Le système financier international pratique la guerre psychologique à grande échelle et tente de juguler par des méthodes médiatiques élaborées toutes les tentatives de rébellion qui viendraient de pays en mauvaise posture. Les Grecs appartiennent à cette catégorie et ils tentent par tous les moyens de se sortir du filet serré mis en place par le FMI, la BCE et la commission européenne. En fait la « troïka » impose la camisole de force idéologique au gouvernement grec actuel en le présentant comme dément ou instable dans ses prises de position politiques. Comment en serait-il autrement quand son Ministre des Finances déclare  que les autres gouvernements sont « des partenaires gouvernés par la peur qu’ont provoquée la crise et la (solution) de la crise dont tout le monde, au fond, sait qu’elle est instable et encline à conduire à de nouveaux problèmes ». Il a mis en garde : « si la zone euro ne change pas, elle va mourir », jugeant qu' »aucun pays, pas seulement la Grèce, n’aurait dû rejoindre un système monétaire commun si bancal ». Yanis Vaaroufakis a également qualifié de mensonges les qualificatifs de « parieur », « amateur » et « aventurier » rapportés par la presse et que ses partenaires européens auraient prononcés contre lui lors d’une réunion tendue de l’Eurogroupe à Riga la semaine dernière.
Il continue a proposer des solutions qui dérangent et surtout mettent en péril les principes défendus par les cerbères mondiaux de la finance. Ainsi la Grèce propose de se passer d’un nouveau prêt si la dette de son pays était restructurée. Syriza a été élu en promettant notamment une réduction de 50% de la dette du pays (175% du PIB), dans le but de consacrer les fonds destinés au remboursement des obligations à la relance économique du pays et donc à l’amélioration de son PIB. Le FMI et l’Union Européenne avaient accepté une telle restructuration partielle de la dette publique en 2012 pour permettre à Athènes d’assainir ses finances publiques mais ce n’est plus d’actualité. En fait Varoufakis joue fin en expliquant que la Grèce, pressurée de tous les cotés n’est plus en mesure de rembourser une dette qui n’est plus soutenable. Ce n’est pas dans l’intérêt des créanciers de la Grèce qui perdraient en cas de « faillite » d’un pays de l’UE beaucoup plus qu’ils ne le feraient dans un plan de restructuration négocié ! Il faur rappeler que les Grecs doivent bénéficier du déblocage de 7,2 milliards d’euros des fonds de sauvetage promis par le FMI et l’UE dont le pays a besoin pour éviter un défaut de paiement et une éventuelle sortie de l’euro.
Sur l’échiquier mondial un autre coup vient d’être joué par Poutine qui connaît le défaut dans la cuirasse occidentale : le monopole du soutien aux pays en difficulté ! Il a donc rassemblé autour de lui des allies potentiels qui ont eu ou espèrent ne jamais avoir à négocier avec le FMI ou les banquiers. L’événement passera inaperçu durant ce week-end où les centres d’intérêts du peuple sont très éloignés de la constitution du BRICS ( Brésil, l’Inde, la Chine, la Russie et l’Afrique du Sud) Ces pays vont créer un fonds devrait être doté de 100 milliards de dollars (93 milliards de francs) et constituerait une autre solution que les institutions financières internationales dominées par les Etats-Unis. Aucun pays de l’UE ne peut y entrer mais la… Grèce si elle en sort serait peut-être soutenue ce constituerait un camouflet irrémédiable pour la finance !
Les Brics, représentent 40% de la population mondiale et 1/5 du PIB de la planète . Ils ont signé en juillet dernier un accord pour la création de leur propre banque, posant la première pierre d’une nouvelle architecture financière face à l’hégémonie occidentale. Cette nouvelle banque, dont le siège sera à Shanghaï et qui est destinée à financer les grands travaux d’infrastructures, sera dotée elle d’un capital initial de 50 milliards de dollars…La Russie compte participer à hauteur de 18 milliards de dollars (16,8 milliards de francs), à l’instar de l’Inde et du Brésil, loin derrière les 41 milliards promis par la Chine. Le fonds sera complété par l’Afrique du Sud qui mettra 5 milliards sur la table. C’est la première étape d’une nouvelle organisation financière indépendante face aux pressions occidentales. Cette nouvelle banque, dont le siège sera à Shanghaï est destinée à financer les grands travaux d’infrastructures dont par exemple de nouveaux gazoducs allant en Grèce. Cette initiative constitue un atout pur Syriza même si rien n’est encore réellement calé. Le voyage du Premier Ministre grec à Moscou a constitué un premier signal.
La pression du conflit ukrainien qui ne diminue pas réellement; le chaos régnant en Libye et dans tout le Moyen Orient générant de graves problèmes pour l’UE ; la vente de Rafale à l’Inde, au Qatar, à l’Egypte qui donnent des signes patents d’indépendance à l’égard des USA : les signes de cette course de vitesse sont incontestables ! La Grèce joue les pionniers d’un vaste chamboulement qui pourrait déboucher sur une terrible crise surtout si Les républicains (les vrais US) arrivent bientôt au pouvoir !