En qui peut- avoir confiance dans notre société où tout, presque tout tourne autour du fric. C’est une réalité terrible puisque il faut absolument douter de tout pour être certain de ne pas être le dindon d’une farce tragique. Le pire c’est qu’à force de constater que l’argent pervertit toute relation la tendance à la méfiance permanente aliment la peur sous toutes ses formes. S’il est un secteur qui devrait échapper à cette attitude car il nécessite un rapport de confiance c’est bien celui de la santé ! Et pourtant la tendance est progressivement en passe de s’inverser. Arriver sans sa carte Vitale chez un spécialiste ne pose pas trop de problèmes mais se pointer sans sa carte bleue va devenir extrêmement problématique ! Le pire a trait aux manipulations en matière de prescriptions de médicaments. Un livre qui sort aujourd’hui (1) met en évidence la menace permanente qui pèse sur les ordonnances ! Les éditions du Cherche Midi publient un nouveau livre sur la médecine et ses dangers… L’auteur, le Professeur Philippe Even, un habitué de ce type de parler-vrai y dénonce les scandales concernant les médicaments, dont les premiers responsables sont les médecins et non l’industrie pharmaceutique. Selon lui, les responsables de ces dérives, corrompus, sont essentiellement les cliniciens universitaires, qui sont convaincus que les médicaments les plus récents et les plus chers sont les plus efficaces. C’est fort et c’est aussi tellement puisant qu’il faudrait en faire une émission de télé-réalité. Selon les premiers journalistes qui ont eu ce bouquin en mains, il constitue une vraie attaque en règle de l’intérieur d’un système pervers.
Peut-on se soigner correctement ? En quel traitement peut-on avoir confiance ? Dans le « Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux », écrit avec le professeur Bernard Debré l’auteur avait déjà largement démonté les pratiques de l’exploitation manifeste de la faiblesse des patients.
Le livre pose des questions clés : pourquoi les sociétés pharmaceutiques produisent-elles des maladies qui n’existent pas ? Comment falsifient-elles les études de centaines de médicaments ? Comment l’industrie pharmaceutique est-elle devenue la plus riche du monde (100 milliards par an de bénéfice)? Attention danger : la Professeur Even s’attaque à un colosse qui a absolument toutes les forces nécessaires pour broyer ses ennemis. En fait on assiste à des faits de non assistance à personnes en danger…et en particulier celles qui sont les plus vulnérables : les seniors. Ce sont eux en effet qui sont les meilleurs clients des « labos » car ils ressortent en général de chez leur toubib avec une liste impressionnante de remèdes qui ne peut que les rassurer. Le meilleur médecin n’est-il pas celui qui multiplie les prises de cachets ou gouttes ?  
L’association UFC Que Choisir a sollicité ses bénévoles et ses lecteurs pour passer au crible les ordonnances de personnes âgées contenant au moins 5 lignes de prescription. En tout, 347 ordonnances de patients de plus de 75 ans ont été analysées, dans le but de mettre en lumière le phénomène de sur-prescription de médicaments.Les résultats pour le moins alarmants soulignent que cette pratique médicale est loin d’être exceptionnelle. L’enquête révèle que, d’après l’échantillon, les seniors se voient prescrire en moyenne 8,6 médicaments différents par jour. L’ordonnance la plus longue affiche même 21 médicaments différents. L’association s’interroge donc sur les effets potentiellement dangereux de toutes ces molécules : « à ces niveaux de prescription, les médecins sont-ils encore en mesure de s’assurer que chaque médicament est justifié et n’est pas plus dangereux que bénéfique ? »
Ancien doyen de la faculté de médecine Necker et président de l’institut Necker à Paris (a priori l’homme sait de quoi il parle…) le professeur Even s’appuie dans son ouvrage, selon les premiers lecteurs, sur une analyse complète de la littérature scientifique pour prouver que : le cholestérol est sans danger et les statines inefficaces pour protéger des infarctus et des AVC. Elles seraient même un toxique lent ; les antiagrégants (7 millions de Français concernés), vingt-cinq fois plus chers que l’aspirine, ruinent la Sécurité sociale ; les nouveaux anticoagulants (1 million de Français concernés), aussi ruineux, incontrôlables et sans antidote, sont responsables de centaines d’hémorragies mortelles. Ce n’est pas fait pour me rassurer personnellement car je suis dans ce cas et donc que dois-je penser de la diversité des médicaments qui m’ont été prescrits ! Qui dois-je croire ?
Le système de santé mérite une expertise forte de la cour des Comptes si prompte à chercher dans la gestion sociale des scandales croustillants. Ou les affirmations, les constats, les accusations contenus dans ce livre sont avérées et il est quasiment impossible que le Ministère de la santé ne réagisse pas ou elles sont totalement fausses et il faut le retirer de la vente. Le Professeur Even n’a pas tenté de « négocier à titre privé » ce qui constitue un véritable brûlot alors qu’il est essentiel pour le quotidien des millions de personnes. . On en parlera donc autant que le bouquin sur le roi du Maroc ?
(1) Corruptions et crédulité en médecine Professeur Philippe Evin Editions Cherche Midi