Il ne reste plus qu'à croire au Père Noël !

C’est fait ; Alain Juppé a soutenu encore un(e) candidat(e) perdant(e) qu’il avait choisi(e) pour des élections autres que municipales. Bien évidemment cette situation incontestable qui vient après la défaite du « Pont sur l’Estuaire » aux départementales girondines il y a encore quelques mois, sera noyée dans des propos nationaux ambitieux relevant de la prestidigitation. La Gironde maintes fois promises à la mise sous tutelle de Bordeaux avait échappé en ars dernier à l’ex-UMP confortée par quelques centristes isolés. Les résultats obtenus par Alain Rousset sur la Métropole (qui fera le vrai total des voix obtenues respectivement par Alain Rousset et Virginie Calmels ?) et dans des municipalités perdues par la gauche en 2014 sur la Gironde démontrent amplement que la Droite n’a pas du tout accroché un électorat qui ne lui fait pas confiance. Au détour de son programme national, le Maire Bordeaux a pourtant annoncé que prochainement il appellerait Virginie Calmels à occuper de « hautes fonctions à ses cotés ». Un sous-entendu qui confirme qu’il avait imposé la candidature de cette femme d’affaires parisiennes afin de légitimer le moment venu de se délester auprès d’elle de l’un des ses mandats locaux. C’était programmé puisque le combat était très incertain face à un Président sortant extrêmement présent et bien implanté depuis des décennies sur tous les territoires. Le lot de consolation approche !
Il faudra donc lui trouver début 2016 un fauteuil permettant à son mentor de se consacrer totalement aux primaires qui s’annoncent particulièrement féroces. Alors lequel ? La Mairie ? La Métropole ? Les experts vous le diront certainement bien avant que ça se produise (on parle de la cérémonie des vœux pour une annonce!) et ne doutons pas un seul instant que l’information sera trouvée avant le vote du budget. En ayant « consolidé son pouvoir » par un cabinet et des services communs aux 2 collectivités il a constitué un force de frappe pouvant accompagner dans un rôle ou l’autre une « débutante » dans la gestion publique. D’un coté ou de l’autre la majorité politique lui est garantie et elle aura ainsi du temps pour se préparer aux législatives ou à la reprise de la totalité des pouvoirs locaux de celui qui ne l’a pas installée à Bordeaux pour jouer les utilités. Il est vrai qu’aucun autre leader n’émerge à droite après les deux récentes campagnes de 2015.
Alain Rousset a en effet raflé la mise dans les villes importantes ou a redonné espoir aux oppositions municipales. Dans quasiment tous les bourgs centres girondins la gauche arrive en tête et si c’est le cas contraire l’écart est très faible. En s’appuyant sur la majorité du Conseil départemental similaire à celle du conseil régional possède désormais des leviers pouvant lui permettre de promouvoir une véritable politique de « solidarité humaine et territoriale » réclamée dans le fond par la grande majorité de la population girondine. Possédant une solide expérience politique le président de la « nouvelle Aquitaine » aura un rôle clé en 2017 car il lui faudra d’abord choisir entre son mandat régional et son mandat régional avant de réaliser une union régionale complexe et exigeante. Une course de vitesse va donc s’engager autour de cette échéance entre les deux camps.
A part ces péripéties de succession, rien ne sera vraiment changé dans le paysage girondin. Le vote du budget du département jeudi et vendredi permettra tout de même de savoir si la politique du « Ni…Ni » sarkozyste l’emporte en Gironde sur la volonté de ne pas conforter les positions des 2 élus du FN. Ce sera un test intéressant, concret car selon la décision prise par la droite on pourra savoir quelles ont été les consignes données. Inutile de rêver… On reprendra face aux prises de position frontistes relevant du prêt à porter national le chemin de la vision politique habituelle.
On ressortira les poncifs qui reviennent chaque année à la même période autour des « impôts », des « dépenses inutiles », du « manque de rigueur dans les contrôles », de la « dette »… mais il en va ainsi dans une milieu où on s’estime, on partage, on dialogue mais on ne peut pas faire autrement que bomber du torse face au FN qui dicte les comportements. Sauf qu’entre l’hémicycle métropolitain et le nouvel hémicycle Philippe Madrelle, les mêmes causes (baisse des dotations de l’État ) ne produisent pas les mêmes prises de position des mêmes personnes de Droite.
C’est ainsi et il faut l’assumer et l’admettre. Le scrutin national prouve pourtant depuis un mois que le peuple attend autre chose. L’électorat aura entendu une profusion de propos sur le changement des méthodes et des pratiques et constatera que rien, absolument rien ne changera. On se retrouvera donc en 2017 exactement dans la même situation face au clan Le Pen qui sort de l’arène sans être affaibli, couvert de blessures, conforté comme un martyr. On débutera après la bûche de Noël la guerre des primaires d’un coté, la mise en place du refus des primaires de l’autre. Il ne reste qu’à envoyer une lettre au père Noël…pour qu’un autre cadeau arrive sous le sapin.

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2 réponses à Il ne reste plus qu'à croire au Père Noël !

  1. J.J. dit :

    Il n’est pas du tout assuré, si des décisions drastiques de changement ne sont pas prises, que le « miracle » se renouvelle encore.

    J’en connais beaucoup qui, si un due Sarkozy -Lepen était à l’ordre du jour, ne choisiraient plus entre la peste et le choléra, et iraient » à la pêche à la ligne », avec tous les risque que cela comporterait.

    Comme disait le fameux slogan : « deux fois ça va, trois fois bonjour les dégâts ».
    Cela devrait faire réfléchir les princes qui nous gouvernent.

  2. Baillet Gilles dit :

    La vérité c’est que les voix de droite et d’extrême droite dépassent les 55% dans l’ancien duché d’Aliénor. Ce qui relativise la « victoire » d’Alain Rousset…

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