CANTONALES.- Fin de la période de vœux très contrastés

Le mois de janvier s’achève… et avec lui s’estompent les cérémonies ou les rencontres autour de la présentation des vœux du nouvel an ! C’est une période que j’aime bien car elle permet à un élu d’écouter des dizaines de discours différents et de rechercher quelle est la « température » du moment. Bien évidement selon celle ou celui qui propose sa vision de 2015 l’avenir n’a pas la même couleur puisqu’il peut aller du rose vif au gris le plus foncé. La tonalité diffère selon le rôle social de celui qui délivre ses souhaits de « bonne et heureuse année »… mais partout les épisodes tragiques ont fortement influencé tous les propos.
Un constat : personne ne remet en cause ouvertement la nécessité du rassemblement national pour faire face aux menaces sur le liberté. Et tous les maires de gauche en particulier. Il n’y a eu que l’un d’entre eux pour taper sans vergogne sur les musulmans et pour exiger le rétablissement de l’ordre. Il a fait fuir la moitié de la salle… dès le dernier mot prononcé ! En scrutant le public lorsque les élus locaux affichaient leur appui résolu au gouvernement et aux forces de gendarmerie ou d police, j’ai pu cependant constater de la gêne et même ou m’apercevoir que certains regardaient leurs chaussure ou donnaient dans la moue dubitative. Le vote Front national se prépare. J’en suis certain. Il n’a pas disparu car il y a des silences ou des visages fermés qui en disent plus long que les exagérations Bleu marine. L’immigration reste le terreau sur lequel vont pousser ds milliers de voix. Ce n’est pas réaliste, ce n’est pas républicain, ce n’est pas fraternel, ce n’est pas audible mais c’est profondément ancré dans certains esprits.
Encore une fois les cantonales seront tributaires de phénomènes n’ayant absolument aucun lien avec l’objet réel du vote : le maintien ou la disparition programmée de solidarité humaine ! Le pourrissement de la société par des propos à l’emporte-pièce, depuis des décennies, venant de la Droite dans son ensemble est irréversible puisque une très grand majorité de personnes renonce à répliquer ! L’indifférence face à la banalisation du FN constitue un poison mortel pour les valeurs de gauche ! On fait comme si…et on baisse même les yeux quand un élu ose taper sur les manquements aux principes républicains. Les médias parisiens, les seuls qui comptent,viennent d’ailleurs avec le prix décerné à Steve Briois d’ouvrir une brèche dans l’une des digues. Le FN jubile car il est à ala fois dédiabolisé et à la fois martyrisé : il ne peut pas rêver meilleure promotion !
Pas un élu n’a pas annoncé des projets, des réalisations, des initiatives comme si demain serait radieux sur le plan financier. La très grande majorité des collectivités sont encore en bonne santé financière (les communautés de communes pourtant présentées comme les planches de salut sont par contre en difficulté). Les nouvelles équipes (45 % environ en Gironde) ne veulent pas encore vouer qu’elles ne pourront pas réaliser tout ce qu’elles avaient annoncé il y a un an ! Les vœux de 2016, j’en prends les paris seront beaucoup moins flamboyants… car partout on annonce le même objectif : « ne pas augmenter la fiscalité ! » et « faire mieux avec moins ! ». En fait on sent bien que certains secteurs vont vite trinquer : le milieu associatif qui lui a des vœux plutôt grisâtres et les services qui vont renchérir ou se raréfier.
A droite on vise le « social » mais avec prudence. Il y a une arrière-pensée inavouable : s’approcher d’une manière discrète de la théorie de la solidarité réservée aux Français ! C’est sous-jacent de propos du genre « rationaliser » ou « réviser » ou « restructurer ». Autant chez certains on loue dans les discours « le personnel communal » ou « les fonctionnaires territoriaux » autant ailleurs ils ont été oubliés. On sent bien que les « fonctionnaires » portent l’étiquette du prêt à porter idéologique populiste. Seuls les pompiers, les gendarmes et à un degré moindre les enseignants figurent dans les discours communaux. Pour les autres on sent bien que la cote est en baisse !
J’ai entendu seulement une dizaine de fois les mots « laïcité » ou « laïque » et encore moins souvent « République » ou « républicain ». ils ont disparu comme éléments de langage au fil du mois comme si la barbarie sectaire était loin derrière nous. Ne parlons pas de « citoyen » ou de « citoyenneté » pour lesquels il fallait bien tendre l’oreille pour s’en offrir un !
Bref des cérémonies avec parfois très peu de monde et parois beaucoup : la vitalité du lien social dans un territoire se repère aisément à l’affluence réelle. En examinant les assemblées on remarque que les institutionnels sont parfois plus nombreux que les « vrais habitants «  ou même « les élus ». Un lien affectif, s’il existe, améliore grandement la fréquentation. C’est une nouvelle dimension de la politique !

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