Les noms de tous les dirigeants du football européen ou mondial vont finir par être plus connus que la très grande majorité des joueurs dont ils sont sensés d’occuper. Pots de vins, faux contrats, paradis fiscaux, indulgences coupables, détournements de fonds… ils occupent chaque jour la rubrique des faits divers au moment où dans le stades se préparent les grands rendez-vous. Depuis des décennies il y a dans ce milieu ceux qui font vivre leur sport et ceux, très nombreux, qui vivent du sport alors que leur seul mérité reste de se constituer des majorités électorales par des moyens dignes des républiques bananières. Bientôt ils seront tellement nombreux au portillon judiciaire que les tribunes officielles risquent de sonner creux. C’est d’un tel niveau de corruption ou de concussion que les politiques apparaissent comme de petits joueurs. Quelques affaires de fesses supplémentaires, des flots d’argent venant justement des paradis fiscaux, des liens démontrés avec les mafias, des banqueroutes potentielles couvertes par des banques sur ordre des gouvernements, du truquage de rencontres : il y a dans ce monde matière partout à mettre bien des gens au « ballon » ! Le fric… le fric… le fric… C’est l’obsession de la FIFA, de l’UEFA et te de toutes les grandes fédérations dont les dirigeants ont une propension particulière à se penser intouchables puisque adossés à des millions de « croyants pratiquants » et de supporteurs indulgents car consommateurs de spectacles et surtout électeurs potentiels des gouvernements indulgents !
Le prochain Euro sur le territoire français va illustrer ces pratiques voulant que de manière objective, l’UEFA dicte sa loi et fait absolument ce qu’elle veut afin de dégager le maximum de profits. Ainsi les villes organisatrices vont avoir à régler des notes salées dont elles chercheront par tous les moyens à dissimuler les montants. Elles communiqueront sur les fameuses « retombées économiques » qui servent à se sortir de tous les débats.
Chaque semaine une surprise tombe sur les collectivités territoriales pouvant être des villes ou des intercommunalités. Par exemple elles doivent enlever toute publicité et fermer tous les commerces existants dans un rayon d’un kilomètre autour du stade les jours de match. Le pouvoir de police du Maire n’a plus lieu d’être : l’UEFA privatise totalement les lieux et récolte tous les bénéfices des locations, des installations temporaires et des ventes potentielles. C’est ainsi ! Les attributaires par exemple des « buvettes », des « sandwicheries », des « loges » ont été écartés des stades qu’ils ont en concession. L’appel d’offres (s’il y en a eu un) pour les repas des VIP a été attribué à un traiteur autrichien qui apportera la totalité de la nourriture, des toasts pour les réceptions, des équipements et son personnel d’encadrement par avion en provenance directe de Vienne pour chaque rencontre ! Idem pour l’ensemble des prestations annexes qui sont exclusivement attribuées par l’UEFA et qui ont écartées toutes les entreprises locales. 
Pour la sécurité le principe est différent. Elle doit être assurée par l’Etat et les autorités françaises selon les exigences et le cahier des charges qui a été accepté par le gouvernement. Ainsi les sapeurs-pompiers répètent depuis des mois à chaque rencontre de championnat de L 1 afin de se préparer à toutes les hypothèses. Les moyens humains et matériels sont pré-positionnés et seront donc extraits des centres de secours les soirs de matches dans une période où les pics de nombre de sorties quotidiennes et les risques potentiels sont élevés. Une indemnisation par l’Etat est prévue ! Elle est à prendre ou à laisser ! En entendant le contribuable paye pour les organisateurs!
Il reste à savoir qui va financer la couverture sécuritaire des fameuses « fans-zones ». Dans les conditions actuelles avec les récents attentats il va falloir ajouter le jour des rencontres au stade des moyens supplémentaire pour ces sites ouverts au grand public. Sur Bordeaux on parle officiellement d’une ardoise entre 4 et 5 millions d’euros mais la reconstitution d’un attentat a mis en évidence des besoins supplémentaires qui sont impossibles à chiffrer. Par exemple qui va assurer la sécurité dans les rues, les lieux publics extérieurs au lieu clos de la fan-zone ? Le CHU fera donc avec le personnel disponible. Le Service départemental d’Incendie et de Secours ne pourra pas par exemple dégarnir tous les centres de Gironde en véhicule de secours entre le 10 juin et le 10 juillet et donc un vrai casse-tête se pose surtout. Pour le moment aucun contrat, aucun financement donc aucune mobilisation particulière n’est prévue pour ces besoins. Ce n’est pas le problème de l’UEFA ! Elle, elle encaisse !
Les contribuables de Bordeaux Métropole y seront pour au minimum pour 2 millions d’€ et une lettre sympathique a sollicité une contribution du département à la hauteur de 500 000 € qui a peu de chances d’être acceptée. A votre bon cœur ! On assiste dans les faits à une privatisation des bénéfices et une liste impressionnante de frais transférés à la puissance publique dans l’ignorance générale de la réalité. On vient d’inventer le supporteur-contribuable ! Il faudra bien qu’à un moment ou à un autre quelqu’un sorte le carton rouge !