10996481_600833856718881_4202159565087003451_n
Tenir ses engagements électoraux : une attitude qui on le sait bien ne change pas fondamentalement les parcours politiques puisque tout scrutin se joue sur des promesses et rarement sur un bilan. Depuis la déroute de Lionel Jospin, le détenteur du meilleur bilan de la V° république dans sa gestion du pays, les exégètes de l’action publique en ont eu la preuve. Et pourtant sur le plan de l’éthique et de la morale républicaine il vaut mieux quand on est élu, tenter de tout mettre en œuvre pour inscrire ses actes en conformité avec ses valeurs. Pas si facile que ça tellement les situations sociales, institutionnelles ou territoriales évoluent en permanence. Il est certain qu’une fois le scrutin terminé les électrices et les électeurs qui se sont engagés en votant ne sentent plus très mobilisés pour participer au suivi de ces changements. Il faudrait pourtant une vraie mobilisation citoyenne autour des réformes en cours et qui avancent sur les territoires mais il ne faut nourrir aucune illusion : elle ne viendra pas !
La loi sur les nouveaux équilibres des compétences entre les collectivités territoriales passent ainsi nettement au-dessus de la tête des gens préoccupés par bien d’autre sujets plus concrets. Pourtant au moment où ils reçoivent leur feuille d’imposition dite locale ils devraient transformer leur ire traditionnelle contre un montant inexorablement trop élevé en regards sur l’évolution en cours de la structuration des territoires, de la répartition des compétences et donc sur les services apportés grâce à leur contribution, au fonctionnement de la vie collective.
Dans ce cadre nous avions proposé avec ma collègue Anne-Laure Fabre-Nadler une stratégie de travail dans le cadre de notre mandat départemental : informer, concerter, agir ! Bien évidemment elle ne peut fonctionner qu’avec les personnes soucieuses de participer à l’action publique mais nous y croyons.
D’abord nous avons considéré que les vrais relais entre la population et les élus départementaux doivent être les maires et les présidents d’intercommunalités. Ce choix a généré la création du « conseil cantonal » qui adopte les orientations à porter dans le cadre de l’aménagement du territoire des 3 communautés de communes constituant le territoire du Créonnais. Il s’est déjà réuni à 3 reprises.
Ensuite il est indispensable de mesurer l’impact réel des initiatives départementales avec des acteurs de la vie associative, économique, sociale, solidaire, environnementale de telles manières que l’on puisse en tant qu’élus demeurer au plus près des réalités. C’est ainsi que l’initiative prise en 2008 par mes soins de création d’un conseil consultatif citoyen cantonal a été reconfigurée et structuré. Il sera composé de 25 représentants du monde associatif et de 25 citoyens auxquels s’adjoindront les représentants des communes. Il est animé par les 4 membres de l’équipe départementale et se réunira 3 fois par an sur un ordre du jour d’intérêt général.
Enfin nous effectuerons 3 réunions publiques (une par communauté de communes) de compte-rendu de mandat en mars de chaque année ouvertes à absolument toute la population !
Cette structuration a permis déjà de présenter les effets de la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République qui concerne absolument tout le monde mais dont une immense majorité ignore tout !
Pour les communes il s’agit de réfléchir sur le passage en « commune nouvelle » de certaines zones du territoire. Ce nouveau texte est destiné à rationaliser et à économiser en matière de gestion publique. Le débat du « conseil cantonal des élus » a porté sur les périmètres des intercommunalités sur la base de 15 000 habitants minimum. Les CDC du Créonnais (1) et des Coteaux bordelais (2) ne sont pas concernées par ce seuil minimum alors que celle des Portes de l’Entre Deux Mers (3) ne peut pas rester en l’état. Avant le lundi 19 octobre le Préfet doit proposer une solution…qui s’imposera à cette intercommunalité et à ses habitants-contribuables. Une démarche de fusion des secteurs de Latresne et de Créon a été engagée par les présidents concernés.
Il a été aussi débattu de la disparition programmée sur le mandat en cours de la compétence générale des départements et de la rétrocession à effectuer à la région des transports interurbains et scolaires, du volet des soutiens à l’économie (agriculture comprise), de l’action dans le domaine des déchets et du partage des responsabilités en matière de sport, de culture et de tourisme.
Les élus départementaux ont proposé de travailler avec les équipes municipales qui le souhaiteraient dès octobre sur l’adaptation des soutiens 2016 à ce qui constitue désormais l’axe de la politique girondine : « la solidarité humaine et territoriale ». Les informations ont été données à 23 des 28 collectivités concernées. La concertation sur tous ces points est lancée et des décisions sortiront de deux rencontres prévus le 10 octobre à 9 heures salle Cabralés à Sadirac et le 5 novembre en présence de la première vice-présidente du Conseil départemental à Créon. Les engagements pris seront alors examinés et leur mise en œuvre actée pour partie en 2016 !
(1) Baron, Blésignac, Créon, Cursan, Haux, La Sauve, Le Pout, Lignan de Bordeaux, Loupes, Madirac, Sadirac, Saint genés de Lombaud, Saint Léon.
(2) Bonnetan, Camarsac, Carignan, Fargues Saint Hilaire, Pompignac, Salleboeuf, Tresses.
(3) Baurech, Cambes, Camblanes et Meynac, Cénac, Latresne, Quinsac, Saint Caprais de Bordeaux