Mais que diable François Hollande, ses éminents conseillers et ses fans sont allés faire dans cette volonté de faire passer à tout prix la notion de « déchéance de nationalité » ? C’est d’autant plus surprenant que pas un seul instant ils ont réussi à prouver l’efficacité d’une mesure inutile et inefficace pour juguler la barbarie venue de Syrie et bientôt de Libye. Il arrive de plus en plus rarement que j’aille faire un petit tour à l’Assemblée nationale pour discuter avec Martine Faure, députée dont je suis le suppléant… et avec d’autres parlementaires qui acceptent de parler avec un élu local monté à Paris. Hier matin il régnait une ambiance de fourmilière autour du Palais Bourbon avec un ballet ininterrompu de motards, de véhicules de police, une ambulance médicale des sapeurs-pompiers, des voitures plus ou oins banalisées et des forces de l’ordre en grande tenue…
Le Président Raul Castro était en effet reçu officiellement dans les murs de l’Hôtel de Lassay et les drapeaux franco-cubains flottaient au vent… des grappes de députés indifférents à ce déploiement de fastes d’une visite dite d’État étaient contraintes de montrer « patte blanche » pour rejoindre deux salles de réunions où se jouaient l’avenir de l’indispensable « réforme constitutionnelle ». Les groupes socialistes et Les républicains examinaient leur prise de position (s’ils pouvaient en prendre une) sur 2 articles de ce texte réputé essentiel dans la lutte contre le terrorisme !
Première remarque : vu le nombre de députés que j’ai croisé alors que se tenaient ces rencontres en présence dans un cas de Jean-Jacques Urvoas, Garde des sceaux et de François Fillon ancien premier Ministre le sujet n’avait pas l’air de passionner grand monde. Dans un camp j’ai pu constater que… Patrick Menucci n’avait pas l’air d’être préoccupé par le débat et de l’autre un certain Patrick Balkany a dû manquer pas mal des arguments échangés. Une bande de jeunes journalistes de LCP tentait vainement d’obtenir des réactions des députés battant le pavé de la rue de l’Université. Peu d’entre eux pouvaient dire ce qu’il se passait dans leurs conclaves respectifs puisqu’ils n’y étaient pas encore passés ou ils en étaient partis avant que le sujet soit abordé !
En fait l’objet de ces réunions dites de groupes consistait à convaincre les hésitants ou à leur mettre la pression pour qu’ils respectent la fameuse discipline qui partout où elle est mise en œuvre écrase les consciences. Au PS l’affaire tourne an eau de boudin pour les plus optimistes et au traquenard pour les autres. Le projet d’extension de la déchéance de nationalité va sonner l’exécutif et je suis prêt à le garantir va coûter très cher à la majorité avant un remaniement annoncé pour la mi-février ! Les fractures sont réelles et absolument rien n’a été modifié surtout après le réquisitoire républicain de Christiane Taubira présent dans tous les esprits. La nouvelle mouture concoctée par le gouvernement (pas de référence à la bi-nationalité ; déchéance prononcée par le juge) n’a rien changé car la ficelle est trop grosse.
Le problème si j’en crois les observateurs silencieux c’est que la propre camp du Président est secoué par cette réforme et il s’amenuise de jour en jour ! Des figures historiques de la Gauche s’invitent dans le débat. « Cela devient un débat étrange, dans la mesure où la violence du conflit symbolique dépasse de beaucoup l’importance technique du fait. La déchéance de nationalité est une chose grave, elle désacralise la nationalité. Je ne suis pas sûr que ce soir une bonne chose », a déclaré l’ancien Premier ministre Michel Rocard. Une déclaration qui fait très mal après le livre de Christiane Taubira car voici une réforme qui balaie tout l’échiquier de la gauche. Quelques parlementaires m’ont fait le plaisir de me demander où j’en étais et m’ont félicité quand d’autres s’esbignaient en me voyant ! Bref au PS il ya de la gîte car la cargaison des pro-réforme est bien mal arrimée. Une bonne centaine de voix peuvent, à l’heure actuelle manquer ! Mais comment le Président a-t-il pu se mettre dans ces sables mouvants? Qui lui a fait quitté pour un intérêt politicien la terre ferme des valeurs ?
François Fillon a de son coté quasiment renversé la position de son groupe en expliquant que des lois existent déjà et qu’il tient à « préserver la Constitution française de bricolages précipités ». Il a ajouté que la Constitution méritait autre chose qu’une opération de com , et ila réussi à devenir populaire parmi les députés LR dont beaucoup rêve de discréditer la position de Sarkozy. Mieux Alain Juppé, jusque là assez discret a indiqué clairement qu’il a « toujours été opposé à l’extension de la déchéance » et a dénoncé un « texte complètement inutile ».
Les commentaires allaient donc bon train vers 13 h entre la tarte à la poire et le fromage de brebis dans le restaurant de l’Assemblée bondé bien que soit l’on y soit autorisé à seulement 2 invités par député (e) en raison de l’état d’urgence ce qui a provoqué une crise malsaine et hystérique de Bourdouleix le député-maire de Cholet voulant la déchéance des huissiers. Les écolos tenaient table commune sur ce sujet et partout on y allait de son appréciation sur un Congrès qui pourrait se révéler un Waterloo présidentiel. Au PS les mines étaient soucieuses. A Droite on avait un sourire narquois… Ce matin à l’Elysée se joue en fait l’avenir de François Hollande qui ne se sortira pas du piège qu’on lui a fait tendre et dans lequel il est maintenant pris. C’est ainsi quand les attitudes politiciennes remplacent celles de la politique ! Au fait Raul Castro est reparti