Le seul secteur dont ne parlent que très rarement les médias c’est celui de leur propre sort ou de leur propre gouvernance. Les cuisines internes de capital, les vraies réalités des diffusions, les interventions diverses et « avariées » qui placent les rédactions dans des situations de discrète dépendance, les choix éditoriaux… autant de sujets tabous pour des outils d’information. La transparence n’est guère de mise et seuls la plus part du temps les « propriétaires » ou les « actionnaires » connaissent les orientations en cours ou prévues. pas les lecteurs, les auditeurs ou les téléspectateurs. Le secteur le plus touché par les ventes, reventes, arrangements devient celui de la presse écrite très en difficulté par la double baisse du lectorat et des annonceurs. Ils recherchent des solutions pour surtout capter les fonds de la publicité en lançant des suppléments magazines sur papier glacé en fin de semaine ou en développant les abonnements via internet. Certains tablent sur les sites mais ils ont bien du mal à conduire de front deux stratégies. Enfin il y a le secteurs des hebdomadaires d’information sur des territoires qui peuvent encore afficher des résultats acceptables même s’ils ne sont pas mirobolants, ils tiennent dans la tourmente du papier. En fait jamais la notion de « groupe » n’a été aussi valable car un quotidien ou un hebdo seul a bien du mal à survivre. Il faut maintenant un « portefeuille » multi-facettes pour équilibrer les comptes.
Dans ce contexte jamais les « rapaces » n’ont autant tourné autour des médias. On achète à bas prix pour se constituer des « réseaux » bien utiles pour son image ou sa notoriété des télévisions, des radios, de grands titres et surtout pour contrôler de manière directe ou indirecte le monde politique. C’est vérifiable à tout instant en vérifiant par exemple la manière dont a été traité l’affaire de la « chemise » du DRH d’Air France. Un vrai déchaînement dont la gradation était proportionnelle à la situation du propriétaire le plus souvent habitué à mettre en place des plans sociaux dans les entreprises dont ils disposent. Il leur faut absolument jouer sur le poids des mots et le choc des photos pour détourner l’opinion dominante des positions favorables aux licenciés.
D’ailleurs un sondage sera vite commandé dans les prochains jours pour vérifier que l’impact du traitement de cet épiphénomène médiatique a bel et bien été dans ce sens. Un résultat du genre : 62 % des Françaises et des Français condamnent beaucoup ou peu les agissements des salariés d’Air France. Si c’est l’inverse on ne publiera pas le résultat et on reverra la gouvernance. Tous les grands quotidiens libéraux du monde se sont déchaînés dans un élan de dénigrement des comportements français. Et esclaves des traitements médiatiques qui leur sont réservés mais dont ils ont absolument besoin, les responsables politiques y sont allés de leur critique acerbe. La même que celle qu’ils avaient dispensé lors des saccages FNSEA … et lors de la marche des tracteurs dont on a pu vérifier le succès pour les éleveurs? Comparez les traitements de l’info!
Alors en 2016 année pré-électorale les milliardaires vont faire leurs emplettes et reprendre en mains tout ce beau monde. Des rachats avec clause de départ liée au changement de propriétaire vont permettre des « plans sociaux » drastiques ( parfois selon certains échos de 30 à 40 % des journalistes) et donc de rendre les emplettes rentables. La presse n’est pas chère, elle est même bradée. Bernard Arnault a déboursé 50 millions d’euros pour s’offrir le Parisien, soit à peine un quart de son chiffre d’affaires. Patrick Drahi a déboursé la même somme pour mettre la main sur L’Express. Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre Bergé ont pris le contrôle de l’Obs pour un peu plus d’une dizaine de millions d’euros. Pour ces « patrons » à la tête d’empires qui pèsent souvent plusieurs milliards d’euros, les médias ne représentent qu’une goutte d’eau dans leur patrimoine. En attendant de taper dans le tas des emplois ils serviront à ce qui est le plus important dans le monde de la communication : l’influence permettant els négociations autour d’une table de restaurant étoilé. Papa Dassault l’avait pigé et fiston Serge Dassault bien conseillé a pris le premier, le contrôle d’un vrai groupe et dont il s’est amplement servi dans le cadre de ses affaires. L’influence des médias va mal avec la déontologie journalistique mais par exemple un bon reportage sur le rôle des avions « Rafale » dans les guerres en cours constitue un bon argument de vente à l’étranger. Les publi-reportages n’ont pas de prix !
D’ailleurs une nouvelle initiative dans ce secteur en pleine reconfiguration vient d’apparaître. Les hommes d’affaires Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton s’apprêtent à créer un fonds d’investissement destiné à racheter des médias. Ils vont diversifier leurs titres afin de proposer une offre de service complète à leurs clients ou à leurs amis pouvant leur renvoyer l’ascenseur. Une grande offensive se prépare au printemps 2016 sur la presse quotidienne régionale d’après des informations fiables. Les primaires pour les élections présidentielles seront en cours et chacun(e) des candidat(e)s aura besoin d’un réseau pour le soutenir… Vous voyez ce que je veux dire ? Enfin si vous ne voyez vous le découvrirez en mars prochain!