Le nombre de victimes mortelles d’accidents de la route en 2014 a augmenté entre 120 et 140 personnes par rapport à 2013. En 2013, un recul de 10,5% du nombre de tués avait été une étonnante surprise, et même un record depuis 1948. 3 268 personnes avaient tout de même péri, mais le gouvernement arborait un optimisme peut-être trop précoce en prévoyant d’abaisser ce chiffre à 2000 d’ici 2020… et il revient sur ses décisions sans cesse plus restrictives. Voici quelques pistes émises : le fait d’ôter les panneaux avertisseurs de radars, l’interdiction absolue de téléphoner au volant même en Bluetooth et pour finir une limitation de vitesse revue et corrigée à 80 km/h (90 km/h actuellement) sur le réseau secondaire hexagonal... En fait comme chaque fois qu’intervient une statistique défavorable on se rue immédiatement sur des mesures restrictive immédiates en oubliant totalement qu’aucune loi ne peut modifier rapidement les comportements individuels. Chaque fois on met en évidence des mesures matérielles qui certes sont utiles mais qui n’interviennent pas toujours favorablement sur les automobilistes.
Ainsi durant ce mandat de conseiller général il n’y a jamais eu autant de crédits dépensés sur le canton de Créon pour améliorer le réseau routier sur les axes principaux entre les domiciles et les lieux de travail. Au total ce sont près de 5,5 millions d’euros en 6 ans qui ont été investis pour reprofiler, élargir, sécuriser, dévier des routes réputées « dangereuses ». Il y a une semaine 4 personnes dont 3 jeunes perdaient pourtant la vie dans des accidents et aussitôt resurgissaient les grandes déclarations électoralistes sur l’état de la route empruntée. En fait sans attendre les conclusions d’une enquête délicate on exprime une « vérité » toutes faites : l’automobiliste est toujours une victime de circonstances indépendantes de son propre comportement. C’est vrai dans certains cas et nul ne songe à le nier mais l’essentiel demeure la défaillance humaine avec le non-respect des règles de la mobilité partagée. On se comporte en fait sur la route tel qu’on se comporte dans la vie ! La faute est souvent, trop souvent celle des autres !
Les politiques refont pour des centaines de millions d’euros des revêtements routiers parfaits, effacent des virages ou font tourner en rond des flux routiers ne devant plus se croiser pour constater que les parcours sécurisés incitent à accélérer à se sentir moins en danger et donc à braver les limitations, les priorités, règles élémentaires de prudence. Ces travaux provoquent partout des pétitions des riverains qui réclament pour les autres des panneaux, des ralentisseurs (c’est devenu la demande essentielle des maires pour les subventions) ou des chicanes. Le plus étonnant quand on est dans une réunion d’élus c’est ce flot de récriminations suivant une opération d’amélioration des routes comme si aucun d’entre eux prenait le volant ! « Les automobilistes traversent trop vite ou ne respectent pas le 50 ou le 70. Il faut des limitations plus strictes. Les gendarmes ne sont pas assez sévères » expliquait récemment un maire à une table avec sous-Préfet, gendarme, député et élus départementaux. «  Je viens des faire un stage expliqua alors le parlementaire pour récupérer 4 points et pouvoir continuer à conduire ! » en illustration du hiatus existant entre les comportements et les pratiques. Pour certains la puer de la maréchaussée existe alors que pour d’autres elle passe après l’état d’esprit voulant que l’on se considère peu ou prou comme au-dessus des lois dès que l’on a un pied sur l’accélérateur.
Quand on sait que 75% des victimes de la route sont des victimes locales, piétons ou occupants d’un véhicule immatriculé dans le département. On constate aussi chaque jour un pic de mortalité routière vers 18h à l’heure des trajets domicile/travail. C’est donc sur les routes que l’on emprunte quotidiennement que le risque routier est le plus élevé, l’habitude entraînant une baisse de vigilance et le non-respect des règles. Dans un lotissement ou une traversée de village plus de 85 % des personnes sanctionnées pour excès de vitesse habitent à moins de 5 kilomètres de l’endroit où elles sont arrêtées ! La réalité est là et pas dans de grandes théories ! Sur les 4 victimes de ce début d année sur le canton elles étaient pour les unes à moins d’un kilomètre de chez elles et pour l’autre sur son trajet quotidien entre son boulot et sa maison. Un contrôle d’alcoolémie ne concerne pas nécessairement des gens venus d’ailleurs et les piétons fauchés ou les cyclistes renversées le sont dans leur quotidien !
Le trajet de moins d’un kilomètre d’un gamin allant à l’école sur le siège avant de la voiture de sa mère u son père est infiniment plus dangereux qu’un cheminement piéton ou vélo sécurise et bien meilleur pou sa santé ! Mais ces statistique là n’intéressent pas grand monde et on ne les cite jamais sur le Créonnais ou ailleurs !