Ce matin en commission permanente du Conseil départemental, le seul conseiller se réclamant du Front National a épluché plus de 220 délibérations pour traquer un mot, une obsession, une pépite pour assurer l’avenir des idées les plus obscures : « migrants ». Dans des textes administratifs tournés vers la solidarité humaine cet élu exploite le vocabulaire comme arme de propagande contre toute analyse objective des situations Toutes les occasions même les plus médiocres ou improbables servent d’alibis pour rappeler que les dangers, les difficultés, les drames, les carences viennent exclusivement des autres. La provocation, la suspicion, l’approximation, la délation indirecte instaurées en arguments politiques deviennent des armes pour ceux qui espèrent surtout avoir un écho médiatique afin d’entretenir le fonds de commerce du « bleu Marine ». Dans le fond rien de plus normal puisque la société ne se nourrit que de ce principe croissant : « Notre enfer personnel vient des autres ». Et donc il suffit de dénicher les coupables dans des mots et surtout sortir des poncifs, du prêt à porter idéologique ramenés des sessions de formation frontiste payées, comme le permet la loi, par les fonds publics. Les consignes sont simples : les « migrants » ou « les réfugiés » doivent servir d’exutoires à absolument toutes les rancœurs, les outrances, les manifestations égoïstes puisqu’ils provoquent dans absolument tous les pays d’une planète angoissée, déboussolée, éclatée, menacées une vague de détestation grandissante.
En fait le constat devient alarmant : il y a toujours quelque part une immigration se transformant en abcès des consciences. « Adolf  Donald Trump » le blond éméché veut faire payer au Mexique un nouveau mur de la honte…que le gouvernement d’Israël ne critiquera pas et que certains pays européens regarderont avec envie puisqu’ils n’ont que les moyens d’installer des fils de fer barbelé ! Jamais l’opinion dominante n’a été aussi dopée par les polémiques, les rumeurs, l’exploitation de l’ignorance, la dégénérescence culturelle, la faiblesse éducative. Il suffit de surfer sur cette vague grandissante ! Les digues cèdent de partout.
Ainsi des affrontements ont éclaté entre les forces de sécurité et les migrants qui tentaient d’entrer sur le territoire macédonien à la frontière avec la Grèce. Le FMI, la BCE, les banques crocodiles, les tenants du profit ont mis à genoux le peuple grec, ont détruit les services publics déjà bien faibles, transformés des catégories sociales en immigrés dans leur propre pays ! Réinventant le jeu de la patate chaude les « joueurs » avec la peur des peuples se renvoient la responsabilité de gérer un afflux de réfugiés déplaçant ainsi partout les difficultés vers les frontières maritimes. Les Grecs incapables de juguler un arrivage massif et diversifié des pays en guerre vont devoir assumer une cascade de fermeture des routes vers l’exil de ces femmes, ces hommes, ces enfants qui échappent seulement parfois à des bombes payées avec nos propres impôts.
La police macédonienne a estimé qu’environ 5.000 migrants ont tenté de passer la clôture à la frontière en utilisant de larges tuyaux en métal, des pierres et autres objets durs contre les forces de sécurité et les autorités locales essaient de réparer la clôture protégeant la frontière avec l’espoir de juguler un nombre croissant de migrants D’après les statistiques de la police, seuls 92 migrants ont traversé la frontière entre la Grèce et la Macédoine ces dernières 24 heures: 79 citoyens syriens et 13 irakiens. Aucun migrant afghan n’a pu passer la frontière à cause des mesures similaires introduites par les autres pays le long de la route des Balkans…
Et pendant le même laps de temps à l’autre bout des chemins de l’espoir on rase le sous-bidonville de Calais. La situation était devenu inhumaine pour les uns et insupportable pour les autres. Lentement l’exaspération silencieuse s’est transformée en haine brutale sous le poids des mots et grâce au choc des photos. Alors que parfois les mêmes mots et les mêmes images provoquent des élans de solidarité sur des terres lointaines ils attisent simplement la haine ou l’indifférence.
En épluchant les délibérations du Conseil départemental, ici comme ailleurs, l’élu du Front National pratique l’amalgame hors des valeurs ou des principes : il détourne les valeurs fondatrices de la République portées par des décisions d’une collectivité ayant pour mission clé la solidarité humaine. C’est son seul objectif. Le reste, comme l’amélioration du quotidien de ses mandants, il s’en moque éperdument. Il traque le « migrant » et les « intentions hostiles aux idées du FN ». Le reste c’est sans intérêt…Est-on certain qu’il n’est pas entendu dans un système social qui ressasse sans cesse d’une manière détournée que « l’homme doit être un loup pour l’homme » afin de réussir ?