Il y a 3 sujets essentiels pour les générations futures dont les élus actuels de tous les niveaux doivent s’emparer avec le maximum de motivation : la ressource en eau potable, l’accessibilité au numérique très haut débit, la transition énergétique… La prise de conscience de la population n’est pas encore très élevée car ces thèmes paraissent lointains et abstraits pour bien des gens. Ils conditionnent pourtant le devenir de la vie humaine, de l’économie et de la planète mais le chemin est encore long pour que ces sujets entrent dans les politiques ! L’ADEME vient pourtant de livrer une étude susceptible de modifier la perception que l’on peut avoir des sources d’énergie. C’est même carrément révolutionnaire !
Elle démontre en effet que la France a les capacités pour produire la totalité de son électricité à partir d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, géothermie, etc.) et que cela coûterait environ 30% plus cher qu’avec le système actuel, mais quasiment pareil qu’avec une part de 50% pour le nucléaire comme le prévoit la loi sur la transition énergétique d’ici 2025. Bien évidemment le rapport ne bouleversera pas les médias préoccupés par l’énergie Marine déployés pour envoyer son mère dans l’EHPAD « travail, famille, patrie ». Médiapart a obtenu le document en avance puisque bizarrement la publication prévue la semaine prochaine lors d’un colloque organisé par l’Ademe a été repoussée de, « quelques mois ». Il est indispensable de préciser que ce n’est vraiment as le moment d’aborder un vrai sujet puisque la loi sur la transition énergétique est toujours en cours d’examen au Parlement.
Elle n’a pas tranché sur le point essentiel : le niveau de réduction de la part du nucléaire (75% aujourd’hui) dans l’énergie électrique distribuée dans le pays. Cette étude a une vocation « scientifique et technique », et « n’a pas vocation à documenter directement une politique énergétique » selon le directeur de l’ADEME. Les auteurs de ce document répartissent la production entre 63% d’éolien, 17% de solaire, 13% d’hydraulique et 7% de thermique renouvelable. Le coût du mégawattheure est alors de 119 euros contre 91 euros actuellement… mais on va bien entendu vite contester ces chiffres qui mettent en péril EDF. Comme toujours le lobby du nucléaire va tout mettre en œuvre pour discréditer les prévisions faites et surtout relancer les opposants aux éoliennes (toujours nombreux autour des espaces d’implantation) ou ceux qui mettent en doute le solaire en raison de la qualité des panneaux !
L’étude est pourtant de la première importance car c’est la première fois qu’une prévision permet d’envisager la totalité de la fourniture énergétique par des sources non polluantes à un coût de production acceptable ! Le vrai problème repose sur la communication autour de ces indicateurs pouvant vite devenir « révolutionnaire ». On laissera donc passer le débat au Parlement et ensuite on reviendra sur des positions arrêtées sur la base de l’intensité du lobbying ! Car l’essentiel des difficultés vient de cette réalité sociale ! Tout est pourtant clairement étudié et estimé.
Une série d’éléments de poids viennent étayer la possibilité d’une France à 100% d’électricité renouvelable d’ici à 2050. L’estimation des gisements éolien et photovoltaïque (PV) repose sur des simulations de production, ainsi que sur l’analyse des contraintes propres à chaque filière : données de vitesse du vent et d’irradiation solaire au sol, modèles de conversion en puissance électrique. Afin d’assurer la validité de ces derniers, les paramètres sur lesquels ils reposent ont été estimés à partir de données de production réelles. Les incertitudes météorologiques sont simulées : années à faible production selon la puissance du vent, périodes anticycloniques … L’étude calcule les variations de consommation d’énergie supplémentaire par degré en moins de température. Elle prend aussi en compte les pointes de consommation de 19h-20h.
La génération de cartes couvrant l’ensemble du territoire permet une première analyse des régions à fort potentiel de production renouvelable, parmi lesquelles on trouve l’Aquitaine, la Bretagne, les Pays de la Loire et Midi-Pyrénées. Les potentiels des filières marines, de géothermie et de cogénération au bois ont été calculés, de même que les filières hydrauliques et les usines d’incinération. Les contraintes topologiques et sociétales ont été prises en compte, couvrant aussi bien les aspects techniques (type de surface au sol et relief adéquats) et législatifs (préservation des réserves naturelles protégées, distance minimale aux habitations, etc.), que certains aspects économiques (potentiel de production suffisamment élevé) ou d’acceptabilité sociale. C’est peut-être le point le plus délicat car il faudrait modifier totalement les procédures en cours en matière d’implantation de sites dans tous les domaines. Et parfois les oppositions viennent des… défenseurs des énergies renouvelables à implanter chez les autres mais pas chez eux !