CANTONALES.- L'insertion face immergée de l'iceberg RSA

A chaque campagne électorale, depuis bientôt de décennies revient inexorablement, sous forme de sous-entendus, de propos ambigus ou de déclarations tapageuses la place de la solidarité humaine dans la vie collective. Les expressions « action sociale », « suivi social », « aide sociale », « logements sociaux », « cas sociaux »… constituent des repoussoirs politiques tellement circulent de poncifs entretenus par le monde libéral. Quand Michel Rocard en 1988 soit il y a maintenant 27 ans propose la création d’un revenu minimum d’insertion il déchaîne des passions. Son splendide discours d’investiture tourne autour du RMI et en voici un extrait d’une brûlante actualité : «  L’espoir c’est aussi permettre à ceux qui sont les plus durement frappés, que notre société laisse partir à la dérive, que la marginalité guette, d’avoir droit à une deuxième chance. Tel est le sens profond du revenu minimum d’insertion. Instaurer un droit au revenu minimum est une innovation d’une portée considérable. Après la création de la sécurité sociale, puis sa généralisation, après l’instauration du minimum vieillesse et des allocations chômage, c’est construire le dernier étage, franchir la dernière étape. Qu’on y songe, notre pays a déployé des décennies d’efforts pour lutter contre la pauvreté, contre le dénuement complet. II entreprend maintenant de les attaquer avec une vigueur nouvelle. II n’est pas digne de notre passé, ni concevable pour notre avenir, que tant de gens survivent dans la misère et se voient rejetés aux franges d’une société qui les frappe d’exclusion sans appel. La solidarité n’est pas la bonne conscience de la modernisation, elle est la condition de sa réussite. Parce qu’elle donne tout son sens au respect de l’autre, au respect de la dignité humaine (…) » Sont-ce des propos de gauche? A-t-on à rougir de les reproduire ? Qui a mis ses actes en accord avec ses paroles ? Que doit-on changer à cette déclaration près de 3 décennies plus tard ? En remet-on en cause les constats? Je partage absolument, chaque mot, chaque phrase, chaque fondement de cette présentation de la solidarité humaine plus que jamais essentielle.
Les Conseils généraux furent vite associés à cette création et plus encore au financement des sommes distribuées par la Caisse d’Allocations familiales. Le temps a passé et le RMI s’est muté en RMA décentralisé en 2004 et en RSA avec un élargissement des effets et des bénéficiaires selon les textes de 2009. Et bien évidemment les commentaires pleuvent depuis très longtemps sur cette allocation qui suscite la « haine ou le mépris » vis à vis de certains de ses bénéficiaires. Les beaux principes de Rocard ont fondu sous les assauts de la crise et de l’égoïsme !
Le Conseil général de la Gironde ne se contente pas, pour sa part de verser 210 millions d’€ à plus de 40 000 personnes dont le dossier de RSA a été jugé recevable par la CAF. Il mobilise personnels et acteurs associatifs autour du « retour à l’emploi » mais bien évidemment, ce volet discret, diffus, difficile car touchant aux personnes est totalement ignoré. Il est pourtant décliné de multiples manières avec efficacité et rigueur ! Il constitue l’un des socles de la solidarité humaine de la majorité actuelle au Conseil général !
Par exemple en Gironde 30% des marchés supérieurs à 90 000 € comportent une clause sociale contre 4,9 % au plan national ! En 2013, cela représentait 133 marchés clausés et en 2014 on a atteint 171 marchés « clausés » représentant prés de 100 000 heures de travail réalisées sur tout l’ensemble du territoire départemental. Sur les trois dernières années, 300 000 heures ont été réalisées au bénéfice des entreprises ou des structures de réinsertion ! En 2015 la Direction des Relations avec le Public, la Direction des Ressources Humaines et la Bibliothèque Départementale de Prêts vont intégrer de la clause d’insertion dans leurs marchés pourtant très différents des autres ( services, déménagement, prestations intellectuelles, traiteur…). Au total ce sont 914 personnes, dont 345 en 2014, qui ont intégré le dispositif et ont réalisé des missions au cours des 4 dernières années.
Comment ne pas rappeler que 25% de ces personnes retrouvent un emploi durable et 70 % sortent de l’inactivité en travaillant de façon continue notamment dans les structures d’insertion par l’activité économique ou l’intérim ?. Mais c’est ignoré du grand public qui continue à se nourrir d’idées reçues, de phrases toutes faites, de poncifs ressassés dans des discussions faciles ou dans des réunions où on lie de manière perverse « social » et « socialiste ».
L’une des fiertés de la majorité départementale c’est de pouvoir fournir aux détracteurs de sa politique sociale. On est loin des reportages à sensations qui, à partir de cas restreints ou d’escroqueries organisées stigmatisent des milliers de gens dans la détresse et la précarité.
Certes il serait selon certains possible de diminuer voire de supprimer ce volet « social » de l’insertion mais les dégâts seraient terribles dans une période où tous les ratios affichent le rouge en matière d’emploi et de pauvreté. Pour celles et ceux qui douteraient encore de l’importance de conserver une majorité départementale de gauche à la tête du Conseil général, il faut leur rappeler courageusement ces efforts en se disant simplement que nul n’échappe, sauf si son train de vie le lui permet, aux facettes de cette solidarité humaine irremplaçable dans la société du profit roi ! Certes la gauche n’a pas le monopole du cœur mais elle sait parfois mettre l’humain au cœur de ses préoccupations en ne se lançant pas dans des propositions ambigües sur le fond et sur la forme.

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2 réponses à CANTONALES.- L'insertion face immergée de l'iceberg RSA

  1. Gege31 dit :

    Voilà ce qui peut faire votre fierté, La Défense de la condition humaine, la main tendue aux accidentes de la vie. Certes vous ne ferez jamais taire ceux qui prétendent que chacun a ce qu’il mérite, les mêmes d’ailleurs qui sont les premiers à tout demander à la Republique. Ont ils pense même par pure réflexe d’autodéfense que la solidarité est le seul moyen de protéger leurs petits intérêts ? Certes il existe des tricheurs qui doivent être sanctionnés sévèrement mais ce sont encore les mêmes prets a défendre les intérêts publics qui fraudent en recourant au black, a l’économie parallèle. Il ne suffit pas de payer beaucoup d’impôt pour hurler avec les loups mais bien au contraire de se féliciter chaque jour d’être dans la catégorie des « sans problème de fin de mois » Continuez avec vigueur justice et rigueur …

  2. Pour appuyer ton info sur les aides du Conseil Général à destination des associations d’insertions je peu ajouter que R.E.V. (Réalisation Environnement Valorisation) a reçu 60600,00 € en 2013.
    Entre autres aides ceci a permis d’embaucher 35 salariés en contrat unique d’insertion sur des chantiers d’environnement soit 21775 heures.
    22% du personnel a moins de 26 ans, 13% ont plus de 50 ans.
    88% sont de niveau scolaire très bas, ce qui est un frein vers l’emploi. R.E.V. avec l’implication de bénévoles organise toutes les semaines des ateliers de savoirs, français, mathématiques et depuis peu informatique.
    63% des salariés perçoivent le RSA
    On dénote que lors des diagnostics individuels, les principaux freins à l’emploi sont : la santé (physique, psychique, sociale) l’absence de qualification, le logement, la mobilité, le budget, la justice, les difficultés familiales.
    Un accompagnement est proposé.
    Les résultats en terme d’insertion professionnelle sont de 47,4 % en sortie dynamiques en 2013 ( les chiffres 2014 vont êtres connus prochainement) . Objectif 2015, 50 % en 2015.
    Une étude de faisabilité de création d’une Régie de Territoire est en cours. La régie, tout en conservant le Chantier Insertion permet d’élargir les compétences vers l’emploi durable, la mobilité et le logement.
    La devise : Que les salariés repartent mieux qu’ils ne sont arrivés

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