Il y a plusieurs manières de soutenir l’emploi sur un territoire et malheureusement il n’y a pas de recette toute prête tant les contextes sont différents. Il faut pour chaque collectivité territoriale de faire un choix de base et de s’y tenir. La loi Notr va modifier la répartition des compétences et confier aux régions (c’est une certitude maintenant) le développement économique ce qui paraît logique dans la situation actuelle. Il lui appartiendra de soutenir les filières et de mettre en place des stratégies en la matière ce que ni les communes, ni les communautés de communes, ni les départements ont les moyens d’assumer. En fat c’est là que le lien entre régions et Europe devient essentiel dans le nouveau paysage territorial. Il faut en effet laisser au bloc dit communal et aux nouveaux conseils départementaux le soin d’œuvrer ensemble sur ce que l’on peut appeler l’économie de proximité, la plus durable car souvent non délocalisable.

On ignore ainsi que le Conseil général de la Gironde a mis en place un document cadre en matière de développement de l’activité commerciale (ODAC 33) afin d’avoir des références objectives sur les positions à prendre vis à vis des demandes de moyennes et grandes surfaces. C’est un acte politique fort mais par toujours bien compris des élus locaux et des grands groupes d distribution ou les grands opérateurs immobiliers. La structure commerciale du département de la Gironde est fortement polarisée autour de ses trois grands bassins de population et d’emplois. Il faut savoir avant de faire des déclarations tapageuses que la métropole bordelaise actuelles concentre 60% des 24.000 commerces girondins dont les 2/3 sur des ensembles ou linéaires commerciaux structurés de plus de 50 commerces… et que de grands projets (centre de Bordeaux entre la rue Porte Dijeaux et la rue Sainte Catherine pour 125 000 m²) se profilent encore.

Le Bassin d’Arcachon – Val de l’Eyre et le Libournais, qui accueillent respectivement 12% et 10% des commerces du département, et représentent des bassins commerciaux structurants et diversifiés. On arrive sur ces 3 zones à près des ¾ des surfaces ouvertes ce qui laisse des territoires en revanche mal dotés. Le Sud Gironde, de la Haute Gironde et du Médoc présentent une structuration commerciale beaucoup plus diffuse, où le commerce s’organise principalement sur de petites et moyennes centralités. Plus de la moitié des commerces de ces territoires s’organisent ainsi sur des linéaires ou regroupements de moins de 20 commerces.

Le Créonnais est dans cette catégorie avec seulement 3 pôles bien structurés mais à taille humaine sur Créon-La Sauve, sur Fargues Saint Hilaire et sur Camblanes. Leurs zones de chalandise restent restreintes et ils ne peuvent pas rivaliser avec les centres habilement placés en leur temps à la limite administrative de la CUB (Bègles, Bouliac) ou sur une commune limitrophe (Sainte Eulalie).

Le conseil général, après une analyse de ses services, prend position en conférence des vice-présidents sur les nouvelles implantations et surveillent étroitement la compatibilité avec le maintien d’un vrai commerce de proximité dans les centres bourgs. Le plan départemental vise à d’abord veiller à ce que les équilibres territoriaux soient respectés. Grâce au dispositif CREAGIR le Conseil général soutient la création d’activités ou la reprise de celles qui sont à transmettre. Sur le canton de Créon c’est une cinquantaine de situations de ce type qui ont été soutenues permettant de créer ou de maintenir plus de 70 emplois dont 85 % existent plus de 5 ans après !

Bien évidemment c’est moins spectaculaire que d’autres politiques mais c’est essentiel pour le Créonnais.Dans le cœur des villages (Cénac, Créon, Sadirac, Fargues, Tresses, Pompignac ou de manière plus diffuse) des petits commerces ont été « sauvés » grâce à ce processus qui a une déclinaison dans le secteur de l’agriculture pour les jeunes. En 2014 et même en ce début 2015 ce sont plus de 50 000 euros qui ont été par ailleurs alloués aux viticulteurs en difficulté à cause des aléas climatiques.

Cette action publique qu’il faudrait conforter par environ un 2 000 emplois touchant aux services à la personne (public et privé) tant pour l’enfance (crèches, halte-garderie), au handicap, au maintien à domicile (CCAS, associations, réseaux privés) ou aux établissements spécialisés (10 EHPAD) repose sur des financements sociaux du Conseil général. Comme il est extrêmement difficile de l’expliquer aux électrices et aux électeurs dans un bilan… on se contentera de rester sur des généralités approximatives qui renforce le populisme et le vote FN. Dans l’intérêt de qui ?