Si le bénévolat se meurt… la démocratie réelle suivra !

En période aussi difficile que celle que traverse la France il y a une spécificité historique que la République ne sait absolument pas conforter, développer, valoriser : le bénévolat à la Française. Il a pris naissance quand il a fallu enraciner dans le peuple une conscience d’appartenance à une société solidaire. Contre le monde du profit ; contre le diktat de la concurrence ; contre l’égoïsme grandissant ; contre le consumérisme exacerbé le seul antidote réel qu’il faudrait massivement administrer à tous les niveaux dans le pays serait celui de l’action citoyenne. Un engagement qui s’étiole et qui risque de détruire ce lien social indispensable pour que survive une vraie démocratie. Partout où les idéologies fascistes se développent elles ne peuvent le faire qu’en occupant le vide laissé par le travail inlassable effectué par ces femmes et ces hommes qui donnent de leur temps et souvent par ricochet de leur argent au service d’une seule passion : servir plutôt que se servir ! Il n’est pas indispensable d’être sociologue pour constater que partout où la vie associative sous toutes ses formes, recule faute de personnes dévouées pour le faire vivre on assiste au « recroquevillement » stérile des quartiers ou des villages sur le terrible slogan : « maison, gazon, télévision ». En fait tout concourt depuis une dizaine d’années à l’extinction de l’action bénévole. Tout le combat de ma vie politique aura été de mettre en évidence au contraire les bienfaits sociaux de la forme la plus réelle de citoyenneté. Et c’est un vrai « combat » !
D’abord parce que cette disposition d’esprit ne naît pas spontanément mais on sait qu’elle se transmet par l’exemple d’une génération à une autre. Dans un contexte où les « phares » sociaux que furent durant la second moitié du XX° siècle les enseignants, les militants de tous bords, les vrais démocrates, les progressistes qu’il y avait dans des mouvements historiques comme la mutualité, la coopération, le sport, ont lentement disparu on ne trouve plus de relève. Très souvent le « virus » du bénévolat passait par l’école ou le collège à travers la mobilisation que décrétaient des institutrices ou des instituteurs, des professeurs, des chefs d’établissements soucieux de dépasser leur seule fonction d’instruction pour y ajouter celle essentielle de formateurs de citoyenneté. Qu’ils soient nommés « sociétés », « patronages », « amicales » les creusets scolaires du bénévolat ont forgé des centaines de retraités actuels qui n’ont jamais renoncé à s’engager au service de l’intérêt général. Voir son « instit » ou son « prof » tenir le cinéma, faire vivre avec le bibbliobus la bibliothèque, éduquer une équipe de foot ou de rugby, assurer le secrétariat s’engager dans une équipe municipale ou
Il y avait ensuite deux « outils » pédagogiques qui se meurent faute d’intérêt : la coopération et les foyers ! L’Office Central de la Coopération à l’École (OCCE) prônait ni plus ni moins qu’une initiation concrète à l’engagement responsable. Qui se souvient de la cueillette du tilleul que l’on mettait ensuite à sécher dans le cour de récréation pour le vendre au profit de la coopé ? Et le journal de classe diffusé avec l’objectif de faire s’exprimer l’enfant à tous les âges et ensuite à gérer une diffusion solidaire. Les kermesses de fin d’année qui constituaient les meilleurs conseils d’école puisqu’elles réunissaient autour des élèves volontaires et acteurs les diverses composantes dus système éducatif : enseignants, parents, élus, anciens, militants agissaient en commun afin de financer ce que la puissance publique n’imaginait même pas soutenir. Un ciné-club, un voyage de fin d’année, un spectacle, une équipe sportive existaient que grâce à un financement autonome… et donc neutre. Les fameux « foyers socio-éducatifs » gérés par les collégiens ou les lycéens ont bien du mal à survivre car le mal du désintérêt frappe aussi les nouvelles générations qui font du lien social par réseaux virtuels…Il y a des poussées sporadiques de citoyenneté quand il faut contester mais l’engagement est éphémère !
Le bénévolat à la française a été stigmatisé par une Europe uniquement tournée vers le monde du profit et donc incapable de comprendre et d’admettre que l’on puisse déranger sa fameuse « concurrence libre et non faussée ». Elle a plongé dans une tourmente naissante l’ensemble du système associatif hexagonal porté par justement des gens désintéressés qui ne comprennent pas des contraintes légales coercitives. Les collectivités obnubilées par la gestion étriquée et immédiate de leurs budgets victimes d’une erreur néfaste de l’État pressé par Bruxelles de réduire ses dépenses entament un désengagement dangereux. On en verra les premières conséquences en 2017 lors des échéances électorales et plus encore en 2020. A-t-on effectué une analyse des effets de ces mesures qui ressemblent étrangement aux premières que prennent les municipalités FN ayant bien compris que les blessures mortelles infligées à une vie associative bénévole lui permet de détruire ce qui peut constituer des foyers de résistance. Le bénévolat reste en effet le vrai ferment de l’égalité, de la liberté d’agir et de la fraternité salvatrice. Il n’est pas encore moribond mais asthénique… et s’il ne bénéficie pas d’un vrai fortifiant politique il ne tiendra plus très longtemps !

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7 réponses à Si le bénévolat se meurt… la démocratie réelle suivra !

  1. batistin dit :

    « …le mal du désintérêt frappe aussi les nouvelles générations qui font du lien social par réseaux virtuels… »
    Voici, peut-être ce qu’il faudrait rajouter, en espoir, à cette phrase:
    le réseau virtuel devient de plus en plus notre espace de vie, espace ou sont à nouveau et de plus en plus réunis les anciens et la jeunesse.
    Pour preuve, les clubs informatiques assidûment fréquentés par des citoyens aux idées bien ancrées, individus rompus au fonctionnement du bénévolat et dont la moyenne d’age est de … 75 ans !
    Ceci surement à cause (ou grace) à l’éloignement géographique de plus en plus fréquent des grands-parents et des petits enfants, Papi et Mamie s’équipant prestement de tout le matériel informatique nécessaire au rapprochement !

    De plus, toujours en espoir, la liberté de parole sur les réseaux sociaux bénéficie encore d’un répit, tout au moins en France, et le franc parler, à ne pas confondre avec les insultes anonymes, y est encore possible, tout au moins dans le cadre de groupes constitués et clairement identifiables.

    Ensuite, encore en espoir, la jeunesse n’est pas si dupe que l’on pourrait le croire quand à l’exercice de sa citoyenneté.
    Justement peut-être par la précision que l’on peut espérer de l’analyse d’une idée , citoyenne et politique, avec l’aide de différents points de vue disponibles sur les réseaux sociaux.

    Même si les réseaux sociaux sont aussi la proie des médias « institutionnellement démoralisants », les bonnes nouvelles et les initiatives citoyennes réelles prennent corps bien souvent en partant des claviers.
    Et, vu le temps passé, par les anciens et les jeunes sur ces fichus claviers, qu’est-ce donc d’autre que du bénévolat ?!

    Vous qui, Monsieur, croyez encore au Verbe, ne voyez ici de ma part qu’une saine envie d’espérer.

  2. J.J. dit :

    C’est vrai que les seuls « bénévoles » encore un peu visibles, sont représentés par ces « cochons de retraités privilégiés »qui s’activent dans des épiceries sociales, restos du Cœur et autres organismes associatifs, devenus essentiels à la survie d’une partie de la population.
    Quand aux membres des clubs sportifs locaux qui se donnent la peine de jouer un match dominical, gratuitement, pour leur plaisir et celui des spectateurs, ils sont bien minables et risibles : ils ne sont pas grassement rétribués ! Naïfs, va.

    • Sanz dit :

      Dans cette formulation « cochons de retraités privilégiés », vos propos cherchent à faire entendre une dérision amère, n’est-ce pas ?
      Personnellement, je trouve honteux de penser que des personnes qui ont travaillé toute leur vie et cotisé ne puissent pas faire valoir leur droit sans aucune culpabilité. Non, leur droit à la retraite qui s’affirme dans le versement d’une pension, n’est pas un privilège. Puis-je oser même dire que je pense que cela leur est dû. Ils ne l’ont pas volé.

      Comment puis-je dire ça, moi, qui n’appartient pas à cette génération de retraités et qui n’envisage pas sereinement mon avenir : est-ce que je ne ferai pas partie de ces gens qui n’auront pas de retraite ou tellement faible que je serais dans l’obligation d’occuper encore un emploi ? Pour cette raison, pourquoi est-ce que je ne rejoins pas ceux qui pensent qu’ils sont des « cochons de retraités privilégiés » ?

      Plusieurs raisons s’en doutent motivent mon point de vue. Il y en a un qui m’anime : je crois qu’une société ne peut se construire sur la jalousie, en lorgnant sans cesse sur ce que possède son voisin avec l’amertume de ne pas le posséder aussi. En revanche, plus des personnes font valoir des droits, plus l’extension de ces droits peut s’envisager et bénéficier à tous. Un droit ne peut plus être considéré comme un privilège lorsque la majorité voire le plus grand nombre en bénéficie, non ? Ce qui pose la question d’un droit à un revenu dans notre société aujourd’hui.

      Ce que je veux dire aussi, c’est que les personnes jalousant celles bénéficiant d’un droit à retraite ne peuvent se plaindre si elles-mêmes ont acquis ce droit mais ne le font pas valoir : c’est alors leur choix, individuel et strict ; enfin, pour ceux qui se plaignent (notamment de la génération dont je fais partie), quelles luttes mènent-t-ils pour réfléchir à un système cohérent qui assure la mise en place effective d’un droit à revenu dans notre société pour aujourd’hui et demain ?

      Avec le but de rester digne et de chercher à contenir la part la plus inhumaine qui m’habite aussi, je pense toujours que jalouser son prochain n’est pas une solution ; il ne me reste plus qu’à « relever les manches » pour travailler à maintenir et promouvoir un monde plus juste. En commençant par m’impliquer dans le bénévolat, par exemple ; et pas seulement.

      Bien amicalement
      Noëlle

      • J.J. dit :

        Evidemment que le terme de « cochons de retraités privilégiés » est à considérer comme une ironie cynique, amère et provocatrice (j’en suis un moi même).

        C’est comme lorsque certains représentants des classes aisées, des nantis qui n’ont sué que sur des parcours de golf ou en maniant des raquettes de tennis, se permettent de qualifier de fainéants et de profiteurs les chômeurs ou les RMistes.
        Comme les bourgeois du temps du Front populaire qui qualifiaient de « salauds de pauvres « les travailleurs qui avaient l’outrecuidance de réclamer la semaine de 40 heurs et des congés payées !
        Bien amicalement
        J.J.

    • Sanz dit :

      Pardonnez-moi… Les vidéos auxquelles me conduisent les liens ne démarrent pas. Quelqu’un d’autre que moi a-t-il rencontré ce problème de lecture ?
      Bien amicalement
      PS : Je compte réessayer un peu plus tard.
      NS

  3. Sanz dit :

    Bonjour,
    Permettez-moi de vous confirmer que j’ai bien visionné les trois vidéos et vous remercie d’avoir rendu cette consultation possible. De plus, permettez-moi de vous communiquer mes notes sur ce que j’ai retenu de cette réunion que j’ai trouvée fort intéressante.
    J’expose ainsi ma compréhension comme peut-être les contre-sens que je n’aurais pas su éviter et aussi ce que je ne sais pas. Ce qui permet d’ouvrir un dialogue me semble-t-il.

    Quoi qu’il en soit, je sollicite par avance toute votre indulgence et vous remercie de votre attention ainsi que pour votre lecture bienveillante. Bien cordialement, Noëlle Sanz.

    Notes NS à partir des vidéos réalisées lors de la réunion du 26 avril 2013 à Créon (et visionnées le 14 avril 2016) :

    Première vidéo (15’34)

    Le Haut Conseil à la vie associative est une structure présidée par 40 représentants du monde associatif, un élu des communes soit un maire (c’est Monsieur Jean-Marie Darmian, maire de Créon), un élu de conseil départemental (en provenance de la Meurthe et Moselle que M. JMD n’a jamais vu) et un élu de la région (tout autant inconnu).
    Cf. :
    Le site de cette structure est consultable ici :
    http://www.associations.gouv.fr/237-le-haut-conseil-a-la-vie.html
    Une présentation de la création de cette structure est consultable ici :
    http://www.associations.gouv.fr/1063-le-haut-conseil-a-la-vie.html
    Enfin, une fiche wikipédia à propos de cette structure, dont je n’affirme aucunement la validité des informations qui y sont relayées, est en ligne ici :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut_Conseil_%C3%A0_la_vie_associative

    Les missions de cette structure sont plurielles. Jean-Marie Darmian les énumére succinctement :

    – La mise en place de la fiscalisation des associations.

    L’univers associatif est composite : il s’étend de la gestion des EPAD (Etablissements pour personnes âgées dépendantes), aux hôpitaux et coopératives ou bien encore à la plupart des établissements médico-sociaux.
    En liaison avec le traité constitutionnel européen, ces structures de statut juridique associatif doivent-elles être soumises à un régime de fiscalité identique à celui qui s’applique aux entreprises ?

    – La rédaction et le renouvellement de la charte nationale

    Cette charte pose un cadre aux relations entretenues par l’État avec les associations et vice-versa. Celle actuellement en vigueur est un accord qui a été signé en 2001.
    Dans le prochain accord, en raison des relations qu’elles entretiennent tant avec l’État qu’avec les acteurs associatifs, quelle place y sera-t-il accordé aux collectivités locales territoriales qui, aujourd’hui, sont au nombre de 5, à savoir : les communes, les intercommunalités, les conseils départementaux, les conseils régionaux et les métropoles ?

    – Le mode d’enregistrement d’une action dont découle le mode de financement.

    Une loi relatif à l’économie sociale et solidaire, en cours d’élaboration et qui sera votée à partir de juin 2013, aura une incidence sur le secteur social et médico-social ; seront donc concernés les secteurs employant les aides ménagères, celui de la formation, ou encore l’accompagnement scolaire. Cette loi aura un impact très fort sur les salariés de ces associations et plus généralement toutes celles qui délivrent des savoir-faire.
    Ces associations rendront-elles des services ou bien des prestations ? Choisiront-elles d’émettre des facturations ou bien des subventions ? À quel régime fiscal appartiendront-elles dorénavant ?
    En pratique et à titre d’exemple, la déclinaison de ces dispositions juridiques signifient qu’une mairie ne pourrait plus mettre ses locaux à disposition de manière gracieuse comme elle le fait ; en effet, cette mise à disposition devrait être considérée comme étant un prêt qui devient le prétexte à réaliser une prestation et par conséquent il exigera une estimation au prix du marché.

    M. Jean-Marie Darmian rappelle sommairement l’existence de 4 sortes d’associations :
    1) les scop ou sociétés coopératives et participatives ou encore SCIC (consultable ici : http://www.les-scop.coop/sites/fr/les-scop/qu-est-ce-qu-une-scop.html ), les chambres consulaires (chambres professionnelles des métiers, du commerce et de l’industrie),
    2) le mécénat et les fondations
    il s’agit avant tout de fonds privés, les fonds publics y étant majoritairement minoritaires ;
    et les associations loi 1901 qui sont de deux types :
    3) les associations loi 1901 rendant des services d’intérêt économique et général (SIEG)
    4) les associations loi 1901 NE rendant PAS des services d’intérêt économique et général (SIEG ou SinonEG).

    NS : Un ancien travail sur un livre des Éditions Francis Lefebvre relatif aux associations, – par ailleurs très bien fait, avec une présentation générale sur la constitution et la reconnaissance de la personnalité juridique des associations, les attributs de la personne morale, le fonctionnement de l’association (Assemblée générale, règlement intérieur, responsabilités, dissolution, les règles d’imposition et obligations, etc) – me permet d’ajouter à la liste ci-dessus les associations sportives, les associations de protection de la nature et de l’environnement, les associations de défense des consommateurs, les associations internationales.
    Sur Internet, un accès à une boutique est seulement possible, ici :
    http://boutique.efl.fr/documentation/par-matiere/associations.html
    http://boutique.efl.fr/bulletin-associations-et-fondations.html
    http://www.efl.fr/actualites/associations/
    Naïvement, j’avais cru pouvoir vous indiquer le lien vers l’ouvrage des éditions Francis Lefebvre auquel je fais référence. Qu’est-ce qui empêche sa mise en ligne et son accès ? Cet ouvrage, comme malheureusement beaucoup d’autres, est-il épuisé ?
    Selon moi, l’accès complet et libre à ce type d’ouvrage de référence permettrait de comparer facilement les modifications et de comprendre la part de choix ou de non choix que les acteurs associatifs supportent ou auxquels ils peuvent adhérer.

    – Le congé d’engagement bénévole
    Il s’agit d’un droit ouvert à un salarié d’entreprise pour prendre un congé si et seulement si il le réserve à l’exercice d’une responsabilité dans une association de son choix.

    Autres modifications prévues :

    – les appels à projet sont remplacés par des appels à initiative.

    À titre d’exemple, concernant les projets sur la lecture publique, une collectivité ne pourra pas/plus recevoir tous les projets associatifs sur cette thématique mais ce sera aux associations qui gèrent cette activité de faire des propositions sur la base de ce qu’elles peuvent apporter à la vie sociale.
    NS : Est-ce que cela ne revient pas à mettre en concurrence les acteurs associatifs sur un territoire ?

    Autre exemple : à ce jour, dans le secteur médico-social, c’est le Conseil général qui lance un appel à projet auprès du secteur associatif pour assurer la gestion d’un établissement accueillant par exemple des enfants autistes. Demain, à cause de la loi sur l’économie sociale et solidaire, ce sera l’inverse : il reviendra aux associations de devenir des structures de proposition avec projets et programmes préalablement conçus qui viendront s’inscrire dans les schémas départementaux.
    NS : N’est-ce pas un transfert d’autorité qui va s’opérer ?
    Je m’explique : l’assemblée délibérante qui constitue une collectivité (quel que soit son niveau administratif, c’est-à-dire communal, intercommunal, départemental, régional et celui de la métropole) n’est-elle pas écartée et substituée au profit du secteur associatif qui représente des communautés parcellaires défendant des intérêts particuliers ?
    Cette nouvelle disposition prévoyant le passage des appels à projet à des appels à initiative ne crée-t-elle pas de fait les conditions d’une inversion de l’autorité politique qui n’est plus celle relevant d’une élection mais celle de l’implication privée et volontaire des individus sur un territoire donné ? N’y a-t-il pas alors un risque de rapt des initiatives et la disparition pure et simple de l’intérêt commun ?
    NS : Est-il possible de partager des arguments favorables à cette nouvelle forme d’organisation de la vie sociale ? Qui veut bien expliciter des arguments qui seraient contraires aux miens ? Suis-je simplement « frileuse » ou bien mes craintes ont-elles des fondements déjà éprouvés par des « anciens » – acteurs de la vie associative ?

    – La non récurrence d’une subvention

    Cela veut dire que la subvention ne pourra être reconduite d’une année sur l’autre si le projet est identique.

    NS : Les associations sont mises dans l’obligation de réinventer leur action en la modifiant selon une fréquence annuelle. Un an passe très vite. Ce qui veut dire une mise en tension permanente des équipes associatives. J’y vois un risque d’une sur-activité au détriment d’une action s’inscrivant sur un temps long qui permet de faire un bilan d’expérience et d’apporter des modifications réfléchies. Personnellement, je crois à l’inscription dans le temps d’une action pour assurer son impression dans un territoire et son apprivoisement par le public quel qu’il soit. Si c’est le turn-over qui est retenu, je crains un épuisement à la longue des investissements du public quel qu’il soit.

    M. Jean-Marie Darmian rappelle que les associations françaises sont une spécificité européenne. Ne s’applique pas en France le principe de concurrence libre et non faussée pour les associations françaises.

    Actuellement (Rappel : 26 avril 2013), un affrontement à lieu à Bercy sur l’appartenance des associations :
    – soit elles relèvent du secteur marchand, la référence est alors l’appel d’offres.
    – soit elles relèvent du secteur non marchand (ce sont des associations loi 1901de type SinonEG), la référence est alors la délégation de service public (DSP).
    Dans le cadre d’un appel d’offre, le président d’association prend un risque.
    NS : Est-il possible de connaître la nature et le type de risque encouru ?

    Troisième vidéo (28’41)

    Quoi qu’il en soit, dans le cadre du renouvellement de la charte, en tant qu’élu mandaté au sein du Haut Conseil de la vie associative, M. Jean-Marie Darmian, avec à ses côtés Patrick Hule, président de la Conférence Permanente des Coordinations associatives qui regroupe la commission syndicale des associations, le CRESS ou Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire et le Conseil consultatif de la vie associative, demande aux acteurs associatifs invités ce jour 26 avril 2013 à l’Hôtel de ville de Créon, quelles sont les revendications qu’ils veulent voir inscrites dans la charte ; par exemple :
    – est-ce que la convention triennale d’objectifs est une revendication qui doit être portée ?

    Liste des propositions émises par les acteurs associatifs présents dans la salle :

    – l’inscription dans la charte d’une convention triennale d’objectifs.
    – la reconnaissance minimale par l’État pour toute association de son appartenance au domaine social ; la reconnaissance d’une utilité sociale à toute association vise à garantir un socle commun de la vie associative.
    – la reconnaissance d’un projet associatif lié à un droit à subvention.
    – l’exigence d’une transparence quant aux subventions versées aux associations (publication).
    – la formation des bénévoles.
    – les critères d’évaluations des associations sont à annexer à la charte.
    – la récupération du montant des fonds de toutes les associations qui ont disparu et qui n’ont pas soldé leur compte auprès de La Banque postale (soit quatre milliards d’euros).
    – et la récupération des intérêts des assurances-vie non réclamés par les bénéficiaires qui représentent la somme de six milliards d’euros.
    – le prélèvement d’1 % de la masse salariale de l’ensemble des clubs du sport professionnel pour le réserver au renflouement du Centre National pour le Développement du Sport (CNDS).
    NS : J’adhère à ces propositions et par conséquent, les fais miennes.

    Autres revendications sur les points suivants :

    – la mise en place de « réviseurs » permettant l’aiguillage des associations selon que leurs financements dépendent d’une loi cadre ou d’une loi de programmation.
    Rappel : Une loi cadre définit des principes, par exemple : ce qu’est une subvention.
    Une loi de programmation est une loi qui prévoit des financements et leur ventilation.
    Ces « réviseurs » concerneraient notamment les centrales d’achat de Leclerq qui ont aussi un statut associatif.
    – la question des mandatements (Cf. : avis du Conseil d’État – NS : incompris).
    – l’extension de la clause d’utilité sociale présente dans le Code des marchés publics aux associations.
    – la valorisation du bénévolat pour qu’une association puisse défendre son appartenance au secteur SinonEG, même si elle a des salariés et encaisse des prestations rémunérées.
    – l’évaluation de l’association
    en sachant que les valeurs comptables et gestionnaires d’une association ne sont pas identiques à celles de son utilité sociale. Comment prendre en compte cet écart voire le combler ? Quel système d’évaluation est-on prêt à accepter ? Quels critères quantitatifs et qualitatifs retenir ?
    – la présence d’un élu au conseil d’administration d’une association n’est-elle pas un risque d’instrumentalisation ?
    NS : ces points m’apparaissent sujets à questionnement, à complément d’informations et à débattre.

    Cette réunion invitant les acteurs associatifs présents sur tout le département girondin a été réalisée dans le but de la rédaction de la Nouvelle Charte d’Engagements Réciproques entre l’État et les associations.
    Rappel : Liste des associations présentes dans le générique de la vidéo.

    NS : À ce jour, jeudi 14 avril 2016, une recherche sur internet me conduit à la consultation de la nouvelle charte d’engagements réciproques consultable ici :
    http://www.associations.gouv.fr/IMG/pdf/CharteEngagementsReciproques.pdf (12p)

    À savoir :
    Cette charte s’applique dans un ITI qui signifie Investissement Territorial Intégré qui désigne un ensemble de projets européens par territoires. Les associations peuvent solliciter le Fonds européen de développement régional (FEDER) et le Fonds social européen (FSE).
    Depuis 2014, l’Europe a modifié ses priorités : elle considère 11 priorités transversales et non plus les territoires en tant que tels.

    Recherches complémentaires :

    http://lavaguecitoyenne.fr/

    http://www.fonda.asso.fr/Quel-avenir-pour-les-associations.html

    http://www.vent-debout.org/index.php/des-pepites/88-quel-avenir-pour-les-associations

    Mise en ligne le mercredi 27 avril 2016
    FIN

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