une démarche judiciaire permettant si, un jour l’un d’entre eux était capturé il soit traduit devant le CPI à la face du monde comme l’on était des figures emblématiques de l’horreur institutionnalisée ? La définition est pourtant on ne peut plus claire. Les crimes contre l’humanité incluent des actes commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque. La liste de ces actes recouvre, entre autres, les pratiques suivantes : meurtre, extermination; réduction en esclavage; déportation ou transfert forcé de population; emprisonnement, torture ; viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, persécution d’un groupe identifiable pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste, disparition forcée de personnes, crime d’apartheid, autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale. La liste correspond en tous points aux comportements inhumains des barbares invoquant de pseudos raisons religieuses mais il semble que rien en soit fait en ce sens !
Or l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a pu documenter l’exécution de 1878 personnes aux mains de l’État islamique en Syrie depuis l’annonce de son «califat» le 29 juin jusqu’au 27 décembre. L’ONG qui dispose d’un large réseau de sources civiles, médicales et militaires mais serait-elle suspecte car elle est… syrienne ? N’est-on pas en mesure via les services de renseignements de confirmer ou d’infirmer ces statistiques de la mort ? . Ces victimes ont été abattues par balles, décapitées ou lapidées jusqu’à mort dans les provinces de Deir Ezzor, Hassaka, Raqa, Alep, Homs et Hama, d’après l’Observatoire. Sur les 1878, 1175 sont des civils dont quatre enfants et huit femmes. Parmi eux figurent 930 membres de la tribu sunnite des Chaïtat, qui s’est rebellée contre Daesh durant l’été dans l’est de la Syrie. En outre, le groupe extrémiste a exécuté 502 soldats et miliciens pro-régime lors de combats ou après les avoir enlevés. Et la liste ne s’arrête pas là !Il a également tué 120 de ses propres membres ayant tenté en majorité de fuir pour revenir dans leur pays et 80 rebelles syriens et membres du groupe rival le Front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda.
L’OSDH estime que le nombre réel des personnes exécutées est supérieur à 1878 en raison de la présence de centaines de disparus dans les geôles des barbares. D’après des analystes, les exécutions par les jihadistes, souvent filmées et diffusées sur internet, visent à terroriser les civils et les groupes qui tentent de se rebeller contre eux, mais aussi à attirer de nouveaux jihadistes dans leurs rangs. Un entrefilet de temps en temps et on se tait ! Autant on a vu les « donneurs de leçons » bronzés, cheveux au vent, chemise blanchie aux lessives occidentales,se démultiplier pour les situations en Libye ou ailleurs, autant là aucune initiative n’est prise pour saisir la CPI qui pourrait déjà commencer à instruire les dossier des irresponsables criminels passant pour des héros aux yeux de certains esprits. Et si tous ceux qui prêtent leur main criminelle étaient systématiquement inculpé de complicité de crimes contre l’Humanité et mis au même rang que les nazis ou les fascistes on aurait dans l’opinion une vison plus claire de ce que cache la haine religieuse exacerbée !
Je sais parfaitement que c’est dangereux d’écrire sur ce sujet et surtout de prendre la parole pour se révolter face à ces actes que l’on peut compléter par des milliers de viols, des centaines de « mises en esclavage sexuel ou économique », par des destructions massives des traces d’autres religions que la leur... – Un État Partie peut pourtant déférer au Procureur une situation dans laquelle des crimes relevant de la compétence de la Cour paraissent avoir été commis (art. 14). Une même situation est également déférée au Procureur par le Conseil de Sécurité agissant en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Le Procureur lui-même a la possibilité de décider d’ouvrir une enquête sur un tel crime (art. 15). Des organisations internationales, des individus, des organisations non-gouvernementales ou encore des États qui ne seraient pas parties au Statut de la Cour peuvent donc tenter de prendre contact avec le Procureur et essayer de le persuader d’initier une enquête ou des poursuites. Des démarche sont en cours depuis 3 ou 4 mois par diverses associations mais le poids des grands États devient indispensable pour que la CPI hâte un peu le pas…En fait on a une sentiment dévastateur d’impuissance qui ressemble étrangement à celui de la fin des années 1930 en Europe !