Allez bon appétit et reprenez une dose de glyphosate !

Chaque fois qu’une étude démontre la nocivité pour la santé d’un produit chimique de quelque nature que ce soit, celles et ceux qui l’utilisent sortent la même arme : celle du péril économique et en corollaire les risques pour l’emploi. L’opinion publique téléguidée par des opérations de lobbying cale et subit donc les effets nocifs de la doctrine de la productivité ! Il faut des lanceurs d’alerte courageux, des milliers de victimes, des contestations parfois violentes pour que n’importe quel pouvoir édulcore tant soit peu les dangers causé par ces fabricants de mort plus ou moins subite ! Gazole, amiante, nitrates, désherbants… ont envahi le monde et ne sont pas prêts de le quitter ! Les fabricants d’automobiles, les industriels, les agriculteurs, les productivistes de tous horizons résistent et surtout utilisent une part de leurs profits pour contourner les études effectuées quand ils « n’achètent pas » simplement celles et ceux qui les ont faits ou qui les critiquent. Des scientifiques réputés viennent ainsi de nous mettre en garde: le désherbant le plus utilisé au monde est “probablement cancérigène”! Monsanto fait tout pour que l’Organisation mondiale de la santé retire ce rapport détonant. Pour les experts, le seul moyen d’éviter que la science ne soit bâillonnée, c’est que le public exige des actes concrets dès maintenant. Un vœu pieux quand on connaît la puissance de Monsanto dont les budgets sont supérieurs à celui de quelques États de la planète
Les instances qui réglementent ce type de produit sont réputées pour leur opacité et l’influence qu’y exerce l’industrie agrochimique. Mais une opportunité unique s’offre à nous: l’Union européenne est officiellement en train de réévaluer l’autorisation du glyphosate et des processus similaires sont en cours aux États-Unis, au Canada et au Brésil. De leur côté, les Pays-Bas, le Sri Lanka et le Salvador envisagent une interdiction totale. La menace est en effet bien réelle puisqu’on retrouve des traces de ce poison dans notre nourriture, dans nos champs, dans les aires de jeux de nos enfants et dans nos rues. Le problème c’est que si les produits agricoles coûtent trop cher, si les cultures dans les champs ne sont pas parfaites, si les aires des enfants ne sont pas enherbées, si les trottoirs ne sont pas dépourvu de toute herbe… les protestations viennent immédiatement d’une majorité de personnes qui revendiquant engrais chimiques, désherbant efficace, protection décuplée.
Le glyphosate est l’élément de base du Roundup, la meilleure production financière de l’empire du génétiquement modifié de Monsanto. Il lui rapporte 6 milliards de dollars chaque année. La multinationale a déclaré que le rapport de l’OMS ignorait des études qui considèrent le glyphosate sans danger. Tiens donc ! C’est éternel. Les cancers et les tumeurs augmentent, la maladie de Parkinson croît inexorablement parmi les utilisateurs de ces poisons et on laisse accroire que les consommateurs seraient épargnés.
Une personne digne de confiance ayant travaillé dans une coopérative d’approvisionnement agricole me racontait récemment que, quand elle faisait remarquer à un producteur de fraises que le produit commandé (un défoliant) ne devait pas être employé moins de 15 jours avant la cueillette des fruits il lui répondait : « je m’en moque ce n’est pas moi qui les mange! » Ce témoignage vaut toutes les publications orientées financées par les multinationales de la chimie! Leurs conclusions principales ne sont pas souvent rendues publiques car elles contiendraient des “informations commerciales confidentielles”, et 58% des groupes scientifiques de l’Agence européenne de sécurité des aliments entretiennent des relations avec le secteur privé. Les bureaux ou les laboratoires de contrôle n’ayant plus les moyens de se financer font en effet appel au privé pour le faire ! Devant le doute (c’est un minimum) certains pays ont déjà interdit le glyphosate. Maintenant que l’UE, les États-Unis, le Canada et le Brésil sont en train de réévaluer son autorisation il existe un créneau pour arracher en France son interdiction totale !
Rappelons aux gens qui douteraient du bien-fondé de cette démarche qu’il y a un demi-siècle le fameux et incontournable DDT était utilisé à plein régime sur la planète pour occire les mouches et les moustiques. Il est indubitablement à l’origine de biens des déboires de santé de la tranche actuelle des 60-80 ans… Il a été interdit mais trop tard pour celles et ceux qui n’étaient alors que des enfants ou des manipulateurs du fameux Flytox au nom évocateur ! Si le glyphosate est nocif, ne le tolérons pas sur nos étalages pendant encore dix ans. Soyaons citoyens et pas que consommateurs : exigeons son interdiction immédiate!
Il y a eu la mise en place d’un moratoire sur les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles en Europe … mais que fera-t-on pour le glyphosphate ?. En mangeant une tomate, en mordant dans une pomme, en avalant une gorgée de vin, en savourant une laitue avec du fromage pensez que vous êtes un cobaye pour Monsanto et vous verrez que vous allez vite perdre du poids car c’est une excellent régime pour mourir en bonne santé !

Ce contenu a été publié dans PARLER ENVIRONNEMENT, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

3 réponses à Allez bon appétit et reprenez une dose de glyphosate !

  1. J.J. dit :

    « je m’en moque ce n’est pas moi qui les mange! »
    Ça me rappelle un dessin humoristique paru dans le journal patoisant « Le Subiet » (le sifflet). Une grand’mère et son petit « fi » sont en train de ramasser des cagouilles.
    Le petit fils : « Mémé, y a une cagouille dessus une marde, je la ramasse ?
    – Ben sûr tu sais ben qu’ol est pour les vendre !

    Dans le quartier où je réside, régulièrement une entreprise vient tondre les pelouses, mais les engins ne peuvent approcher les arbres, les pieds des lampadaires etc… Un employé était donc chargé de pulvériser le bon produit Monsato afin que « ça fasse propre », jusqu’à ce que je pique ma crise (un « Attila » indélicat avait abondamment arrosé l’herbe sur son passage, même où elle était tondu) et me fende d’un message à l’adjoint au maire chargé de l’environnement. Ordre a été donné à l’entreprise de changer ses habitudes.

    Maintenant, les obstacles sont dégagés à la débroussailleuse, qui fait un peu de bruit, certes, mais qui ne produit qu’un peu de gaz d’échappement au moment des travaux. Le déverseur de poison n’a pas perdu son emploi, il manie la débrousailleuse.
    Un exemple à suivre !

  2. Christian Coulais dit :

    Poussons le résonnement un peu plus loin, dans le traitement de nos espaces verts. Pourquoi systématiquement les « obstacles » doivent-ils être « propres » avec le fameux coup de « rotofil » qui lui détruit systématiquement les écorces protectrices des arbustes et arbres des parcs et jardins. (D’où l’intérêt de mettre du broyat au pied des obstacles qu’ils soient inertes ou vivants.
    Et pourquoi ne pas laisser ces « herbes folles » poussaient au pieds de ces obstacles ?
    1) visuellement ce sera toujours plus beau qu’un pieux de bois ou métal.
    2) ce sera une niche écologique et préservera la biodiversité !
    3) c’est un gain de temps pour le personnel communal ou le particulier.
    4) plus de pollution ni sonore ni olfactive ni pernicieuse = plus de débroussailleuse thermique

  3. Christian Coulais dit :

    « Devenue sève brute, cette eau est acheminée par les vaisseaux situés dans la partie vivante du bois, sous l’écorce. C’est par la différence de pression entre les cellules et par capillarité que la sève passe de l’une à l’autre et se hisse jusqu’au niveau des feuilles. »
    http://www.onf.fr/activites_nature/sommaire/decouvrir/vie_foret/vegetaux/20070920-141105-479528/@@index.html

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.