Il y a des informations parfois explicables mais qui du moment qu’elles font le buzz restent superficielles. C’est ainsi que le vote à l’Assemblee nationale a choqué par la faiblesse de la participation des Député(e)s à son résultat. Il manquait près de 450 d’entre eux dans l’hémicycle et pire la plupart des absent(es n’avaient pas donné procuration. Une véritable aubaine pour le courant populiste anti-parlementaire : cette « abstention » sera pire que tout ! Certes le lundi n’est pas historiquement le jour de la lus grande fréquentation au Palais Bourbon et les rangs sont souvent garnis des élus de la région parisienne! Cette réalité valable dans le fonctionnement « ordinaire prend une autre dimension quand il s’agit d’une séance destinée à adopter un texte constitutionnel. Et pourtant il faut être : ce n’est que l’illustration terrible de l’inutilité du cirque réputé démocratique.
Le rôle du député l’aida se résume en effet dans la v° République au rôle de fantassin muet Dans la plupart des cas . La parole est en effet confisquée par la « mediatocratie » qui hante la salle des pas perdus en quête du pote qui voudra bien lui tendre un micro charitable ou compréhensif ! Il n’y a pas de place pour le vrai d bat des que les caméras diffusent les séances. Pire le mercredi après-midi un spectacle d’une affligeante médiocrité discrédite semaine après semaine l’image des représentants de parties du territoire national. Alors venir dans une séance dont le résultat est écrit d’avance reste un exercice sans intérêt.
À droite Sarkozy et Fillon ont brisé en deux parties égales leur groupe dans lequel le suivisme personnalisé devient la règle essentielle. Â gauche l’émiettement est tel que les positions tiennent désormais de la divination. Entre celles et ceux qui votent l’état d’urgence mais qui ne votent pas la déchéance, celles et ceux qui font l’inverse, celles et ceux refusent les deux et la garde rapprochée présidentielle qui tente de sauver les meubles face au jusqu’au boutisme des partisans de Valls ! Les consignes ont de tous les temps pris le pas sur les consciences. Toute différence minoritaire devient un acte de traîtrise surtout s’il porte sur le fond et pas sur la forme. Illico s’installe le procès en sorcellerie intellectuelle tellement dangereux pour la République garante de la liberté d’expression. Impossible d’argumenter car le système vous interdit la parole officielle et surtout vous cloue au pilori de l’infidélité à des personnes alors que vous ne cherchez qu’à être fidèle à votre idéal! Lundi le vote était donc couru d’avance et la garde prétorienne était mobilisée ! Immédiatement le colonel Valls a enfoncé le President en le mettant en première ligne alors qu’il tentait de s’esbigner en douce. Il fait tout pour qu’une défaite au Congrès soit imputable à Hollande !
Le gouvernement (tout le monde est ainsi mouillé sauf Fabius qui prend ses distances et qui sera finalement arbitre quand le texte arrivera sur sa table du Conseil) appellera à voter contre tout amendement qui réécrirait sa formulation de l’article 2 de la révision constitutionnelle portant sur la déchéance de nationalité pour les crimes et les actes terroristes. Le colonel Valls a proclamé l’état d’urgence ! «Tout autre amendement qui réécrit l’article 2, qui revient sur l’idée de déchéance pour une déchéance partielle ou la mise en place d’une peine d’indignité nationale (…) tout amendement qui va dans ce sens, de suppression, ou de réécriture, remet en cause l’engagement du président de la République pris devant le peuple français (sic) dans le cadre du Congrès de Versailles. Et donc le gouvernement appelle à rejeter tous ces amendements qui modifient en profondeur cette conception», a déclaré le Colonel Vals dans l’hémicycle. Rappelez vous de Gaulle jouant son départ contre une déçu on défavorable à un référendum ! Là c’est petit bras car ce n’est pas Hollande lui-même qui met son mandat en jeu car c’est annoncé par un tiers et ce n’est pas le Peuple qui tranche mais son propre camp politique !
«Le gouvernement a fait une proposition, cette proposition elle vise à recueillir l’accord le plus large de l’Assemblée nationale, parce qu’en effet dans ce moment-là, nous devons être à la hauteur de la responsabilité. C’est cet engagement-là que je suis venu défendre une nouvelle fois devant vous». Résultat le PS a moins soutenu l’article 2 que le 1 la veille et la droite s’est fracturée à 50-50 alors que la version corrigée est plus proche que les précédentes des idéaux sarkozyste. Une personne française peut en effet «être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit» ce qui satisfait la droite dure ! Sarkozy a pris un énième camouflet ! Valls l’emporte à la Pyrrhus! Les opposants piétinent et la République s’enfonce un peu plus ! Le chantage n’ayant jamais été une méthode durable de gouvernement on va vers l’abîme par entêtement stratégique : comment se débarrasser d’un premier Ministre aussi précieux au combat en temps de guerre? Hollande s’est ficelé Tout seul et il paiera la note tout seul !
Manuel Valls avait déjà prévenu que voter contre la réforme constitutionnelle revenait à «mettre en difficulté le gouvernement et mettre en minorité le président» . Il avait également invoqué «la menace terroriste», aujourd’hui «sans doute encore plus importante» qu’avant les tueries du 13 novembre. Elle disparaîtra avec le vote symbolique de la déchéance de nationalité pour les bi-nationaux car on l’a vu à Calais ce sont eux qui commettent les « délits » !