Les Jeux Olympiques vont ouvrir dans quelques dizaines de jours. l’Euro de football les précédera avant que le Tour de France s’intercale dans cette période bénie pour l’actualité… Les peuples qui ont du pain auront des jeux ce qui leur permettra de passer le cap d’un été qui s’annonce difficile. Les nations y trouveront leur compte et les politiques peuvent espérer un peu de tranquillité surtout après l’épisode autrichien qui a failli plonger l’Europe dans la peste bruine renaissante. Les pays d’accueil ainsi que les villes retenues pour ces événements désormais conçus pour récupérer des bénéfices considérables au profit des organismes distributeurs de ce qui est considéré comme un facteur de développement économique. Le mot clé qui justifie d’énormes dépenses publiques tournent autour des fameuses « retombées »…
On vend le sport comme support du tourisme (hôtellerie, restauration, transports) quand ce n’est pas des affaires au sens large ! Personne n’a jamais réellement effectué d’études sérieuses sur le rapport entre les investissements imposés par des organisateurs tyranniques et les chiffres d’affaires réels des acteurs économiques de base. Il est certain que les multinationales partenaires ou les entreprises utilisées pour les constructions ou les accueils soient les seules véritables bénéficiaires de ces manifestations avec les médias avides de recettes publicitaires.
Le véritable problème c’est encore une fois dans le sport le mélange néfaste de l’argent public avec des initiatives privées à but lucratif qui ne fait que croître et embellir. Derrière les compétitions il y a simplement le monde du profit qui glane des sommes folles en faisant assumer aux contribuables les principales dépenses au prétexte qu’il leur fait la faveur de leur apporter la notoriété d’une compétition dont l’expérience démontre désormais le coté factice. Le Brésil ne se remettra pas de l’organisation des JO c’est quasiment une certitude comme ce fut le cas pour la Grèce ou la Russie s’il n’y avait pas eu la dissimulation des coûts exorbitants par le système Poutine. En fait les sommes impressionnantes englouties dans ces rendez-vous planétaires magnifiées par les retransmissions télévisuelles ne payent qu’une supposée communication valorisante.
La Cour des Comptes a lancé de toute urgence une enquête sur les dépenses afférentes à l’Euro dans les villes concernées. Elle est semble-t-il préoccupée par le coût des fameuses des zones privatisées à l’usage des fans ! Des questionnaires d’évaluation des dépenses ont été demandées aux collectivités territoriales concernées. C’est ainsi que le service départemental d’incendie et de secours de la Gironde a été interrogé et le conseil d’administration a délibéré sur l’évaluation de sa participation à la sécurisation (en plus du stade et des conséquences de l’afflux de population à risques) durant 30 jours consécutifs de la place des Quinconces où sera installé le site pour les supporteurs. On arrive à près de 500 000 euros entre les manœuvres, les réunions, la mise en place des véhicules de secours, les renforts humains venant des centres de secours hors métropole…pour un remboursement prévu par convention nationale sur la base d’un peu plus de 37 000 euros. Le 21 juin par exemple les sapeurs-pompiers devront être prêts sur toute la Gironde pour le cumul des dangers de la fête de la Musique, un match au stade Matmut et la fan zone auxquels s’ajouteront les risques habituels ! Il en sera de même lors des grandes fêtes bordelaises au bord de la Garonne… et les premières fins de semaines ultra fréquentées sur le littoral tout en sachant que l’état d’urgence est maintenu voire accentué.
Que récupéreront directement les collectivités territoriales qui financent ces opérations se voulant populaires alors qu’elles sont avant tout commerciales pour celles et ceux qui auront eu les moyens d’investir des millions d’euros ? La taxe sur les spectacles…et des redevances diverses mais en aucune manière le coût réel de leur participation. La Métropole va donc devoir afficher le montant effectif de sa contribution… en séance plénière de son conseil. Un rapport est annoncé et on attend le résultat. Le total pourrait quasiment doubler, passant de 4,74 à 9,1 millions d’euros… en raison des surcoûts liés à la sécurité, aux transports, à des aménagements exigés et non prévus dont les 2/3 seront assumés par le contribuable national ou métropolitain ! La participation de l’UEFA (union européenne du football amateur) serait estimée à 520 000 euros, soit 5,71% du budget. Une misère. Et quand je pense que j’ai eu le privilège d’imposer un coup de massue fiscal aux Girondines et aux Girondins (3 € en moyenne par mois) afin de maintenir en 2016 les services de proximité (solidarité, éducation, sport, culture) quand ces mêmes élus vont voter l’équivalent de 3 points de fiscalité départementale pour couvrir des dépenses éphémères qui enrichiront des organismes réputés sans but lucratif !