Discours prononcé lors de l’entrée du plus Créonnais des horticulteurs dans la Confrérie de la Cagouille… Maurice Roumage, l’homme qui sait parler aux chrysanthèmes »

Paris avait son Titi parisien qui symbolisait sa culture, sa faconde, sa manière de participer à la vie des quartiers authentiques… avec un certain esprit critique permettant de mettre un peu de piquant dans la proximité. Créon a « son » Maurice, le descendant de la lignée célèbre des Roumage, référence s’il en est dans la ville bastide. Qui ne connaît par leurs établissements horticoles tenus par 5 générations successives ? Qui n’a jamais arpenté les allées fleuries où règne Maurice l’œil vif aux aguets ? Qui n’a jamais écouté les conseils précieux de celui qui connaît parfaitement le vrai langage des fleurs ? Il y aurait en effet dit-on des gens capables de murmurer à l’oreille des chevaux quand Maurice lui est capable de dresser une horde de chrysanthèmes afin qu’ils ne fleurissent que quand il le veut ! C’est plus difficile avouez-le mais il renouvelle l’exploit chaque année la dernière semaine d’octobre depuis un demi-siècle.
Enfant de la ville bastide il a été de toutes les fêtes (à la fois fils de Rosière et père de Rosière), de tous les événements graves ou comiques majeurs apportant sa bonne humeur, sa bonhomie rassurante et aussi il faut bien le dire son esprit critique affirmé à la vie créonnaise. Maurice est né commentateur de l’actualité locale ! Il le restera encore longtemps : c’est dans ses gênes. Depuis 65 ans il a en effet absolument traversé toute l’histoire créonnaise avec délectation et bonhommie mais avec le regard acéré de celui qui ne pardonne pas l’erreur.
Élève des écoles publiques créonnaises puis de celles lui ayant permis d’acquérir une formation professionnelle théorique car il connaissait bien avant son entrée tous les secrets des végétaux il a , comme le veut la tradition, vite intégré le giron de l’entreprise familiale produisant des plants de légumes et des fleurs.
Des dizaines de milliers de clients se sont succédés dans cet espace carrefour des envies, rentabilisé au maximum par ses parents, son oncle et son frère Bernard trop tôt disparu. Les établissements Roumage restent avec la génération actuelle et sous son attention bienveillante une référence, un gage de réussite pour celles et ceux qui leur font confiance. Planter Roumage c’est planter durable !
Chez eux et donc pour Maurice il n’y a jamais eu d’heure pour bosser : c’est la nature qui guide toute leur vie. Maurice scrute le ciel pour en déceler les périls ou les bienfaits, traque les maladies en véritable médecin des plantes, se lève avant l’aube ou se couche largement après le soleil depuis des décennies car il sait que la moindre erreur ne se pardonne pas. Sa réussite c’est cette proximité avec la vraie vie naturelle ! Maurice, l’homme qui parle aux chrysanthèmes, mérite amplement de nous rejoindre dans la Confrérie de la Cagouille créonnaise.
D’abord parce que il a été et reste l’un des acteurs essentiels de la relance du grand repas annuel de la commune libre du quartier de la Gare. Il en a fait un rendez-vous annuel où l’amitié a sa place et où tous ceux qui veulent partager sont les bienvenus. Membre influent du conseil de quartier il n’hésite jamais à mettre en avant des propositions dynamiques parfois mal comprises par le Maire actuel du quartier un peu « dur de la feuille ».
Ensuite Maurice toute ta vie a su qu’il fallait savoir donner du temps au temps pour réussir. Les plantes finissent toujours, si on les aime, si on sait les observer, si on apprend à les écouter par grandir et prospérer mais il faut être patient et opiniâtre comme le sont les cagouilles créonnaises. Il y ajoute son optimisme permanent qui lui a permis de surmonter les inévitables désillusions de la vie. Il est même tellement optimiste qu’il a renouvelé cette saison son abonnement aux matches des Girondins de Bordeaux dignes d’entrer dans notre Confrérie puisqu’ils cheminent très lentement en championnat. c’est dire s’il est optimiste!
Enfin Maurice je vais t’avouer que nous avons eu un moment d’hésitation en présentant ta candidature puisque, de par ton travail tu n’aimes pas particulièrement les gastéropodes ravageurs de tes plants de légumes. Après débats nous avons considéré que tu n’étais que l’ennemi des limaces mais pas nécessairement des escargots que tu préfères récupérer afin de les donner à cuisiner à Roberto pour une soirée à partager dans le fameux repère du « Chêne verre » où l’on « boit la vie en rosé ». Et il faut bien convenir que même au temps de sa splendeur, la cagouille de la Gare espèce noble s’il en est, n’est jamais entrée dans l’espace Roumage pour des raisons professionnelles… mais a rodé autour ce qui permettait des récoltes plantureuses.
Donc bienvenue à toi Maurice dans notre Confrérie. Nous te remercions de nous avoir fait l’honneur d’accepter notre invitation je le crois par amitié sincère à notre égard. Nous connaissons tes talents, ton allant, ta bonne humeur et ta joie de vivre communicative t’ayant toujours permis de vivre sereinement au milieu de tout le monde. Il serait malvenu de te « jeter des fleurs » toi qui mets tant d’attention à les faire pousser mais tu le mérites.