La baisse de dotations de l’Etat envers les collectivités territoriales va en 2016 provoquer des soubresauts au sein d’une société en manque évident de repères citoyens. En laissant accroire que ces efforts financiers appliqués aux services au public rendus par les communes, intercommunalité, départements et régions vont diminuer la pression fiscale on a fortement trompé les contribuables. Les coupes sombres effectuées dans les crédits de la solidarité, de l’action culturelle, de la vie citoyenne vont renforcer considérablement sur les 2 prochaines années la déshérence sociale. Il faut s’attendre à ce les élus de la droite la plus dure imputent aux fameux « cas sociaux » la responsabilité de ces choix drastiques. Et dans ce registre les ressortissants du RSA vont être les victimes désignées des augmentations d’impôts qui si elles sont limitées cette années seront beaucoup plus fortes l’an prochain.
La tendance voulant que les acteurs des malheurs collectifs soient nécessairement les plus fragiles et les plus faibles. Cette allocation de solidarité cause en effet actuellement de grosses difficultés de financement aux départements. La majorité de droite de l’Association des Départements de France (ADF) s’est d’ailleurs emparé de ces faits pour attaquer v=bille en tête un gouvernement dont les décisions provoquent un tsunami social. Incapables de financer le delta entre le coût en augmentation constante (+9,7 % en 2015 en Gironde) et les compensations de l’État les assemblées départementales menacent de cesser leurs versements à la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) pour assurer un minimum de ressources à des millions de gens sans boulot, sans droits au chômage, sans véritables droits sociaux ! Les départements doivent pourtant assumer la charge de l’insertion de ces publics et ils y consacrent des financements importants. Ce pilotage départemental est fondamental car il permet de réintroduire « l’employabilité » au cœur des politiques prenant en charge une situation personnelle dégradée (santé, logement, vie familiale…)
On va donc à droite et à l’extrême droite maintenir la pression via l’ADF dans les prochaines semaines sur le Premier Ministre en revendiquant la renationalisation du RSA ou une compensation à la hauteur des budgets indispensables… ce qui constituerait une entorse grave au pacte de résorption des déficits publics au moment où l’Union européenne met le doigt sur le déficit structurel de la France. On va faire preuve de hargne et de détermination dans ce combat très politicien. Certains menacent de ne plus payer dès octobre prochain. D’autres mettront tout en œuvre pour limiter leurs dépenses de suivi et donc rendre le RSA inopérant. Il survient aussi d’autres initiatives comme dans le Haut-Rhin où les bénéficiaires du revenu de solidarité active devront en effet effectuer sept heures de bénévolat par semaine dans une collectivité, un établissement public, une maison de retraite ou une association. Ce serait la solution pour limiter le coût financier du RSA réservé aux personnes sans ressources et par le souci de sortir ses bénéficiaires de l’assistanat. C’est fait on est parti pour la stigmatisation des précaires et des plus en difficulté ! On fait circuler sur les réseaux sociaux des calculs archi-faux d’allocations, on effectue des comparatifs sans fondement, on colporte des discours tout faits sur la tricherie, on les cas exceptionnels en règle générale, on utilise la précarité pour os d’exclusion et de haine. Maintenant on invente le bénévolat obligatoire avant de penser aux travaux forcés ! Drôle de République !
Si la partie ‘revenu et solidarité’ est aujourd’hui confortée, force est de constater que le volet ‘retour à l’emploi’ n’a pas, loin s’en faut, atteint ses objectifs », estime le conseil départemental du Haut-Rhin. En fait il se condamne lui-même puisque sa compétence de « solidarité humaine » aurait dû lui permettre de mettre en place les conditions du retour vers l’activité qui n’est pas nécessairement l’emploi. En effet parmi les personnes qui relèvent du RSA on trouve souvent des difficultés liées à la santé, aux déplacements, au logement, à illettrisme, à la sociabilité… qui nécessite souvent des mois de remise à jour par des structures adaptées. Tout ce travail de fond n’apparaît pas nécessairement. Les collectivités, les établissements publics, les Établissements d’hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, les association sont-elles prêtes à assumer cette charge qui est présentée par les élus de Droite comme simple, évidente et durable.
Quand on sait les difficultés croissantes rencontrées par les jeunes à la recherche d’un stage, quand on a conscience qu’il va falloir augmenter la présence des jeunes en apprentissage, cette mesure relève du populisme mais absolument pas de l’efficacité sociale. Le Président du Haut-Rhin député Les Républicains qui dispose d’une quasi unanimité dans son conseil départemental justifie cette décision « au titre de la libre administration des collectivités locales ». En l’occurrence elle lui permet de renvoyer vers les autres sa propre responsabilité en mettant en place une plateforme des offres de bénévolat et un comité de pilotage pour assurer le fonctionnement du dispositif qui viendra compléter la dégressivité des indemnités pour les chômeurs qui arrive. On accrédite ainsi dans l’opinion dominante la thèse que la fracture sociale dans notre pays ne repose que sur la mauvaise volonté de celles et ceux qui subissent les effets de la crise mais surtout pas sur les épaules de ceux qui l’ont créée et qui l’entretiennent avec assiduité.