Le populisme consiste simplement à énoncer ce que les gens qui écoutent veulent entendre pour conforter leur ressentiment à l’égard de certaines catégories de la population. Il arrive même que des rumeurs servent de support à des effets d’annonces présentés comme des vérité. En matière de campagne électorale des départementales on atteint des sommets car il faut bien tenter de passionner ses fans pour voter contre la majorité sortante de gauche. Allons y gaiement avec des formules chocs du genre « il faut réduire le train de vie des élus » (sans que soit préciser lesquels affirme sur un tract le FN. C’est simpliste, c’est non chiffré, c’est démagogue mais… c’est d’une efficacité certaine. « Trop payés ! », « Tous pourris », « Jamais là quand il faut ! », « Inutiles »… et on peut en trouver bien d’autres des expressions toutes faites qui continuent à ruiner la démocratie représentative !

Le Bleu Marine devrait plutôt virer au rouge de honte car quand on regarde de plus près l’affirmation de réduction futur du train de vie des élus on a vite un sursaut d’étonnement. Voici que les « chevaliers bruns » de la tenue des promesses ont la mémoire qui flanche. En effet à peine arrivés dans les mairies, certains premiers magistrats FN ont augmenté très vite… leur train de vie.

Ainsi à Cogolin de 11.000 habitants, le nouveau maire FN, Marc-Etienne Lansade a estimé qu’il devait toucher une indemnité de frais de représentation mensuelle chiffrée à 1250 euros, en plus de son salaire. Celui-ci a aussi été revalorisé de 14.72%. Le conseil municipal a adopté cette mesure le 15 avril 2014. Lors de la campagne électorale, l’élu s’était pourtant engagé à réduire les coûts de fonctionnement alors que la dette de la ville se chiffre à 13 millions d’euros. « Au total, cela va coûter 273.600 euros sur tout le mandat», regrette Michel Dallari, qui dirige l’opposition (divers droite) à Cogolin.

Le nouvel édile frontiste du Luc-en-Provence (9.500 habitants), Philippe de la Grande, a décidé d’augmenter son indemnité de 15%. Une hausse qui s’applique aussi à ses adjoints. Ainsi, le maire touchera 2404.42 euros par mois et ses adjoints 961.77 €. Le maire FN du Pontet (Vaucluse), Joris Hébrard, a été contraint d’annuler… la hausse de 44% de ses indemnités votée par le conseil municipal en mai, à la suite de son annulation par la préfecture de Vaucluse.

Le Maire d’Hayange (57) lui a lourdement triché sur ses comptes de campagne et a donc été condamné. Le tribunal a estimé qu’il avait « commis un manquement d’une particulière gravité aux règles relatives au financement des campagnes électorales ». « Il l’a ainsi déclaré inéligible pour une durée d’un an et démissionnaire d’office de son mandat de conseiller municipal de la commune de Hayange à compter de la date à laquelle son jugement revêtira un caractère définitif ». L’élu frontiste a annoncé qu’il ferait « bien entendu » appel au Conseil d’Etat de sa sanction, un recours qui est suspens « Le Front national est derrière moi, Marine Le Pen également(sic), et bien entendu nous allons faire appel au Conseil d’Etat. Une décision que j’estime injuste, une décision politique. Je reste maire d’Hayange. Je vais utiliser tous les moyens pour défendre mon honnêteté ». Mais qui s’en soucie au moment de mettre un bulletin FN dans l’urne ! Autrement dit le principe est simple voire simpliste : baissez vos indemnités sauf si vous êtes élu du FN ! Diminuez vos idemnités sauf si vous êtes au FN !

Du coté de l’UMP-MODEM-UDI le discours est légèrement différent : « on paiera les élus selon leur présence ainsi on luttera contre le cumul des mandats et on fera des économies » affirme le président autoproclamé ! Bigre quand on sait que pour voter le budget il y avait 4 présents sur 13 du groupe Gironde Avenir (2008) ; 5 en 2009 ; 1 en 2010 ; 8 en 2011; 7 en 2012 ; 9 en 2013 et 11 en 2014 (les élections approchent)… En ce qui me concerne j’ai été personnellement présent durant l’intégralité de toutes les sessions plénières, à toutes les commissions permanentes sauf une (Congrès des Maires) et à toutes les commissions des finances (sauf une).

En fait c’est du cinéma puisque les indemnités des élu(e)s en 2014 ont représenté l’énorme pourcentage de… 0,18 % de dépenses de fonctionnement du Conseil général de la Gironde ! Alors même si on en revient au système d’avant la décentralisation où les élus départementaux étaient défrayés à la vacation (les sessions duraient 15 jours) on ne réalisera des économies qu’à la marge alors que l’on aura usé beaucoup de salive pour rien !

Le vrai problème c’est le cumul des mandats et dans ce domaine la position de Nicolas Sarkozy qui doit être aussi celle de tous les élus de l’UMP est claire. Il estime qu’en interdisant le cumul des mandats, on prend « le risque de créer une assemblée hors-sol, désincarnée, constituée de spécialistes de la loi coupés des réalités ». Dont acte ! En ce qui me concerne je reste pour le mandat unique et d’ailleurs je me suis mis en conformité absolue avec mes dires sur ce sujet !
Jean-Marie Darmian