Les aventures d'un cœur blessé…

Certains touchent du bois…avec l’espoir de ne pas traverser les aléas de la vie sans trop de problèmes. La santé par exemple devient un souci permanent dans un monde où on espère échapper à tous les maux que portent un environnement néfaste. Dans ce contexte là le système qui vous prend en charge lorsque la superstition ne vous a pas sauvé prend des allures parfois inquiétantes. C’est d’autant plus vrai si vous n’avez pas mis souvent les pieds dans cette « broyeuse » humaine qu’est actuellement la médecine dans toutes ses composantes. Quand on en sort on éprouve le même soulagement que celui qui vient d’échapper à un labyrinthe dans lequel il se sentirait irrémédiablement perdu et tributaire des informations que veulent bien donner les « connaisseurs ». D’ailleurs on a du mal, beaucoup de mal à raconter le chemin exact parcouru tellement il est complexe et angoissant. Suivez cependant le guide… avec l’espoir que la visite personnel ne vous soit pas trop pénible et jugée narcissique.
Dans la nuit du 22 avril pour la énième fois je suis affecté d’une forte crise de fibrilations auriculaires du cœur. Un avatar pour lequel j’ai eu depuis des années un traitement donné par un premier cardiologue puis un second puis par un autre spécialiste m’apprenant que celui que je prenais sur l’ordonnance de son prédécesseur était inefficace et dépassé. Dont acte ! N’empêche que malgré la nouveauté des médicaments prescrits les crises étaient les mêmes mais j’arrivais avec un peu de patience et de maîtrise de moi à les estomper. Celle de cette nuit là se prolongea et ne sembla pas vouloir s’en aller facilement.
Vers midi, j’appelle le cabinet médical de proximité avec lequel j’entretiens d’excellentes relations de confiance durable. « Venez vite je vais vous prendre en plus et effectuer un électrocardiogramme… » C’est là que la proximité médicale prend tout son sens puisque moins d’un quart d’heure plus tard la praticienne pourtant généraliste a détecté le mal : une présomption de flutter auriculaire ! Pas de recours aux urgences mais elle souhaite qu’un spécialiste confirme son diagnostic ne reposant que sur une trace en fin de crise ! Carte Vitale et rien d’autre à sortir !
Appel du cabinet regroupant plusieurs cardiologues avec comme réponse : « personne n’est disponible cet après-midi et je ne peux vous donner un rendez-vous que le 5 mai ! En attendant faxez nous l’électro et dès qu’un médecin passera il donnera son avis à votre médecin qui vous reverra. Voici le numéro. Merci…  » Bizarre lais que faire ? Expédition pour dénicher un fax : après deux tentatives infructueuses mon épouse finit au bureau de tabacs qui après avoir photocopié le document, parvient à le transmettre à son destinataire inconnu. La télé-médecine est à la mode… mais j’expérimente cette nouveauté à mes dépens. Vers 17 h le téléphone sonne. Le médecin généraliste a reçu confirmation de son diagnostic et il faut changer le traitement. C’est parti ! Sauf que le 4 mai rebelote, la nuit est à nouveau épouvantable…
Nouvel appel au cabinet médical local et « électro » en pleine crise cette fois et je peux aller chez le cardiologue avec la preuve du mal ! Réception sympa. Propos rassurants et une question « Voulez-vous vous en débarrasser définitivement car il existe une technique de pointe à Bordeaux pour mettre fin à ce mauvais circuit dans l’oreillette… » Suivent des détails techniques dans un climat de confiance rassurant. J’accepte! « Nous nous occupons de tout… et on vous prend le rendez-vous dans 21 jours pour éviter les risques de caillot ! Ca se fait sous anesthésie locale en soins ambulatoires. ». Pas de problème avec 99 euros de consultation et électro à régler malgré la carte Vitale ! Je pars avec les lettres et les consignes (analyse de sang à faire pour être prêt et traitement confirmé). Deux jours plus tard les dates arrivent et donc il faut patienter jusqu’à fin mai.
Las ! Le 12 mai après une semaine de traitement le rythme cardiaque tombe à moins de 40 pulsations. Alerte et « re- re-re-consultaion » du médecin généraliste qui constate que l’un des médicaments est fortement surdosé… Il faut donc le diminuer de moitié au moins « Personne ne vous l’avait dit ? » Et bien non personne ne me l’avait dit ! Cahin-caha j’arrive au 28 mai date de l’hospitalisation prévue.
Entrée à 15 h. Préparation pour l’intervention du lendemain 8 h 30 avec… nouvelles prises de sang (« l’autre est trop vieille »), nouveaux électrocardiogrammes (« le docteur veut les siens ») et cette interrogation de l’infirmier : « Avez-vous vu l’anesthésiste ?
– Non !
– Ah ! Bon c’est bizarre car il doit vous voir au moins 48 heures avant l’opération ?
– On ne m’a rien dit ? Je n’ai eu aucune appel, aucune consigne ?
– Le Docteur va passer ce soir ? Mais à quelle heure ? nous on ne sait pas ! »
Je sens l’embrouille quand à 20 h 45 déboule le chirurgien qui m’annonce que rien ne se passe comme on me l’avait annoncé, qu’il ne m’opérera pas : « il faut une anesthésie générale et que comme je n’ai pas vu les anesthésistes de la clinique il ne prend aucun risque … Je dois repartir chez moi !. rasé de partout, « bédatiné » de partout, sermonné de partout pour ma légèreté je dois plier bagage pour revenir quand il y aura un nouveau créneau de disponible. J’en profite pour justement décrocher au moins un rendez-vous avec « l’endormeur » contre ma carte Vitale plus 55 euros (sympa et compréhensif!) avant de repartir à la case d’origine avec mon flutter. « Si vous étiez aux urgences on aurait pu se passer de ce processus mais là… la loi oblige à cette consultation ! » m’explique à nouveau le chirurgien auquel je ne peux que m’en remettre. Je repars avec mon flutter sous le bras pour 9 jours supplémentaires après au total 6 consultations médicales, 3 analyses de sang et 5 électrocardiogrammes et des heures d’attente ! J’ai joué avec ma carte Vitale ! la prochaine fois je toucherai plutôt du bois avant de partir !

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3 réponses à Les aventures d'un cœur blessé…

  1. J’ai hésité à laisser un commentaire ici, je suis venue, je suis repartie, j’ai écrit et effacé, et puis voilà, 1h20 du matin et je me retrouve, une fois encore sur ta page, devant ton texte, avec toujours la même colère…..car tes propos en font raisonner d’autres, ton cœur est blessé, ma tête est endommagée, habitée par un squatter, qui fait comme chez lui, mais toi tu fais face avec malgré tout humour et ironie, et je continue à me battre, avec moins d’humour, de moins en moins, car autour de moi, les renoncements aux soins sont légions, et qu’il y a de plus en plus de décès précoces, ces malades là, ne coûtent plus rien à la société….retapes toi bien vite mon ami, car je vais avoir besoin de toi, de toute tes relations, et de ton soutien…..je vais le faire…repartir sur la route, à la rencontre des élus, et des associations de malades et de médecin, fédérer tout ce monde, pour enfin être écouté. Je me refuse à rester là, à regarder ce qui se passe autour de moi….je hais se sentiment d’impuissance…..alors « je vais le faire » et j’espère que comme tant d’autre fois, tu seras avec moi…..en octobre, juste avant les élections régionales….Histoire de….prends soin de toi, prends le temps…..mais pas trop, car je vais « oser » et je vais « dire »….haut et fort …;tout ce mal que l’ont nous fait, j’ai commencé à recueillir des témoignages…..j’irais les donner en mains propres à FHollande

  2. CUSSAC dit :

    Un service de santé triste et déplorable dès qu’on dépasse le cadre du généraliste. La praticienne du cabinet médical local que je consulte depuis une quinzaine d’années est admirable par sa disponibilité, écoute et efficacité. Je la trouve très mal payée eu égard le temps quelle consacre à chaque patient. Je n’en dirais pas autant des spécialistes trop nombreux sortis du secteur conventionné qui depuis longtemps ont oublié qu’ils appartiennent à une mission de service public et que sans l’argent du contribuable ils n’en seraient pas là. Certes leur responsabilité est lourde et les risques de poursuites judiciaires non négligeables mais le coût de leur assurance de couverture ne justifie tant dépassements exorbitants des honoraires.
    Face à la maladie chacun réagit en fonction de ce qu’il est et savoir s’en détacher relève d’une certaine philosophie. Meilleurs vœux dans votre combat … médical

  3. Christian Coulais dit :

    Est-ce la carte qui est vitale ou l’acte du praticien…Merci à la généreuse sécurité sociale, au Conseil National de la Résistance.
    Résistance Jean-Marie !

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