L'indifférence passive conduit la démocratie à sa perte

Le pire dans la situation sociale française c’est l’indifférence totale d’une frange de la population vis à vis des affaires qui partout ailleurs en Europe mettraient le feu aux médias et donc à l’opinion publique. Plus aucune révolte des intellectuels, plus de protestations des partis républicains mais selon l’émergence des faits divers une passivité coupable à l’égard de révélations proprement scandaleuse. Dans le fond on doit se demander s’il ne faut pas simplement faire parler en bien ou en mal de soi pour améliorer son indice de notoriété. Le Pen est à cet égard parfaitement organisé pour exacerber les exploiteurs de scandales faciles. Il en tire deux avantages.
Le premier c’est de lui permettre de revenir dans l’actualité quand son parti sort battu des élections départementales où ses scores en voix stagnent ou ne progressent en pourcentages que grâce à l’abstention massive. Pour s’installer dans le fauteuil d candidat aux régionales sur le région PACA le vieillard idéologue du FN a fait sa traditionnelle sortie révisionniste sur les chambres à gaz. Il sait fort bien qu’une condamnation ne le rendra surtout pas inéligible mais qu’au contraire elle va lui donner un nouvelle légitimité auprès des militants les plus « motivés » de son ex-parti ! En plus ses propos ne vont pas contrarier sa fille et sa petite-fille puisqu’elles pourront ainsi se démarquer et obtenir le statut de « vierges effarouchées ». C’est le second profit !
A propos de sur la sortie de Jean-Marie Le Pen, qui a maintenu jeudi que les chambres à gaz étaient «un point de détail de l’histoire» on assiste à une valse de prises de position destinées à marquer une vraie différence. Une « provocation » selon un député européen FN, qui a estimé qu’elle pourrait « évidemment nuire à une éventuelle candidature (du président d’honneur du FN) aux régionales ». Quand il parle de « pétainistes » par contre on laisse courir…Le vice-président du parti, Florian Philippot, a quant à lui jugé «certain» que «ce qui est arrivé là affaiblit Jean-Marie Le Pen dans sa capacité à être tête de liste». La fifille Marine voit l’avenir en bleu puisqu’elle se donne une image vertueuse afin de récupérer des voix pour 2017. Sauf qu’obnubilés par ce énième dérapage contrôlé les médias passent à coté de l’essentiel.
Il y a pourtant du nouveau sur les emprunts russes du FN. Selon le site Mediapart, des textos d’un responsable du Kremlin évoqueraient des contacts entre la Russie et le parti français d’extrême droite. Le Front national aurait pris officiellement une position favorable à l’occupation russe de la Crimée. Les textos sont datés de mars 2014, peu avant le référendum sur le rattachement de la région à la Russie. Ils feraient aussi état de discussions financières. Dans ces SMS, ce responsable tenterait notamment d’obtenir la visite de la présidente du FN en Crimée, à quelques jours du référendum. Les textos parleraient de la manière dont Marine Le Pen devait être « remerciée » et le 18 avril 2014, le micro-parti de Jean-Marie Le Pen, « Cotelec », aurait reçu un prêt de deux millions d’euros de la part d’une société alimentée par des fonds russes. Et dire que des centaines de milliers de personnes dont des nantis anticommunistes ont voté pour des candidats fantoches d’un parti lié au Kremlin !
A droite on se réjouit du statut de témoin assisté de celui qui se fait passer pour un persécuté de la justice de son pays ! On va finir par dresser une statue de martyr à celui qui est poursuivi dans une demi-douzaine d’affaires pour le moins suspectes. Soutenant ce type de comportement, trois hauts responsables de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy ont été mis en examen dans l’enquête sur un vaste système de fausses factures durant cette présidentielle et donc pour usage de faux, escroquerie, recel d’abus de confiance et complicité de financement illégal de campagne électorale. Ils sont maintenant dix à être mis en examen dans ce dossier, avec les quatre anciens cadres de Bygmalion et trois ex-cadres de l’UMP placés sous ce statut à l’automne dernier. Ils sont pourtant des milliers d’électrices et d’électeurs a avoir voté en faveur d candidat(e)s aux départementales à avoir soutenu des candidates et des candidats soutenant ce type de comportement ou admettant qu’il est… républicain ! La réalité est pourtant cruelle !
La généralisation hâtive et surtout mortifère pour la démocratie ne cesse de favoriser le pire poison ; celui de l’indifférence méprisante pour tout le monde politique. Aucun gros titres, aucune ouvertures de JT, aucune reprise en boucle sur les télés perroquets, aucune véritable prise de position : la dérive se poursuit vers les « rapides » ou les « chutes » du fleuve républicain.

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