On va solder les taux de l'épargne dans l'été

Il n’y a pas beaucoup d’épargnants qui savent que leurs dépôts sur un livret A revêt une utilité sociale particulière. En effet seulement rémunérée à 1%, cette ressource permet de participer au financement de la construction des logements sociaux. Et avec 1 % supplémentaire ces fonds permettent à la Caisse des Dépôts et Consignations de prêter aux collectivités locales à un niveau avantageux. Le problème c’est que désormais ces fonds coûtent plus cher aux banques mais aussi aux organismes HLM, qui utilisent les fonds de ce produit d’épargne. Le marché obligataire ou même certains prêteurs offrent en effet des conditions plus avantageuses.
Selon le gouverneur de la Banque de France, le surcoût estimé pour 2014 de la rémunération qui n’est plus avantageuse du Livret A par rapport aux conditions de marché correspond ainsi à la construction d’environ 5.000 logements… Ce qui dans le contexte actuel n’est pas une disposition satisfaisante tellement la France a besoin de vraies opportunités pour loger plus de gens dans des habitations à loyer conventionné.
Le gouverneur de la Banque de France a donc plaidé en faveur d’une baisse de la rémunération du Livret A, dont le taux doit être révisé le 1er août. Il est hors de question que le taux ne baisse pas au cours de l’année dans le contexte actuel. Il est actuellement fixé à son plancher historique déterminé par une formule de calcul faisant essentiellement intervenir le niveau de l’inflation, très bas actuellement.  »
Lorsque cette dernière sera connue, le 15 juillet, le gouverneur de la Banque de France aura à se prononcer sur le futur taux. S’il choisit de suivre la formule de calcul, sa décision s’appliquera. S’il souhaite, en revanche, y déroger, la décision finale reviendra au gouvernement. Cette formule de calcul demande de prendre en considération l’inflation (hors tabac) et de la majorer de 0,25 point, afin que soit préservé le pouvoir d’achat de l’épargne des ménages, en arrondissant ensuite au quart de point le plus proche. Elle devrait donc donner un résultat plus proche de 0,5 % que du niveau actuel. Il faut peut-être alors se méfier d’un désertion des organismes collecteurs quand les dernières.
En juin, l’opinion des ménages sur leur situation financière personnelle passée est stable ce qui permet de constater des ventes en hausse dans certains secteurs comme l’automobile. Sur leur situation financière personnelle future leur appréciation reste également quasi stable (+1 point), donnant solde correspondant à son niveau le plus haut depuis novembre 2010. Les ménages sont à nouveau plus nombreux à considérer comme opportun de faire des achats importants : le solde correspondant gagne 2 points en juin, après une baisse équivalente le mois précédent. Il reste ainsi au-dessus de sa moyenne de longue période.
En juin, quand on les interroge sur leur capacité d’épargne actuelle ils affirment aussi une certaine stabilisé (+1 point), légèrement en dessous de sa moyenne de long terme. Davantage de ménages estiment qu’il est opportun d’épargner : après avoir fortement baissé en mai, le solde correspondant progresse en effet de 7 points. C’est probablement l’une des raisons de la prévision de baisse des intérêts versés destinée à inciter à consommer.
Les soldes d’été vont mal en France, pénalisés par la généralisation des promotions et ventes privées dans un marché de l’habillement toujours mal orienté. Une fois passé le premier week-end considéré par les professionnels comme un bon baromètre de la tendance générale, les ventes accusent une forte baisse par rapport à la même période de l’an dernier. Le recul atteignait 10% dans les grandes chaînes de prêt-à-porter. Dans les centres commerciaux, la fréquentation était en baisse de 3% à 4%, après une hausse de 2% dans les deux semaines précédentes, pour cause, là aussi, de ventes promotionnelles. Pour écouler leurs stocks, les enseignes ont lancé leur deuxième démarque après des rabais initiaux déjà importants, compris entre 30% et 50%.
Ces phénomènes alliant une épargne stable et une consommation pourtant réputée avantageuse sur des produits grand public ont tout lieu d’inquiéter car c’est moins de TVA récupéré et également des chiffres d’affaires qui se tassent. Il faudrait donc s’interroger sur la théorie de l’offre favorisant la demande…

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