Ils s’épanchent sur tous les médias, ils pleurent à chaudes larmes devant leurs partisans, ils accumulent les cris de douleur et surtout ils affirment avec des trémolos ou de la haine dans la voix qu’ils sont martyrisés par un système qui veut leur disparition. Les Le Pen poursuivent avec quelqu(un(e)s de leurs proches idéologiquement une campagne dévastatrice de propos ‘indéfendables moralement indéfendables. Le seul véritable problème c’est qu’alors qu’ils agonisent la justice sous influence ils échappent à toute sanction. Il leur faut aller loin, très loin dans les phrases ou els formules assassines pour être seulement égratignés par un tribunal professionnel. Ces dernières années, Jean-Marie Le Pen a été condamné à de nombreuses reprises pour incitation et provocation à la haine, en raison de propos racistes, xénophobes et antisémites. Il a derrière lui des dizaines de procès mettant en exergue la réalité de ses pensées. Sa fille semble avoir profité de l’évolution sociale. L’outrance soigneusement masquée lui vaut une série de « blanchiments » judiciaires.
La présidente du Front national encourait en effet un an de prison et 45 000 euros d’amende pour avoir, en 2010, assimilé les prières faites dans les rues par des musulmans privés de mosquées à une « occupation ».
Voire à l’Occupation nazie (« Certes, il n’y a pas de blindés, pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même ») elle avait sciemment joué sur le mot occupation sans majuscule affirmait-elle. La justice a tranché. Logiquement et librement le parquet avait requis une relaxe en sa faveur. A son estime, « Mme Le Pen, en dénonçant ces prières imputables à une minorité de la communauté musulmane, n’a fait qu’exercer sa liberté d’expression ». Les magistrats ont suivi ces réquisitions. Et aujourd’hui la Marine qui est loin d’être une bleue en communication a donc franchi allègrement une étape supplémentaire dans la provocation.
Le Parquet de Nanterre a en effet ouvert une enquête préliminaire pour « diffusion d’images violentes » après des photos d’exactions du groupe Etat islamique tweetées un peu plus tôt dans journée par Marine Le Pen et Gilbert Collard. L’ouverture de cette enquête fait suite à un signalement du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve auprès de la plateforme Pharos de la direction centrale de la police judiciaire, afin qu’elle « puisse se saisir de l’affaire ». Marine Le Pen a notamment posté trois photos avec le texte « Daech c’est ça! »: un homme vêtu d’une combinaison orange sous les chenilles d’un char, un homme vêtu de la même manière enflammé dans une cage, et un corps d’homme décapité avec la tête posée sur le dos ! « Cette décision du tribunal contribue à la banalisation de la parole raciste », avait protesté une association antiraciste. Pour qui l’intéressée « utilise la liberté d’expression à des fins de détestation de l’autre. Elle s’inscrit donc dans les pas de son père ». Une nouvelle preuve en est fournie par cette attitude visiblement concertée qui va remettre le clan Le Pen à la une de l’actualité. .
Les républicains humanistes ont été tout autant choqués par un autre jugement, tombé le même jour. Il a concerné un député-maire de droite oins extrême et que j’ai très peu côtoyé à l’Association des Maires de France car il ne venait jamais aux instances où il avait réclamé un poste qui, en 2013, avait jugé « qu’Hitler n’avait peut-être pas tué assez » de membres de la communauté des gens du voyage. L’homme a été blanchi en cassation. Ses propos, tenus lors d’un aparté, n’ont « pas été proférés à haute voix », donc ne sont pas condamnables. Donc acte : on peut tenir tous les propos que l’on veut mais à voix basse, en aparté et au milieu d’un groupe restreint ! Le tout c’est de savoir si ce « juridisme » aura valeur de jurisprudence pour toutes celles et tous ceux qui pourraient être tenté par des mots de ce type pourtant tenus devant un journaliste.
On peut continuer avec la décision de classer sans suite la plainte visant l’eurodéputée très fine en la matière Nadine Morano. A la télé, elle avait discouru sur « la France, pays de race blanche ». Le parquet a jugé que ce n’était là que l’ »expression d’une opinion personnelle » , s’inscrivant dans « les limites admissibles de la liberté d’expression ».
Aujourd’hui sera à nouveau jugée une personnalité qui a déjà pu expérimenter le caractère fluctuant – jusqu’à la caricature – de la jurisprudence sur la répression des propos haineux : Eric Zemmour. « Les musulmans ont leur code civil, c’est le Coran. Ils vivent entre eux, dans les périphéries. Les Français ont été obligés de s’en aller », avait dénoncé le polémiste. Une amende a été requise contre ces propos « stigmatisants » et « sans nuance ».Précédemment, sa dénonciation des trafiquants de drogues « tous Noirs ou arabes », jugée haineuse, avait été condamnée. Mais ses dires relatifs aux « bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d’Africains qui dévalisent, violentent ou dépouillent » n’avaient pas été jugés condamnables, malgré leur caractère « excessif, choquant ou provocant ». A vous de juger… mais en attendant le mal progresse et plus rien en semble vouloir lui faire barrage. Parfois je pense que notre société a des tendances suicidaires !