L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) table désormais sur une croissance mondiale de 3% pour cette année, contre 3,3% en novembre dernier quand elle avait déjà amputé ses prévisions de 0,3%. Impossible de passionner les foules pour les études publiées par cet organisme alors qu’elles ont une importance capitale pour chaque individu. L’OCDE ressemble à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) car elle détecte les risques « d’épidémies » qui menace la planète. Et actuellement elles sont nombreuses et concernent absolument toutes les économies. Il faut bien l’entendre et l’admettre quand en France on continue à nous bassiner d’espoirs qui ne sont que des illusions dans un contexte tellement incertain ! Baisse des cours du pétrole, effondrement du cours des matières premières, défaillance de l’économie chinoise…. constituent des paramètres de poids dans l’avenir de notre pays qui a été placé au cœur de la mondialisation par les adeptes devenus discrets du libéralisme exacerbé !
Le ralentissement est « généralisé » relève l’Organisation, soulignant qu’il n’y a pas vraiment de locomotive qui tire la croissance, comme ces dernières années quand la croissance des pays émergents pouvait compenser les ralentissements des pays développés. Elle ampute de 0,5% les prévisions de croissances pour les Etats-Unis à 2% et pour l’Allemagne qui recule à 1,3%. La France reste pratiquement stable (-0,1%) à 1,2%, soit un niveau inférieur au 1,5% de croissance attendue par le gouvernement et donc il ne faut absolument pas attendre de diminution solide du niveau du chômage. D’ailleurs François Hollande commence à se rendre compte que la partie est perdue et prépare son renoncement aux présidentielles. « Je me suis engagé personnellement. J’ai dit que je serais jugé sur cette question-là. Je ne me déroberai pas. Je n’ai de ce point de vue-là qu’une seule parole. J’ai été candidat pour que nous créions les conditions pour qu’il y ait une baisse du chômage et il doit y avoir une baisse du chômage. Et s’il n’y a pas de baisse du chômage, vous savez quelles conclusions j’en tirerai », a-t-il dit. « Je peux ne pas être candidat, je peux être candidat », a insisté le chef de l’État. Mais on amorce le départ au profit d’un(e) candidat(e) sui va sortir du rang avant le mois de juin.
En effet depuis des mois le gouvernement actuel a maintenu par l’entêtement de son chef, des orientations politiques que même l’OCDE considère comme inefficaces. Le 14 janvier 2014 lors d’une allocution officielle le Président de la République française s’est exprimé clairement sur ses options en matière d’action économique et depuis absolument toutes les réformes convergent dans le sens de ces propos : : « Le temps est venu de régler le principal problème de la France : sa production. Oui, je dis bien sa production. Il nous faut produire plus, il nous faut produire mieux. C’est donc sur l’offre qu’il faut agir. Sur l’offre ! Ce n’est pas contradictoire avec la demande. L’offre crée même la demande. » Il va payer au prix fort cette erreur stratégique qui correspond à une volonté de ne pas contester les diktats européens erronés.
L’OCDE l’affirme par contre sans aucune ambiguïtés une position contraire ! Elle prend un virage résolu d’un changement d’approche que le gouvernement Valls ne veut pas appliquer. Elle recommande d’abord « une réponse politique collective plus forte afin de renforcer la demande », constatant que « la politique budgétaire est aujourd’hui restrictive dans la plupart des grandes économies » et que la politique monétaire menée par les banques centrales atteint ses limites pour relancer la croissance. En résumé au moment où la France serre la ceinture du peuple pour avantager la rentabilité (et derrière la productivité) des entreprises les « médecins » de l’économie mondiale produisent une ordonnance totalement contraire : « Les Etats peuvent actuellement emprunter à long terme à des taux d’intérêts très bas », souligne l’organisation, constatant que de nombreux pays ont aujourd’hui de la marge pour renforcer la demande à travers de la politique budgétaire ». 
En France en diminuant les dotations aux collectivités on saborde l’investissement public facteur clé de la relance dans le domaine des travaux publics, du bâtiment, des équipements. « Un engagement à augmenter collectivement l’investissement public donnerait une impulsion à la demande tout en restant sur un rythme budgétaire soutenable », assure ensuite l’OCDE. Enfin, elle s’inquiète de la situation en Europe et appelle les pays membres à « parler d’une seule voix afin de promouvoir l’unité et la croissance », citant notamment les divergences surgies lors de la crise des migrants, « les menaces extérieures à la sécurité, l’impopularité des mesures d’austérité et les forces centrifuges dans un certain nombre de pays », dans une allusion implicite à des cas comme la Catalogne. « Ces incertitudes politiques risquent de ralentir encore plus les investissements et pourraient conduire à des conditions financières plus difficiles », explique l’OCDE dont le rapport n’a pas été lu à Matignon ou à Bercy mais probablement synthétisé à l’Elysée…